Attentats de Paris : un des tireurs identifié

 

Trois commandos de kamikazes ont coordonné leur action. Pour les experts, ces tueurs froids et entraînés pourraient avoir été formés dans des camps d’entraînement de Daech. Alors que la France vient à nouveau de basculer dans l’effroi au lendemain d’une soirée de cauchemar qui se soldait samedi soir par un bilan encore provisoire de 129 morts et 352 blessés dont 99 en «urgence absolue», la fine fleur de la police française s’est lancée dans une enquête hors norme pour identifier les auteurs des attentats multiples qui ont endeuillé le cœur de Paris et les abords du Stade de France. Au premier stade de leurs investigations qui progressent à grands pas, la piste d’une équipée sanglante menée par trois commandos revenant, du moins pour la plupart, des zones de combats en Syrie commence à s’esquisser.

Les policiers en sont persuadés: les islamistes qui ont déclenché l’apocalypse au nom de Daech sont décrits comme des «professionnels», «parfaitement coordonnés et roués à l’usage des calibres de guerre», agissant avec des «méthodes paramilitaires et un incroyable sang-froid». En clair, le profil de «jeunes vétérans» formés dans les camps d’entraînement de l’État islamique qui a revendiqué les raids sanglants.

«Une machine à tuer»

«Ce n’était pas des personnes qui ont découvert hier le maniement des armes de guerre. C’était des hommes extrêmement déterminés, qui rechargeaient méthodiquement leurs fusils d’assaut. Sans états d’âme», a raconté Julien Pearce, un journaliste d’Europe 1 qui se trouvait au Bataclan et a décrit un des assaillants comme «une machine à tuer», qui «abattait méthodiquement les gens à terre». Le procureur de la République de Paris, François Molins, a précisé en outre que les sept islamistes tués étaient tous dotés de la même panoplie: des kalachnikovs calibre 7.62 mm de marques différentes et un gilet explosif rempli de TATP, explosif très volatile utilisé lors des attentats de Londres en 2005. La charge était reliée à un détonateur actionné par un bouton-poussoir, sachant que les gilets des kamikazes du Stade de France comportaient des boulons pour faire le maximum de victimes.

«Les gens de retour des zones de combat en Syrie et en Irak sont formés pour cela, confie au Figaro l’ancien magistrat antiterroriste Marc Trévidic. Il est évident que, parmi les terroristes, il y avait ce type de profil. Les ceintures explosives qu’ils portaient sont une chaîne pyrotechnique délicate. Il faut savoir les fabriquer, en connaître le fonctionnement. Il faut pouvoir circuler sans les faire exploser. Ce qui signifie du matériel fiable et beaucoup de moyens.» Selon le magistrat, «ce type d’opération nécessite entre quatre et cinq mois de préparation. Ces gens-là ont l’avantage de connaître très bien la France, ses traditions et ses modes de fonctionnement. Ils y ont encore leurs amis».

La piste belge

Un passeport syrien, délivré à un homme né en septembre 1990 et inconnu des services français, a été trouvé à proximité du cadavre de l’un des assaillants, aux abords du Stade de France. Les autorités grecques ont aussitôt été interrogées par Paris pour savoir si le nom correspondait à celui d’un migrant contrôlé en Grèce en provenance de Syrie. Réponse positive d’Athènes: selon le très sérieux quotidien grec Kathimerini, l’homme aurait été contrôlé le 3 octobre 2015 à Leros, île de l’archipel du Dodécanèse. Ce contrôle aurait permis un relevé d’empreintes digitales. Qu’il faudra corroborer avec les empreintes relevées sur le cadavre du terroriste en France. Par ailleurs, deux autres requêtes du même type auraient été faites par les policiers français. Il s’agit de s’assurer que ces pièces d’identité, qui ont pu passer de main en main entre «migrants et réfugiés», selon le journal grec, n’ont pas été falsifiées.Plusieurs témoins des fusillades dans l’est de Paris font en outre état d’assaillants arrivés à bord d’un Seat Leon noir et d’une Polo noire immatriculée en Belgique louée par un Français. Résidant dans la région de Bruxelles, celui-ci a fait l’objet samedi d’un contrôle routier à la frontière à bord d’un autre véhicule. Il transportait deux passagers, interpellés également. Ces trois suspects sont inconnus des services français. Des perquisitions ont eu lieu samedi après-midi à Molenbeek, un quartier populaire de l’agglomération de Bruxelles. Elles visaient leur logement. D’autres individus ont été arrêtés, selon le ministère de la Justice, cité par la chaîne de télévision néerlandophone VRT.

Ancien petit voyou

Cette avancée renforce l’hypothèse d’un commando international, formé de «cadres» étrangers et de résidents français. La traque se poursuit pour retrouver d’éventuels complices et des coauteurs des terroristes abattus. Dès vendredi soir, le procureur de la République de Paris, François Molins, n’avait pas écarté cette hypothèse.

Alors que l’Unité de coordination de lutte antiterroriste a été mise en alerte maximale (Uclat), la direction de la PJ parisienne au 36, quai des Orfèvres a rappelé les 2200 limiers qui la composent. Les experts de l’identité judiciaire tentent de prélever dans les bains de sang des échantillons biologiques ainsi que des traces papillaires permettant d’identifier les kamikazes. «Mais, grimace un policier, l’opération s’avère délicate dans la mesure où leurs cadavres ont été littéralement déchiquetés par le souffle des explosions.»

Huit condamnations de droit commun

Un des islamistes morts en «martyrs» dans la salle parisienne du Bataclan a cependant été identifié grâce à un doigt coupé. Français né le 21 novembre 1985 à Courcouronnes (Essonne), cet ancien petit voyou était connu pour huit condamnations de droit commun entre 2004 et 2010 sans jamais avoir été incarcéré. Il faisait l’objet d’une fiche «S» pour «Sûreté de l’État» en 2010, date à laquelle il s’était radicalisé. Les restes des corps des sept kamikazes qui se sont fait exploser boulevard Voltaire, au Bataclan et au Stade de France, devaient quant à eux être ramenés à l’Institut médico-légal (IML).

Une centaine de témoins impliqués dans le carnage du Bataclan ont été convoqués dans la nuit de vendredi à samedi au Quai des Orfèvres pour être entendus par les hommes des Brigades centrales en charge de la répression du banditisme, du proxénétisme, des trafics de stupéfiants ou encore de la protection des mineurs.

De leur côté, les services de renseignements tournent à plein régime pour passer au crible les «cibles» djihadistes placées dans leur viseur, dont 1700 individus venimeux pris en compte par la DGSI et quelque 2000 radicaux potentiels suivis par le Service central du renseignement territorial. Ils savent que les carnages de vendredi ne sont pas l’épilogue de la nouvelle guerre qui éprouve le pays.

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Source: Yahoo France

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