CESC: faire des ports ultramarins un véritable atout

Les membres du Conseil économique, social et culturel (CESC) ont accueilli jeudi matin leur homologue Rémy-Louis Budoc, rapporteur de l’avis du Conseil économique, social et environnemental national (CESE) sur le thème: « Les ports ultramarins au carrefour des échanges mondiaux ». Il est revenu au fenua présenter les conclusions de cette étude.

 

La France dispose d’atouts maritimes indiscutables : jouissant de deux façades maritimes en Europe et de la deuxième zone économique exclusive (ZEE) derrière les États-Unis, grâce principalement à ses territoires ultramarins, elle se situe au centre des échanges en Europe et au carrefour des grandes routes maritimes mondiales.

Dans un système mondialisé qui redistribue les cartes, les routes des échanges et les chemins de la prospérité, les ports ultramarins français doivent conforter leur attractivité pour répondre à la concurrence féroce des ports étrangers et devenir de vrais relais de croissance pour la France mais aussi pour l’Union européenne.

Dans son avis, la délégation à l’Outre-mer du Conseil économique, social et environnemental (CESE) formule un ensemble de préconisations concrètes afin d’envisager une organisation portuaire ultramarine plus efficace, structurée et compétitive au service de la population et du développement durable des territoires.

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Pour le CESE, l’intérêt de la puissance publique pour les questions portuaires ultramarines doit être réaffirmé car la progression de ces ports et leur prospérité sont indispensables à la diversification des économies locales et au renforcement de la continuité territoriale.

Le CESE énonce un ensemble de préconisations techniques réparties selon quatre axes :

  1. Conforter la gouvernance des ports ultramarins : clarification du statut des grands ports maritimes (GPM), amélioration du fonctionnement des instances portuaires ultramarines, soutien au projet stratégique des territoires ultramarins, examen d’un commandement unique de la manutention dans les GPM…

  1. Conforter les installations portuaires : amélioration de l’expertise environnementale et des installations portuaires, développement de la desserte maritime des Outre-mer, actions de crédibilisation du financement des projets portuaires ultramarins, meilleure prise en compte des risques sanitaires…

  1. Dynamiser le développement des outre-mer grâce à leurs ports : actualisation de la stratégie portuaire Outre-mer, soutien actif des filières portuaires créatrices d’activité économique dans les Outre-mer, agrandissement des capacités foncières des ports ultramarins, amélioration du pouvoir d’achat…

  1. Renforcer la coopération régionale des ports ultramarins : renforcement de l’action du Conseil de coordination interportuaire Antilles-Guyane (CCIAG) en complément de la création d’instances équivalentes pour les ports ultramarins de l’Océan indien et du Pacifique, mise en réseau des ports ultramarins par bassin…

Les préconisations du CESE recouvrent cinq piliers stratégiques qui devront nourrir les ambitions de l’État et des territoires ultramarins en matière portuaire :

  • Améliorer la compétitivité des places portuaires et fluidifier le passage des marchandises et des passagers ;

  • Maintenir des dessertes satisfaisantes des Outre-mer dans un contexted’évolution radicale des schémas maritimes par un positionnement adapté de leurs ports ;

  • Adapter les ports aux mutations du transport maritime en développant les infrastructures et les services portuaires, en limitant les impacts environnementaux et en favorisant l’approche écosystémique et intégrée des espaces marins et littoraux concernés ;

  • Intégrer les ports dans leur environnement régional par un soutien au développement économique et maritime des Outre-mer ;

  • Promouvoir un dialogue social efficient et renforcer la gouvernance pour une meilleure synergie entre les différents acteurs.

Dans un contexte maritime mondial en pleine évolution, les préconisations de cet avis doivent permettre de relever les défis auxquels les ports français d’Outre-mer – poumons économiques et points uniques d’approvisionnement des populations locales – sont confrontés.

« Les préconisations de cet avis doivent contribuer à ce que notre pays, le seul au monde riverain de trois océans, traduise enfin cette réalité physique en facteur de croissance économique durable et d’influence géopolitique. La politique portuaire ultramarine est un atout incontournable de la politique maritime de la France et de l’Europe», souligne le rapporteur Rémy-Louis Budoc.

Présenté au CESE le mercredi 14 octobre 2015 par Rémy-Louis BUDOC (Groupe de l’Outre-mer) en sa qualité de rapporteur, l’avis a été adopté avec 120 votes pour, 0 vote contre et 37 abstentions sur 157 votants.

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