Collectif budgétaire du Pays: « Il faut battre le fer quand il est chaud! »

Voici reproduite, dans son intégralité, l’intervention orale faite cet après-midi en séance à l’assemblée par le représentant du Tapura Huiraatira, s’agissant de l’étude du collectif budgétaire n°1 et 2.

« On récolte ce que l’on sème !»

Que signifie cette expression ? Tout simplement que « l’état dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui est ni plus ni moins le résultat de ce que nous avons pensé et réalisé par le passé ».

Autrement dit c’est parce que notre Gouvernement a su mener les réformes structurelles nécessaires que le Pays se retrouve dès à présent en capacité d’investir davantage dans l’outil productif, le but étant naturellement d’offrir à nos concitoyens un avenir plus prometteur.

Pour comprendre cet état de fait, concentrons-nous sur le compte administratif 2015 que nous venons d’approuver, qui illustre d’une part une nette amélioration de la situation financière de la Polynésie française, et d’autre part, la production d’excédents matérialisés par un résultat de fonctionnement exceptionnel à hauteur d’un peu plus de 14 milliards de Fcfp pour un résultat net global d’un peu plus de 5,8 milliards de Fcfp.

Permettez-moi de passer rapidement sur la première modification du budget général qui, comme on peut le lire dans l’exposé des motifs, vise simplement à formaliser le report sur 2016 des reliquats de crédits de paiement 2015 qui n’ont pas été consommés.

Hors dettes et écritures d’ordre, cette enveloppe avoisine les 17 milliards de Fcfp, en baisse de 21,45% par rapport à l’année précédente. Un bon point au passage pour l’ordonnateur puisque cela démontre qu’un plus gros volume d’argent public a été dépensé en temps voulu au lieu d’être sans cesse renvoyé aux calendes grecques.

Alors, sans vouloir paraphraser notre vice-président, ministre des Finances, je dirai effectivement qu’il faut battre le fer quand il est chaud !

Dès lors, c’est sur ce paquet de huit délibérations propres à des modifications budgétaires que l’assemblée est sollicitée aujourd’hui.

Ainsi va le rythme de travail dans notre institution, avec des hauts et des bas. A ceci près que l’approche cette fois-ci est plus rationnelle. En effet, contrairement à d’autres qui passaient leur temps à triturer la copie budgétaire au gré des besoins, ce collectif majeur devrait être le seul jusqu’à la fin de l’année. Non parce que nous n’avons rien d’autre à proposer mais plutôt parce que le travail sur mesure réalisé en amont par les ministères, s’est avéré juste. En d’autres termes, c’est la démonstration que les prévisions faites en début d’année répondaient bien aux attentes.

Les mesures de Relance, nécessaires, concoctées par notre gouvernement en faveur des acteurs du secteur privé, et après concertation avec eux, viennent en appui aux grands projets d’investissements internationaux – qu’il soit aquacole à Hao ou touristique sur le complexe du Mahana Beach. A plus forte raison depuis que le « rebond » observé au niveau du Produit intérieur brut, prend désormais des allures de « reprise économique ».

Maintenant, nous n’avons jamais prétendu que le « job » était terminé et que nous pouvions nous reposer sur nos lauriers. Bien sûr que la réforme fiscale n’est pas encore bouclée, pour preuve l’impôt sur les transactions. C’est vrai, et Nuihau Laurey l’a également reconnu en commission ce vendredi, il y a trop peu de création d’emplois au regard de la reprise qui se fait jour. Et le principal frein, nous le connaissons tous : c’est le coût du travail élevé en Polynésie. Enfin, des améliorations doivent également être apportées s’agissant du versement des subventions publiques. Et cela devrait commencer avec les PPN et les PGC dont le cadre réglementaire ne répond plus aux habitudes de consommation.

Pour en revenir au plan massif d’investissements et de redynamisation de l’économie locale qui trouve sa pleine application à travers ce collectif budgétaire, celui-ci n’est pas le fruit du hasard. Il s’inscrit dans la droite ligne des annonces faites le 14 avril dernier par le président Edouard Fritch, ici même, à l’ouverture de la session administrative. Cette batterie de mesures qui devrait se traduire par l’injection de 60 milliards de francs pacifique sur trois ans, a été actée lors du séminaire gouvernemental, le 17 mai dernier à Moorea. Moins d’un mois plus tard, le voici présenté à notre sanction. On ne peut être plus efficace !

