Assemblée: les explications de Tearii Alpha à propos des fare « MTR »

Suite à la séance des question d’actualité au gouvernement, ce jeudi matin à l’assemblée, le ministre du Logement, Tearii Alpha, a adressé à la presse sa réponse écrite concernant les derniers incidents survenus récemment au niveau des planchers de certains fare « MTR ». En voici la teneur.

Madame la Représentante, Béatrix Lucas,

Votre question porte sur un sujet de l’actualité récente qui a suscité une inquiétude compréhensible et légitime des usagers de l’habitat dispersé, tout particulièrement des nombreuses familles qui sont logées dans des habitations communément appelées «FARE MTR».

La recherche des causes à l’origine des graves accidents que vous avez évoqués a immédiatement mobilisé toute mon attention.

J’ai conscience qu’il nous faut répondre à la fois à l’urgence de la situation et réfléchir, dans la durée, aux solutions pour remédier aux graves défauts de construction constatés.

Ma première action a été de dépêcher sur place, dès vendredi dernier, une mission d’expertise technique sur les constructions défectueuses, ceci afin de prendre rapidement les décisions les plus appropriées.

Dans le même temps, un communiqué de presse a été diffusé pour appeler à la vigilance tous les habitants de constructions «KIT FDA» dont le revêtement de sol est en carrelage.

En effet, les architectes missionnés mettent en garde les usagers quant à la présence de fissurations apparentes dans les carreaux comme étant les premiers signes de l’affaiblissement des propriétés mécaniques de leur plancher.

Il convient, dès ce constat, d’être particulièrement prudent et d’alerter l’OPH aussi vite que possible.

Par ailleurs, nous sommes en train de faire établir une liste de toutes les constructions concernées par des risques de même nature, en sollicitant à la fois l’expertise des communes des archipels et celle des techniciens de l’OPH.

Parallèlement à ces mesures d’urgence, j’ai chargé la mission d’expertise de déterminer quelles pourraient être les solutions techniques à mettre en œuvre rapidement pour pallier ces malfaçons.

Nous savons d’ores et déjà que l’origine du problème vient du platelage des planchers qui a été réalisé, dans certains Fare, (pas tous), avec des contreplaqués Okoumé ordinaires, (manifestement non traités contre les termites), et qui ont donc subi l’action des vrillettes jusqu’à les réduire quasiment en miettes.

La rupture des planchers n’a pas d’autre origine, les ossatures principales du plancher n’ayant pas été attaquées sur les Fare visités.

Ce problème de matériaux non traités anti- termites a été constaté aussi dans les parements des murs et des cloisons, ce qui entraîne un défaut moindre de sécurité, mais un problème tout aussi préoccupant quant à la durée de vie des constructions en question.

Le recensement des constructions défectueuses que j’ai lancé nous permettra de déterminer avec précision l’enveloppe financière nécessaire pour répondre à la réfection de ces logements. Tous les maires des communes des archipels ont été sollicités pour faire ce recensement.

Dès que j’en obtiendrai la liste, je l’espère avant le vote du budget, je reviendrai vers vous pour définir le montant de cette enveloppe.

En principe, les «FARE MTR» devaient faire l’objet de contrôles techniques pour chacune des unités construites. Je tiens à préciser que pour les «FARE OPH», ces contrôles sont systématiques.

Un travail sur les archives du FDA nous permettra de déterminer si les matériaux vus sur les constructions défectueuses sont conformes aux préconisations du concepteur et aux fournitures délivrées.

Nous ne manquerons pas, une fois l’urgence passée, de rechercher les responsabilités dans cette affaire.

Je profite de votre question pour vous dire que le sujet nous tient à cœur étant donné que le concept du «Fare OPH» est une spécificité de la Polynésie française dont nous avons toutes les raisons d’être fiers.

Nous devons aujourd’hui nous atteler à en améliorer les matériaux afin de faire de nos «FARE OPH», des habitations pérennes et adaptés à notre environnement et aux enjeux de l’adaptation au changement climatique.

Les récentes Assises de l’habitat nous ont montré que nous avons des possibilités d’exportation dans les autres collectivités d’Outre-mer, lesquelles se sont toutes montrées particulièrement intéressées et séduites par le produit. Je pense aussi que nos «Fare OPH» sont exportables chez nos voisins du Pacifique.

Ces accidents que nous déplorons doivent nous inciter à faire évoluer le «Fare OPH» vers de nouveaux horizons, notamment en matière d’éco-construction. Nous avions déjà entamé une réflexion dans ce sens. D’autres avant moi se sont engagés dans cette voie. Nous allons accélérer le processus.

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