A quand un débat sérieux sur la question des retraites ? s’interroge E. Vernier

Nouvelle contribution rédactionnelle du président du Sdiraf, Emile Vernier, pour sauver les retraites en Polynésie.

Le président et le gouvernement ont lancé – on l’espère d’une façon décisive – des consultations pour l’avenir de la PSG. Après les mois passés en 2015 à travailler sur le sujet, sous l’expertise de Luc Tapeta, voilà que le président Fritch semble vouloir finaliser le dossier de la PSG et bien sûr des retraites.

Quelles sont les raisons qui ont conduit à la situation d’aujourd’hui ?

En premier, ce sont des mesures qui ont été prises en leur temps par les décideurs, entre autres mauvaises mesures, le système te autaeaeraa ou encore la mise en place de la tranche B en 1996, avec une valeur d’acquisition de points trop faible (actuellement à 94,40 F le point), ce qui a entraîné beaucoup de points pour les cotisants et une valeur de rachat de ces points, au moment du départ en retraite, très favorable (actuellement à 11,81 F/le point). Ensuite, il y a eu aussi des mesures de sauvegarde non décidées par les autorités (CA du RGS de la CPS, conseil des ministres, …), car tous savaient que les conditions de départ à la retraite locale (âge de départ, abattement pour retraite anticipée, taux de remplacement, etc…) étaient très favorables aux salariés qui en ont d’ailleurs bien profité.

Des mesurettes, insuffisantes, ont bien été prises. Cela n’a pas arrêté les déficits (-3,799 milliards en 2015, puis -5,021 milliards en 2016, puis -7,160 milliards prévus en 2017).

N’oublions pas non plus la crise économique mondiale, dont les conséquences locales ont été aggravées par les crises institutionnelles des années passées.

Tout cela a fait que les réserves prévues par les textes de la CPS n’ont jamais été atteintes. Aujourd’hui, il manque plus de 60 milliards dans les réserves légales statutaires de la retraite.

Quelles sont les solutions ?

La meilleure solution serait de créer rapidement plus de 20 000 emplois. Qui dit emploi, dit cotisation. Cette solution permettrait à des milliers de Polynésiens de retrouver une dignité à travers le fait d’être salarié et non plus assisté. Pas facile, mais faisable, à condition de revoir le code du travail actuel, code du CEP, période durant laquelle il fallait favoriser toujours plus les salariés. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Cette solution permettrait surtout, pour les futurs retraités, de garder les conditions actuelles de la retraite.

Une autre solution, plus difficile pour les salariés, serait de durcir les conditions de départ à la retraite. Cela a déjà été fait, mais de façon très insuffisante.

Une troisième solution consisterait à retirer à la CPS certains paiements de plusieurs milliards. En cherchant bien, on va sûrement trouver des milliards dont on peut affirmer qu’ils sont indûment payés par la CPS en lieu et place d’un autre.

A quand un débat sérieux sur la question des retraites ?

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