Cinq syndicats « représentatifs », ce qu’ils pèsent et surtout…ce qu’ils coûtent!

Petite analyse du président du Sdiraf, Emile Vernier, sur la représentativité syndicale et la course aux subventions qu’elle génère.

Dans notre pays, le gouvernement nomme depuis des dizaines d’années, cinq syndicats appelés « syndicats représentatifs sur le plan territorial ». Ce sont : la CSTP/FO, CSIP, A TIA I MUA, O Oe to oe Rima et Otahi.

Pour les classer dans cette catégorie de syndicats dits représentatifs, le gouvernement se base sur les élections professionnelles, qui ont lieu tous les deux ans dans les entreprises de plus de onze salariés, ce qui élimine d’office des dizaines de milliers de salariés de l’expression.

Etre reconnu syndicat représentatif ouvre la porte à des sièges de représentation au CESC, dans les trois régimes de la CPS, et dans tous les organismes paritaires institutionnels, mais aussi la possibilité de se partager un pactole de 19 millions de Fcfp à se partager en cinq.

Il faut savoir que les résultats des élections professionnelles pris en compte sont les élections des délégués du personnel, titulaire et suppléant, mais aussi ceux des élections des CE, titulaire et suppléant. Ce qui veut dire qu’un même salarié peut apporter quatre voix au même syndicat. Il faut donc prendre les résultats avec prudence.

Les chiffres officiels sont transmis au travers d’un arrêté du conseil des ministres. Le dernier classement officiel se trouve dans l’arrêté 297 CM du 17 mars 2016. On y apprend les résultats obtenus par chaque organisation syndicale, en n’oubliant pas qu’un salarié peut donner quatre voix à un syndicat.

CSTP/FO : 11 999 voix

CSIP : 6 438 voix

A Tia I Mua : 6 292 voix

Otahi : 3 904 voix

O Oe To Oe Rima : 3 165 voix

Le nombre de salariés déclarés à la CPS est de 60 000 en 2015. Au total, ces syndicats ont obtenu ensemble 31 798 voix. On va compter deux voix par salarié, alors que certains salariés ont pu donner quatre voix aux syndicats qu’ils soutiennent. Il y a donc eu au mieux 31 798 / 2 soit 15 899 salariés qui ont voté pour l’un ou l’autre, soit 26,5%. Seulement au mieux 26,5% des salariés sont donc représentés par l’un ou l’autre de ces 5 syndicats dans les structures paritaires du territoire. Les 74,5 autres % et l’ensemble des retraités ne le sont donc pas.

Et avec des résultats si mauvais, ces syndicats reçoivent une subvention du territoire (19 millions pour eux 5), trustent les 14 places au sein du CA du RGS de la CPS, trustent aussi 1/3 des places au CESC, et se permettent de mettre en danger l’avenir de notre pays. A chaque fois qu’on entend qu’une grève va être déclenchée dans une entreprise, on peut être sûr que dans cette entreprise, il va y avoir une élection de délégués à venir. L’objectif de la grève est bien sûr d’obtenir le plus de salariés pour avoir plus de subventions.

Et la démocratie dans tout ça ? Est-ce normal que la population ou tous les salariés et les retraités non représentés par ces syndicats aient à subir leurs batailles privées ? Y a t il un moyen de faire mieux ? Y a t il un moyen pour une meilleure représentation ? Oui.

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