A l’affiche de Cinematamua: la Polynésie il y a 80 ans

Te Fare Tauhiti Nui – Maison de la Culture, avec le soutien de Polynésie 1ère, vous invite à un Cinematamua bien particulier, si ce n’est historique, le 12 mars 2014 à 19h00 au Petit Théâtre. En effet, si les fonds rares et anciens se sont succédés depuis la création de cet événement en 2004, bien peu remontaient à l’époque de celui que nous avons programmé ce mois ci. « Au cœur du Pacifique » est un documentaire tout à la fois exotique et touristique, qui rend compte de la Polynésie sous toutes ses facettes. Il a été tourné en 1933. Témoin historique, culturel, politique, c’est avec une vive émotion que chacun pourra découvrir ces images de plus de 80 ans. Rencontre avec Marc E. Louvat, co-fondateur de Cinematamua.

 

Comment avez-vous découvert ce film ?

C’est en parcourant par hasard la base de données en ligne des archives Gaumont-Pathé que nous avons découvert l’existence de « Au cœur du Pacifique ». Le film venait d’y être ajouté suite à une restauration effectuée par les Archives françaises du film du CNC. Cet organisme a été créé en 1969, à l’initiative d’André Malraux, ministre de la Culture, afin que soient pris en charge, par l’Etat, l’inventaire et la conservation des films anciens, dont ceux sur support nitrate, entreposés dans le fort de Bois d’Arcy.

Dans quelle catégorie peut-on classer ce documentaire ?

Ce film appartient au registre des films documentaires coloniaux français qui trouvèrent leur apogée dans les années 1920, lorsque la France avait besoin d’asseoir ses positions géographiques et économiques dans le monde. « Au cœur du Pacifique » est un film de René Moreau et Fabien Fabiano, produit par Pathé. Ce n’est pas un film de propagande, mais un documentaire touristique, ce que l’on appellera le cinéma « exotique ». Ces films constituaient les premières parties des séances de cinéma.

Qui a réalisé « Au cœur du Pacifique ? »

C’est René Moreau, qui est un chef opérateur de renom. Il travaille avec des grands noms du cinéma français tels que Julien Duvivier (Les 5 gentlemen maudits – 1931) et Jean Bertin (Vocation – 1928). Mais sa passion est semble-t-il le film de voyage.  Les archives françaises du film ont restauré plus de 60 de ses films entre 1921 (A travers le Tyrol) et 1936 (Le vieux Montmartre). Son film sans doute le plus connu est « A l’assaut des cimes » (1925) consacré aux excursions en haute montagne dans le massif du Mont blanc. De 1929 à 1931, il part en expédition en tant que photographe avec l’explorateur Jean d’Esme à travers le Cameroun et l’Afrique équatoriale française.

CINEMATAMUA 94 - AU MILIEU DU PACIFIQUE - DEPART - ARCHIVES PATHE

Fabien Fabiano est lui un peintre et illustrateur connu entre les deux guerres, notamment pour ses dessins humoristiques publiés dans les revues les plus prestigieuses de l’époque (Match, Life, New York Tribune, France Soir,…). Il a de l’argent et il voyage beaucoup à la recherche de nouveaux modèles. Il découvre Hollywood et devient l’ami de Douglas Fairbanks Jr qui tourne « Mr Robinson Crusoé » en 1932 en Polynésie.  Fabiano vient à Tahiti, écrit un roman « Les îles où l’on meurt d’amour » et collabore à l’écriture du scénario de « Au cœur du Pacifique« .

Quand le film a-t-il été tourné ?

Le film « Au cœur du Pacifique » a été tourné en juillet et août 1933. Il est en noir et blanc et est sonore. Il s’agit d’un très beau documentaire sur la Polynésie des années 30. Avec « Au milieu du Pacifique », René Moreau nous offre des images rares, vivantes, très élégantes, d’une Polynésie oubliée. Un régal pour les yeux. Si le commentaire est parfois désuet, il demeure très documenté et nous apporte de nombreux renseignements sur les lieux et les manifestations qui se déroulent sous nos yeux.

Que découvriront les spectateurs ?

Les archives françaises du film ont ainsi résumé le film : « En visite officielle à Tahiti, un député français (ndla : député de Paris et délégué des établissements français de l’Océanie, Lionel de Tastes) prononce un discours devant les Polynésiens. L’occasion est ainsi donnée de découvrir la ville de Papeete et les coutumes locales. Les chansons et danses traditionnelles y occupent une grande place, ainsi que la pêche effectuée à bord de pirogues. Le commerce est détenu en majorité par des Chinois et les îles vivent principalement de l’exploitation du coprah et de la vanille. Après la construction d’une maison uniquement à partir de la végétation environnante, le voyage se poursuit à Raiatea puis à Huahine, où une grande partie de pêche témoigne de la diversité de la faune. Les escales suivantes sont l’archipel des Tuamotu et les îles Marquises. Les Polynésiens dressent alors un four recouvert de palmes pour cuire un cochon de lait. Le repas se termine par des danses autour du feu. Puis ce sera le retour à Papeete et le départ pour la Métropole. »

 

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