Castration chimique : comment cela fonctionne-t-il ?

Le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez s’est prononcé mercredi pour la “castration chimique” des “prédateurs sexuels”. Qu’en est-il aujourd’hui? Comment cela fonctionne-il ?

L’émotion est grande après le meurtre et le viol d’Angélique la semaine passée. Lundi soir, David R.,  qui a tué l’adolescente de 13 ans à Wambrechies près de Lille, a été écroué et mis en examen. L’homme, âgé de 45 ans, était inscrit au Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS).

L’acte d’un récidiviste qui marque le retour d’un débat de société sulfureux. Faut-il avoir recours à la “castration chimique” pour les “prédateurs sexuels”, comme le propose Laurent Wauquiez ? Mercredi, dans un entretien à 20 minutes, le président des Républicains a annoncé une proposition de loi dans ce sens.

Que dit la loi ?

Qu’en est-il du point de vue de la loi ? Aujourd’hui, un délinquant sexuel peut se voir condamner par un juge d’application des peines à une obligation de soin. S’il ne consent pas au traitement, ce qui est obligatoire légalement, le délinquant sexuel choisit par conséquent de rester ou de se rendre en prison. C’est ce consentement de l’agresseur, sous-entendu dans l‘article 706-47, du code pénal, qui est tout l’enjeu du débat actuel.

“Les personnes condamnées pour l’une des infractions mentionnées à l’article 706-47 peuvent être soumises à une injonction de soins prononcée soit lors de leur condamnation, (…) soit postérieurement à celle-ci” (code pénal)

Une note du Sénat, datée de 2009, précise d’ailleurs cette notion de consentement :

“Les détenus peuvent, sur la base du volontariat, suivre un traitement médicamenteux visant à réduire la production de testostérone.”

Par ailleurs, il y est spécifié que cette “castration chimique” n’en est pas véritablement une car ses effets ne sont pas irréversibles :

“Il est couramment qualifié de “castration chimique” bien qu’il ne présente aucun caractère irréversible, car ses effets sont supprimés lorsque l’administration des médicaments cesse.”

Comment cela fonctionne-t-il ?

Justement, comment fonctionne cette “castration chimique” ? Les patients qui choisissent de s’y soumettre doivent subir une injection tous les trois mois, mais peuvent tout aussi bien prendre des comprimés. Ce traitement médical a pour conséquence de neutraliser temporairement le fonctionnement normal des organes sexuels en faisant baisser drastiquement la production hormonale de testostérone.

Des médicaments tels que la cyprotérone, la leuproréline, ou encore les antiandrogènes sont à l’origine de tels effets. Dans un entretien accordé au Parisien, le criminologue Jacques Waynberg, également président de l’Institut de sexologie, explique l’efficacité de la procédure : “Le traitement coupe tout besoin sexuel et tout désir. La personne traitée n’est plus du tout intéressée par ça.”

Une fois les médicaments arrêtés, le détenu retrouve “progressivement son désir sexuel”, explique le spécialiste. Cette “castration chimique” ne répond donc pas aux cas d’agresseurs sexuels libérés, à l’image du meurtrier présumé d’Angélique, qui de facto ne seraient plus tenus à une obligation de soin.

 Source: Yahoo Actualités

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