Affaire Weinstein: les victimes réduites au silence en échange d’argent

Les accords à l’amiable avec les victimes présumées sont accusés d’avoir prolongé l’omerta, en raison des clauses de confidentialité qu’ils comportent.

Comment Harvey Weinstein, accusé par une cinquantaine de femmes d’harcèlement ou agressions sexuelles, a-t-il pu perpétuer si longtemps ces actes présumés? En forçant juridiquement les victimes au silence, comme l’ont également fait la star de Fox News Bill O’Reilly et Bill Cosby, entre autres.

Dans l’affaire Weinstein, ces dernières ont « clairement joué un très grand rôle puisqu’on voit qu’il y a eu de nombreux accords amiables dans lesquels des femmes auraient pu porter plainte pour harcèlement sexuel ou parler publiquement », constate Ariela Gross, professeure de droit à l’université USC en Californie.

« J’ai été réduite au silence pendant 20 ans »

De nombreuses victimes ont reçu des sommes d’argent importantes pour acheter de facto leur silence, comme l’a raconté dans le Financial Times une ex-collaboratrice du producteur déchu, Zelda Perkins. « Je veux publiquement briser mon accord de confidentialité » car sans cela « il n’y aura pas de débat sur ces accords scandaleux », affirme-t-elle.

« J’ai été réduite au silence pendant 20 ans. J’ai été victime de ‘slut-shaming’, j’ai été harcelée », a aussi témoigné vendredi Rose McGowan, une des premières actrices à avoir accusé Harvey Weinstein de viol. Les deux ont signé en 1997 un accord à l’amiable à hauteur de 100 000 dollars, selon le New York Times.

Plusieurs dizaines d’employés de la Weinstein Company, fondée par le producteur et son frère Bob, ont également diffusé une lettre ouverte dans laquelle ils affirment prendre le risque d’enfreindre leur accord de confidentialité pour se défendre d’avoir eu connaissance de son comportement de « prédateur sexuel ».

David contre Goliath

Les clauses de confidentialité elles-mêmes ne sont pas forcément abusives. Elles sont très répandues dans les contrats de travail ou de consommation. Elles sont parfois légitimes, comme lorsqu’une entreprise veut protéger des secrets industriels. Certaines victimes peuvent aussi souhaiter que l’agression subie ne soit pas étalée sur la place publique.

Source: Yahoo Actualités

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