CESC: pour marquer le 50ème anniversaire du premier tir nucléaire

 

Le 2 juillet 1966, le premier tir nucléaire déchirait le ciel azur de l’atoll de Moruroa en Polynésie française. La première réaction du Général De Gaulle à la vue du champignon nucléaire a été de dire « C’est magnifique ». Cet instant de puissance stratégique restera à jamais gravé dans le marbre de toute une génération. Aujourd’hui, par devoir de mémoire, le Conseil économique, social et culturel (CESC) s’associe aux associations de défense des droits des victimes du nucléaire pour commémorer les 50 ans de ce premier tir nommé « Aldébaran ».

Du lundi 27 juin au vendredi 8 juillet, en partenariat avec le Ministère de l’environnement et les associations « Moruroa E Tatou », « Tamarii Moruroa » et « 193 », le CESC tiendra une exposition ouverte au public intitulée « La Polynésie française sous la bombe ».

Cette exposition vise à informer le public des tenants et aboutissants de cette période sombre de l’histoire de la Polynésie. La dizaine de panneaux exposés traitera : des raisons de l’État français, la position des élus polynésiens, de la maladie du secret militaire, du mensonge sur les retombées, des oppositions locales et internationales, du bouleversement économique, du bouleversement social, de la définition de la réactivité, des applications du nucléaire, des effets de la radioactivité sur la santé.

Le vendredi 1er juillet 2016, le CESC accueillera une conférence-débat publique sur le nucléaire animée par les associations œuvrant pour la protection de l’environnement et contre les méfaits du nucléaire. Le programme est en cours de finalisation.

Bref historique de la bombe atomique

Quelques semaines après Hiroshima, le général de Gaulle veut rendre à la France son rang de grande puissance par la dissuasion nucléaire. Dans ce but, il crée le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) le 18 octobre 1945. Dans le plus grand secret, le CEA prépare la « bombe » à l’insu même de son patron, le haut-commissaire Frédéric Joliot-Curie -pacifiste convaincu, et des parlementaires français. Absence de transparence et mépris de la démocratie sont ainsi inscrits dans les « gènes » de l’arme atomique française.

Le 30 août 1956, sur la Place Tarahoi à Tahiti, le Général De Gaulle s’est exprimé ainsi « Le troisième trait de notre nouveau monde, c’est le commencement du règne de l’énergie atomique qui apporte à tous les hommes à la fois d’immenses possibilités de progrès et une terrible menace. Tahiti peut être un refuge et un centre d’action pour la civilisation entière ».

D’après des documents datant de fin 1957, étudiés par l’historien Jean-Marc Regnault, les terres françaises du Pacifique intéressent déjà la Défense nationale.

La société civile organisée de Polynésie française examine le dossier du nucléaire à la loupe

Compte tenu des nombreuses interrogations que suscite le nucléaire, le CESC a souhaité se saisir de ce délicat sujet à bras le corps. La question qui se posait était de savoir si la plupart des essais aériens n’ont pas provoqué des retombées sur l’ensemble de la Polynésie française voire dans la région, la radioactivité agissant 10 ans voire 30 ans plus tard sur l’organisme humain.

C’est dans ce contexte particulier que le CESC de la Polynésie française a décidé, le 7 février 2006, de s’autosaisir du dossier relatif à l’impact des essais nucléaires sur la santé des travailleurs des sites et, de façon plus générale, sur la santé de la population polynésienne.

Le CESC a décidé d’élargir sa réflexion à l’impact de ces essais sur l’environnement étroitement lié à l’impact sanitaire, mais également à leurs impacts sur l’économie et la société polynésienne.

Le rapport du CESC est en libre téléchargement

Rapport n°139/CESC du 15-06-20162.8 Mo

Télécharger l'article en PDF

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En naviguant sur notre site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir +

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

Close