Conjoncture: les entreprises soutiennent la demande en ce début d’année

Dans la rubrique Points Conjoncture de la Polynésie française, l’Institut de la statistique (ISPf) souligne que les entreprises soutiennent la demande au cours du premier trimestre 2016, les indicateurs relatifs à l’activité des entreprises continuant de se redresser.

La demande extérieure est également bien orientée en ce début d’année. En revanche, fin 2015, le rythme de création d’emploi diminue, limitant une reprise franche de la consommation des ménages. En effet, si le pouvoir d’achat augmente en lien avec la baisse des prix, le nombre des demandeurs d’emploi est toujours aussi élevé.

Au premier trimestre 2016, le climat mondial des affaires est moins optimiste qu’en 2015, et la progression des échanges est lente. Le cours du pétrole a continué à baisser, le baril de Brent atteignant un point bas en janvier à 27,88 $US. Cette baisse contribue à diminuer le niveau général des prix. Ainsi, l’inflation reste très faible et le pouvoir d’achat des ménages se renforce dans les pays avancés.

La croissance reste modérée aux États-Unis et au Royaume-Uni, car la demande des entreprises est en nette baisse de régime. Dans la zone euro, l’activité retrouve un peu de tonus avec l’accélération de la consommation et la reprise de l’investissement, mais la contraction du commerce extérieur pèse sur la croissance.

Dans la zone Pacifique, l’Australie a bénéficié de la bonne tenue de ses exportations, et notamment d’une hausse des volumes expédiés de minerai de fer et de gaz liquide naturel. En revanche la Nouvelle-Zélande subit le contrecoup de la baisse de croissance de la demande chinoise, en particulier sur les produits laitiers. De nombreux aléas pèsent sur l’économie mondiale, qui présente des similitudes avec la situation économique et financière du Japon : croissance faible malgré des politiques monétaires expansionnistes, volatilité des marchés financiers et absence de pression inflationniste.

Le contexte mondial de désinflation se répercute en Polynésie française sur la valeur des importations civiles.

Redressement des entreprises

L’année 2015 s’est achevée sur une nouvelle hausse du chiffre d’affaires des entreprises (+ 2,2 %) dans un contexte de baisse des prix (- 0,4 % en moyenne annuelle). C’est la troisième année consécutive de hausse, confirmant le redressement des résultats des entreprises. Le rythme de croissance a cependant diminué en fin d’année 2015. Le premier contributeur à cette hausse est le tertiaire (1,3 point de pourcentage). Les activités de transports aériens, d’entreposage et services auxiliaires de transport, de restauration, ainsi que les activités scientifiques et techniques enregistrent les plus fortes hausses dans le tertiaire. Dans l’industrie, ce sont essentiellement les industries alimentaires qui contribuent à la hausse des résultats du secteur. Dans le BTP, ce sont les activités de construction de bâtiment.

Le chiffre d’affaires des activités de commerce diminue de 0,2 % en 2015 (- 700 millions de F.CFP) essentiellement entraîné par celui des commerces de gros (- 0,8 %), tandis que le chiffre d’affaires des commerces de détail est stable sur un an, dans un contexte de prix en baisse (- 0,4 % en moyenne en 2015). Au sein des commerces de détail, les évolutions sont assez disparates. Le chiffre d’affaires des commerces de carburant diminue de 12 % et celui des commerces alimentaires de 0,3 %. En revanche, celui des commerces de tabac progresse de 9 %, celui des commerces non spécialisés (hyper et supermarchés) de 4,2 %, et enfin celui des commerces de biens de consommation divers de 2 %. …

Croissance du nombre d’heures travaillées

Parallèlement, les effectifs salariés ont cessé de diminuer et ont progressé tout au long de l’année 2015 : fin septembre, la hausse annuelle était d’environ 500 salariés (+ 0,9 %). Cependant, fin décembre ils n’étaient plus que quatre salariés supplémentaires sur un an (+ 0,1 %). Ainsi la hausse des effectifs salariés est nettement plus faible au dernier trimestre 2015, cette période étant pourtant habituellement propice aux surplus d’embauches, même temporaires. Cette année, ce sont essentiellement les heures travaillées qui progressent (+ 0,6 % en 2015, première hausse depuis 2007), ainsi que les effectifs en équivalent temps plein (+ 1,5 %, + 800), traduisant une augmentation des heures travaillées par les salariés déjà en poste, et non des créations de postes. Ce phénomène s’observe sur l’ensemble des activités excepté dans la construction et le primaire où nombre de salariés et de postes équivalents temps plein évoluent au même rythme. Ainsi, après plusieurs trimestres de hausse du chiffre d’affaires des entreprises, le rythme de progression est moindre, tandis que la création d’emploi est encore instable. Les entreprises semblent pour le moment faire le choix d’un renouvellement de leurs équipements, d’une rationalisation de leurs effectifs.

Une demande extérieure bien orientée

La fréquentation touristique progresse de 5,5 % entre les premiers trimestres 2015 et 2016 et s’établit à 42 000 touristes. Les 2 200 touristes supplémentaires viennent principalement de Chine et du Japon. Les deux charters en provenance de Chine venus au mois de février ont entraîné une hausse conséquente du nombre de touristes chinois (+ 1 000). Les touristes japonais sont de retour (+ 800) après une année 2015 médiocre. Le nombre de touristes français et australiens progresse respectivement de 400 et 320 touristes, tandis que le nombre d’Américains est quasiment stable ; le nombre de Canadiens diminue de 1 050 touristes.

Le segment du tourisme de croisière est pénalisé en ce début d’année par la baisse de l’offre en cabines. Le nombre de croisiéristes diminue de 25 %, soit 3 000 touristes de moins, touchant en premier lieu le marché nord-américain. Cependant, ce marché contribue largement à la hausse conséquente du tourisme terrestre payant (+ 5 000 touristes) de même que les touristes chinois et japonais.

L’hôtellerie internationale améliore ainsi son coefficient moyen de remplissage pour le premier trimestre 2016 à 56 % (+ 2,6 points sur un an), ainsi que le revenu moyen par chambre louée (18 400 F.CFP, + 2 000 F.CFP). En cumul depuis le début de l’année, le nombre de chambres louées augmente de 9 % par rapport à la même période en 2015, et le nombre de chambres offertes de 0,3 %.

Les exportations de produits locaux progressent de 30 % en valeur au premier trimestre 2016, en glissement annuel. La perle de culture brute explique l’essentiel de cette hausse, aidée par l’huile de coprah, les produits de la pêche, le noni et le monoï. Les ventes des autres produits sont en baisse. Le prix unitaire de la perle est stable, (+ 10 F à 1 100 F.CFP), celui des produits de la pêche augmente de 10 % à 940 F.CFP le kilo, soit le plus haut niveau depuis 1996.

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