Construire rapidement des abris cycloniques dans onze atolls des Tuamotu

La dernière journée du séjour polynésien de la ministre des Outre-Mer, Annick Girardin, a été consacrée à la visite d’un atoll paumotu, en l’occurrence celui d’Arutua.

Des vallées profondes des Marquises aux lagons turquoises des Tuamotu, le contraste est saisissant. La vie y est également complètement différente avec ses problématiques…

Priorité à la sécurité des habitants des atolls

Si la menace cyclonique et le risque tsunami sont bien présents sur l’ensemble de la Polynésie française, les îles Tuamotu présentent une vulnérabilité unique dans la République car les terres émergées sont situées parfois à quelques dizaines de centimètres au-dessus du niveau de la mer.

Arutua a été victime en février 2017 d’une dépression tropicale qui a occasionné d’importants dégâts : l’eau a envahi la moitié du village et lourdement endommagé les berges.

L’abri de survie d’Arutua a bénéficié des premiers programmes de construction décidé dans les années 1990. Cette ancienneté et les fortes contraintes climatiques obligent à des travaux d’entretien réguliers : les derniers travaux datent de 2011 et ont coûté 73 millions de FCFP. L’abri, qui est également une mairie, peut accueillir deux cents personnes en cas de catastrophe naturelle et dispose d’équipements permettant une autonomie suffisante pour attendre l’arrivée des secours.

Aujourd’hui, sur les quarante-deux atolls habités en permanence, l’État et le Pays ont financé et réalisé, entre 2008 et 2014, vingt-huit opérations de constructions ou de mises aux normes de bâtiments pouvant servir d’abris de survie. Ce sont 5 milliards de FCFP qui ont ainsi été investis mais vingt-sept abris restent à construire ou à réhabiliter pour un montant de près de 7 milliards de FCFP.

La ministre des Outre-mer a rappelé que la priorité est aujourd’hui de construire des abris anticycloniques dans les onze atolls des îles Tuamotu qui en sont dépourvus et de le faire à un rythme plus soutenu pour répondre à l’urgence climatique. Cette préoccupation que la population d’Aratua lui a largement exprimée, la ministre s’est engagée à la soutenir en appelant le Pays et les Maires des îles concernées à se mobiliser encore plus aux côtés de l’État et elle a indiqué que dans un premier temps « le Fonds vert » et le FIP doivent être privilégiés et, si besoin, le prochain contrat de projets 2021-2026.

Pose de la première pierre de la marina d’Arutua

Indispensable au développement de la pêche, cet investissement de 1,7 milliard de FCFP a été financé par l’État à hauteur de 1,1 milliard de FCFP (Troisième instrument financier). La construction de cette marina offrira aux bateaux de pêche un stationnement protégé et facilitera le chargement et le déchargement notamment des marchandises indispensables au bon fonctionnement des fermes perlières.

La ministre des Outre-mer a exprimé sa satisfaction de constater que l’État contribue par le financement de cette infrastructure au développement de la pêche, secteur d’activité essentiel de l’économie polynésienne, troisième ressource propre du Pays et qui représente 11% des recettes d’exportations.

Avec une zone économique exclusive de cinq millions de km², la Polynésie française a un potentiel de développement de l’économie bleue que l’État accompagne non seulement par le financement d’équipements structurants mais aussi en assurant la surveillance des eaux territoriales.

Visite de la ferme perlière Pommier : la perliculture, deuxième ressource propre du Pays

Arutua est l’une des quatre îles où le secteur de la perliculture est le plus développé avec Rikitea, Marutea Sud et Ahe. A elles seules, ces îles concentrent la moitié des surfaces autorisées de production et du nombre de fermes perlicoles.

La ministre des Outre-mer a rappelé que la perliculture est la deuxième ressource propre du Pays derrière le tourisme, générant plus de la moitié des recettes d’exportations de biens. Ce secteur donne un travail à plus de 1 300 personnes. Dans les archipels éloignés, où le taux de chômage est souvent bien plus élevé qu’à Tahiti, cette activité permet aux familles de demeurer sur leurs terres et de perpétuer un savoir-faire de haute qualité qui fait la renommée de la perle noire produite en Polynésie française.

Source: HC

Télécharger l'article en PDF

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En naviguant sur notre site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir +

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

Close