Conflit à Air Tahiti: la direction sort de son silence

Jusqu’ici, la direction d’Air Tahiti était restée très silencieuse pour ne pas interférer dans les négociations. Compte tenu de la tournure des événements, elle entend clarifier quelques points.

La généralisation du conflit social à Air Tahiti est surprenante à plus d’un titre. En effet, on a bien du mal à comprendre les motivations du personnel, toutes catégories confondues (Sol, PNC, Pilotes), tant cette entreprise a plutôt été généreuse par le passé.

Une chose est sûre: l’époque des vaches grasses est révolue! Après une longue période déficitaire, la compagnie semble reprendre des couleurs comme en témoignent les bénéfices réalisés en 2015. Mais ce rétablissement semble encore trop « frais » et surtout fragile face aux aléas extérieurs (prix du pétrole et taux du dollar), pour que la direction ne consente à quelques largesses.

Dans ce contexte, le direction générale a été prise au dépourvue face à un déferlement de revendications qui se sont abattues sur elle. Pire, elle juge le mouvement « quelque peu futile au regard des enjeux actuels… ». D’autant qu’une semaine plus tôt, la reconduction de la convention collective dans le secteur de l’aérien était bien engagée jusqu’au moment où, pour un « point de détail », tout a capoté! Curieusement, observe la direction, aucune doléance dans le mouvement en cours ne se rapporte à ce document. De là à penser que toute cette agitation ne se résume qu’à une question d’argent, il n’y a pas loin…

Le personnel d’Air Tahiti se dit aujourd’hui « épuisé » et surtout soucieux des « conditions de sécurité en vol ». Il n’empêche, rétorque la direction de son côté, les employés n’ont « jamais cessé d’avoir des avancements ». Contrairement à la Fonction publique, leur salaires n’ont jamais été gelés! En monnaie sonnante et trébuchante, la masse salariale représente 54% des charges de l’entreprise, soit la bagatelle de 6 milliards de Fcfp par an pour un effectif de 1200 agents.

Ne serait-ce que pour la situation du personnel des îles représenté par le SAPAI, la direction affirme avoir mis tout en oeuvre et pris toutes les précautions nécessaires pour échafauder un plan social découlant de la baisse d’activité. Celui-ci, nécessitant « un gros travail préparatoire », a débouché sur un protocole d’accord en octobre 2015 que la plupart des syndicats (sauf le SAPAI, il est vrai!) ont ratifié. Il a même été présenté à deux reprises en comité d’entreprise, sans pour autant que ce soit une obligation. Cette absence de réforme du temps de travail dans les îles est aussi coûteuse qu’injuste, soutient la direction.

Compte tenu de tous ces éléments, une « rapide sortie de crise » comme le souhaite le gouvernement, paraît bien compromise. D’autant que le dialogue est au point mort. A moins que l’une des deux parties lâchent du lest…Raison, probablement, pour laquelle un conseil d’administration extraordinaire s’est déroulé ce jour, en fin d’après-midi.

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