« Cher coprah » soutenu à bout de bras par le Pays

Le Pays a t-il les moyens (financiers) de subventionner éternellement sa filière « coprah ? Eléments de réponse…

La production de coprah repart à la hausse. Même si nous sommes encore loin du record de 1975 avec 22 300 tonnes…En 2014, Tahiti et ses îles ont livré un peu plus de 13 000 tonnes à l’Huilerie de Tahiti. Cette année, 15 000 tonnes devraient être réalisées. Le nombre de coprahculteurs totalise près de 11 000 personnes contre 8 413 en 2013. Et encore, il ne s’agit là que des travailleurs officiellement déclarés.

La crise économique en général, et de la Perliculture en particulier, n’a pas épargné les archipels éloignés et c’est tout naturellement que les populations sont retournés à la terre. Il faut dire que chez nous, le prix du kilo du coprah se paie plutôt bien: 140 Fcfp pour la 1ère qualité, 65 ou 55 Fcfp lorsqu’il est de 2ème qualité aux Marquises ou dans les autres îles de la Polynésie française. Alors que le cours mondial ne dépasse pas les 30 francs Cfp…

Le problème, c’est que plus on récolte…, plus le coût est élevé pour la Collectivité qui soutient la filière tant au niveau du produit en lui-même que de son transport jusqu’au port de Papeete. On appelle ça un « amortisseur social ». En 2014, le coût pour le Pays était de 1 776 307 269 Fcfp. Quant à la prise en charge du fret par la Régie d’avances de la direction générale des affaires économies, elle a représenté la bagatelle de 273 millions de Fcfp l’an dernier.

Pour l’exercice 2015, les « inquiétudes » sont grandes. Par rapport au budget primitif, il va falloir remettre de l’argent au pot pour tenir jusqu’au 31 décembre. Dans les prochaines semaines, un second collectif budgétaire devrait donc abonder la caisse de 220 millions supplémentaires. En espérant que cela suffise…Mais le système n’est plus viable et chacun en est bien conscient au delà de l’impérieuse nécessité de fournir du travail aux populations éloignées qui n’ont plus que cette ressource pour vivre.

Il y a une vingtaine d’années, les responsables ont beaucoup misé sur les débouchés du monoï et sa renommée légendaire. Or, le résultat n’est pas au rendez-vous: aujourd’hui, seul 5% de la production de l’Huilerie (300 tonnes) sert à la cosmétique avec cinq ou six fabricants locaux. Aussi, plus que jamais, l’heure doit être à la diversification de la filière.

On parle actuellement d’huile vierge! Mais personne jusqu’ici n’a encore fait d’étude de marché. Du biocarburant ? Techniquement compliquée à mettre en oeuvre à une grande échelle. En revanche, la production de bois de cocotier peut être une alternative intéressante. Surtout lorsque l’on sait que des centaines de millions de Fcfp ont déjà été investis dans la régénération des cocoteraies, sans parler des scieries mobiles implantées dans plusieurs atolls des Tuamotu.

Reste à savoir qui va montrer l’exemple ? Le Pays à travers l’OPH et ses aides en matériaux…pourquoi pas!

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