Commentaires à chaud des premiers résultats de l’étude Budget des Familles 2015

Dans une lettre ouverte que nous publions ci-dessous, le président du Sdiraf, Emile Vernier, se dit préoccupé par la situation sociale d’un grand nombre de familles polynésiennes.

Les premiers résultats de l’Étude Budget des Familles de 2015 ont été exposés dernièrement aux membres du CESC. Ces résultats sont édifiants et ne peuvent pas laisser la société civile sans réactions.

En voici quelques éléments marquants :

  • la dépense monétaire totale des ménages en 2015 est de 250 milliards de Fcfp
  • elle a augmenté de plus de 50% en 15 ans
  • en 15 ans, les prix ont augmenté de 20% et la population de 11%
  • la dépense mensuelle moyenne pour un ménage de 4 personnes est de 289 000 Fcfp
  • un ménage dont le chef de famille est cadre supérieur dépense 2 fois plus que la moyenne
  • 20% de la population vit sous le seuil de pauvreté, soit moins de 30 000 F par mois par personne. Lors de l’étude de 2000, le seuil de pauvreté était de 60 000 Fcfp par mois. Avec ce seuil, en 2015, 1/3 de la population vivrait sous le seuil calculé en 2000.
  • un ménage vivant sous le seuil de pauvreté est composé de 6 personnes et perçoit moins de 160 000 Fcfp par mois
  • 20% de la population qui consomment le plus pèsent 60% de la dépense totale alors que 20% qui consomment le moins pèsent moins de 5% de la dépense totale. Ceci indique que les inégalités devant la richesse ont progressé.

Bien entendu, plusieurs autres paramètres sont présentés dans cette étude.

Ce qu’il faut retenir, c’est que dans notre petite communauté polynésienne de moins de 300 000 personnes, de plus en plus de Polynésiens ne s’en sortent que difficilement. Il serait intéressant d’ailleurs de faire une autre étude sur les familles dont le seul revenu est constitué par la pension CPS de l’un et/ou l’autre des parents.

Notre communauté ne peut pas laisser une grande partie d’elle dans la pauvreté. Les revendications de tel ou tel secteur, notamment les secteurs de ceux et celles qui se trouvent au-dessus du seuil de pauvreté, doivent baisser pour défendre ceux et celles d’entre nous qui sont les plus faibles.

Et c’est là que nous arrivent les images de ce qui se passe en Guyane. La population se révolte contre les inégalités dont elle pense ou est certaine qu’elle subit par rapport à la métropole. Cette population n’hésite pas à bloquer le programme Ariane qui est le poumon économique du département et qui fait vivre des milliers de familles guyanaises. Pourquoi en Guyane, on est capable de réagir et qu’en Polynésie française, on ne le fait pas ?

Et voici que les Accords de l’Elysée sur le développement économique de la Polynésie française au sein de la République sont signés entre l’Etat et la Polynésie française à Paris. Bien sûr, ces accords semblent vraiment utiles et nécessaires. Mais, si c’est pour faire encore et encore ce qui se fait depuis les années 60 et l’arrivée du CEP et ce qui a manifestement échoué au vu de l’étude budget des familles, à quoi ces accords vont-ils servir ? Le Polynésien hors zone urbaine s’y retrouvera-t-il ?

Sans aller jusqu’à des manifestations pour le moment, il me semble que l’occasion est donnée aux bonnes volontés polynésiennes de peser sur le destin du pays en proposant, rapidement, la nouvelle société à mettre en place, puisque les nouveaux accords ne le prévoient pas. Ainsi, quid de :

  • code du travail
  • emplois
  • coût de la vie
  • santé
  • solidarité
  • auto suffisance alimentaire
  • éducation
  • etc…

Encore faut-il trouver les bonnes volontés polynésiennes désireuses de remettre tout à plat !!

 

 

 

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