Activité économique au 1er semestre: des signes encourageants, selon l’ISPf

L’activité économique se redresse légèrement au cours du premier semestre 2015, dans un contexte de prix favorable, où elle bénéficie encore des effets de la commande publique. Les secteurs du Bâtiment et Travaux Public (BTP) et de l’industrie sont les premiers à donner des signes d’amélioration. Parallèlement, les activités liées au tourisme se maintiennent difficilement. Les exportations de produits perliers sont à nouveau en retrait, mais compensées par les bons résultats des autres produits locaux exportés. La consommation des ménages n’est pas encore au rendez-vous.

La valeur des exportations locales progresse de 5 % au premier semestre 2015, en glissement annuel. Trois produits soutiennent cette hausse : l’huile de coprah, le noni et le poisson. La hausse des exportations d’huile de coprah fait suite à une accélération de la production depuis 2014 qui se poursuit en 2015. Dans ce secteur refuge en temps de crise, le nombre de producteurs progresse ces deux dernières années, essentiellement grâce une meilleure desserte des navires en charge du transfert de la production. Quant au noni, l’augmentation des volumes commandés entraîne les recettes à la hausse, le prix au kilo étant contractuellement fixé à 275 F.CFP le kilo ; l’unique société exportatrice, qui transfère les deux tiers de sa production à sa maison mère aux États-Unis, profite actuellement d’un dollar fort pour importer plus de noni à un coût réduit.

Les exportations de poissons sont en nette hausse (+ 38 % en valeur et + 26 % en volume), quasi exclusivement du fait des États-Unis et de leurs achats en poissons entiers frais. La forte hausse des importations d’appâts pour la pêche industrielle constatée depuis le début de l’année devrait se traduire par une augmentation de l’effort de pêche pour la suite de l’année 2015. En revanche, les exportations de produits perliers sont en retrait depuis le début de l’année. Sur le semestre entier, les recettes des perles de culture brutes diminuent de 12 % en glissement annuel. Les volumes exportés diminuent un peu moins vite (- 8 %), traduisant un prix unitaire moyen en baisse à 565 F.CFP le gramme (- 5 %) et à 1 020 F.CFP par perle (- 2,2 %). Enfin les exportations de vanille sont en baisse sur un an (valeur et volume), mais le prix unitaire progresse fortement (+ 4 900 F.CFP à 24 250 F.CFP le kilo).

La reprise de la fréquentation touristique amorcée en 2013 se tasse au premier semestre d’année 2015 : ils sont 700 de moins qu’au premier semestre 2014 (- 0,8 %), suite à une diminution du nombre de passagers en croisières intra-polynésiennes. C’est la baisse du nombre de rotations de paquebots résidents (- 1) qui impacte l’ensemble à la baisse. L’évolution par marché émetteur reflète globalement la santé actuelle des économies correspondantes. Les marchés américains et français sont en hausse respectivement de 3 % et 1 % sur un an (+ 855 et + 105), tandis que le marché japonais est en retrait de 20 % (- 1 260). Les canadiens et les australiens sont chacun 800 de moins qu’il y a un an. En hausse de 54 % à 2 750 touristes au premier semestre 2015, le marché chinois s’établit à environ 400 touristes par mois. Il est désormais le septième marché touristique en Polynésie française (3,2 % de part de marché au premier semestre 2015, + 1,2 point sur un an) devant les marchés britannique, italien, et néo-calédonien. Le nombre total de nuitées touristiques s’établit à 1,2 million au premier semestre 2015, dont 930 000 payantes (- 3 %).

Les résultats des entreprises s’améliorent. Au premier trimestre 2015, le chiffre d’affaires des entreprises progresse de 4 % par rapport au premier trimestre 2014, soit 6,8 milliards de F.CFP supplémentaires, et ce dans un contexte de légère baisse des prix (- 0,2 % en moyenne entre les premiers trimestres 2014 et 2015). Cette amélioration est toutefois contrastée suivant les secteurs.  Dans le tertiaire (+ 3 %, + 4 milliards de F.CFP) qui génère 60 % de la hausse du chiffre d’affaires total, ce sont essentiellement les activités de transport aérien et celles d’entreposage qui se partagent l’essentiel de la hausse. Le chiffre d’affaires des activités d’hébergement progresse de 9,3 %, et leurs effectifs de 7 %. (…) Dans le commerce, les résultats sont en légère hausse de 0,7 % grâce à ceux du commerce de gros (+ 1,1 %), et de détail (+ 0,5 %), mais pénalisés par la baisse dans le commerce automobile (- 1,1 %). Les effectifs salariés de ces trois groupes d’activité ont respectivement évolué de – 1 %, + 2,3 % et + 3 %.

Dans le secteur de l’industrie, le chiffre d’affaires augmente de 9,5 %, soit 30 % de la hausse globale. Elle résulte essentiellement de hausses dans les industries de fabrication de denrées alimentaires, des industries de réparation et installation de machines et d’équipements, et dans une moindre mesure des industries de gestion des déchets et dépollution. En revanche, les résultats sont en baisse dans les industries de fabrication d’équipement électriques, électroniques et informatiques, et celles de fabrication de matériel de transport. Globalement, la hausse du chiffre d’affaires dans l’industrie ne s’accompagne pas de création d’emploi (- 50 personnes entre fin mars 2014 et 2015). Seules quelques activités ont augmenté leurs effectifs, les plus importantes étant la collecte et gestion des déchets (+ 17), et l’imprimerie-reproduction d’enregistrements (+ 15).

Dans le BTP, le chiffre d’affaires augmente de 8 % (11 % de la hausse globale), quasi-exclusivement grâce au génie civil (+ 34 %), et dans une moindre mesure des travaux spécialisés (+ 5,5 %), tandis que le chiffre d’affaires continue de diminuer dans le bâtiment et la promotion immobilière. Si les effectifs salariés évoluent très peu dans ces activités, leur baisse est très marquée dans les activités du bâtiment (- 11 %, – 153 salariés). Enfin, malgré des exportations de produits de la pêche en hausse, le chiffre d’affaires du secteur primaire diminue de 2,4%.

L’emploi se stabilise, mais les offres demeurent encore peu nombreuses Cette amélioration du chiffre d’affaires des entreprises a permis à l’emploi de se stabiliser, enrayant sa chute entamée en 2008. L’emploi ne repart généralement à la hausse qu’après plusieurs trimestres de relance de l’activité, et donc de consolidation du chiffre d’affaires et de l’investissement. À fin mars 2015, la CPS dénombre 60 100 salariés déclarés, soit 200 de moins qu’il y a un an (- 0,3 %). Toutefois, hors administration publique, dont les effectifs n’ont cessé de diminuer depuis octobre 2009, le nombre de salariés progresse légèrement. Les effectifs de l’administration publique s’établissent à 12 800 salariés fin mars 2015, un niveau équivalent au début de l’année 2000.

Habituellement portée par l’emploi, les salaires et le niveau des prix, la consommation des ménages demeure atone en l’absence de convergence favorable de ces éléments. La stabilité des volumes de produits alimentaires importés et la baisse du nombre de véhicules commandés témoignent de cette consommation des ménages morose. La baisse du chiffre d’affaires des commerces de détail automobile (- 2 % entre les premiers trimestres 2014 et 2015), et de vente de carburant confirment cette morosité, tout comme la baisse du nombre d’immatriculations de nouveaux véhicules quatre roues (- 11 %). (…)

Analyse ISPF

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