Entre temps, et c’est là aussi un profond changement de méthode, le ministre de l’Economie, Teva Rohfritsch, s’est rapproché des acteurs économiques, par secteur d’activité, pour voir avec eux si les actions proposées avaient un sens et surtout, un intérêt pour la collectivité. Perliculteurs, concessionnaires automobiles, commerçants ou patrons de Petites entreprises, tous ont été consultés et écoutés.

Résultat, en recettes comme en dépenses de fonctionnement, le collectif budgétaire s’équilibre à près de 11 milliards de Fcfp dont près de la moitié (5,8 milliards) est issue de la reprise du résultat de l’exercice 2015.

Au titre de la mise en oeuvre du plan d’actions économiques, figurent, notamment une enveloppe de 80 millions pour aider les familles modestes à sortir de l’indivision ou encore une autre de 20 millions pour permettre aux petites entreprises de s’équiper de l’outil numérique et ce, partant du constat que le taux de connectivité en Polynésie est inférieur à celui de la métropole. Avoir le net, c’est s’ouvrir sur le monde et conquérir de nouveaux marchés à l’international.

D’autres dotations pour lancer des appels à projets ou bien la mise en place de prêt d’honneur, devraient stimuler le goût d’entreprendre des Polynésiens. De nombreux secteurs restent à développer. C’est ainsi que la zone de Faratea toujours en friche, est destinée à accueillir une zone biomarine. Nous disposons ici d’une surface foncière que le Pays est disposé à réhabiliter pour celles et ceux qui croient dans l’économie bleue.

Le Tourisme, c’est l’exemple parfait du coup d’accélérateur que le Pays entend donner. Après les 800 millions de subvention qui viennent d’être accordés au GIE par le conseil des ministres, une nouvelle inscription de 230 millions est portée au collectif. Ce soutien financier représente quasiment la totalité de la Redevance de promotion touristique, la RPT, versée par nos visiteurs. Ce qui constitue donc, un juste retour des choses.

Là encore, c’est le moment ou jamais de mettre les bouchées doubles ! Sur les trois premiers mois de l’année, en effet, la fréquentation touristique enregistre une progression de 5,5% pour un total de 41 952 visiteurs. L’embellie profite largement à notre compagnie Air Tahiti Nui dont les bénéfices de 2015 ont autorisé le Pays à effectuer un prélèvement raisonnable sur dividendes de 1,5 milliard, sans pour autant altérer le besoin de trésorerie nécessaire au renouvellement de la flotte.

Au niveau des autorisations de programme, les mouvements opérés représentent près de 9 milliards supplémentaires dont près de 25% au titre du Plan exceptionnel d’investissement.

On y retrouve le projet de centre culturel implanté sur deux sites, la réalisation d’un complexe multisports mais aussi et surtout des mesures plus concrètes en faveur de l’investissement des ménages (200 millions) ainsi que l’opération « véhicule propre » dont l’enveloppe budgétaire est d’un montant comparable.

Il s’agit dans ce cadre de promouvoir la commercialisation de voitures plus respectueuses de l’environnement, tout en retirant de la circulation les plus polluantes. L’aide du Pays devrait être plafonnée à 200 000 Fcfp, moyennant une contribution identique du concessionnaire.

Les communes ne sont pas oubliées ! Au contraire…Le Contrat de redynamisation des sites de défense va entrer dans sa phase active après la tenue, le 19 mai dernier, du comité de pilotage Etat-Pays au cours duquel ont été rappelées les participations financières respectives. C’est ainsi que la Polynésie financera cette reconversion économique à hauteur de 500 millions de Fcfp telle qu’il est inscrit au chapitre 903.

Voilà donc, mes chers collègues, de manière non-exhaustive, les fruits issus d’un travail assidu que nous espérons récolter à moyen et long terme, gageant que toutes les conditions – environnementales, sociales mais aussi politiques – seront réunies pour placer la Polynésie sur la voie de la prospérité.

Je vous remercie de votre attention

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