Convention ASN: ou comment tirer le meilleur profit des rayonnements ionisants…

Ce jeudi matin, à l’assemblée de la Polynésie française, lors de l’examen du projet de délibération portant approbation de la convention particulière de coopération 2017 entre la Polynésie française et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Jules Ien Fa, au nom du groupe RMA (Rassemblement pour une majorité autonomiste) a livré sa propre analyse. Voici le contenu de son intervention publique.

En Polynésie, en général, mais dans cet hémicycle en particulier, le simple fait de prononcer le mot « nucléaire » évoque à juste titre des souvenirs douloureux, une histoire lourde de conséquences pour les générations futures et quelque part, la sensation d’avoir été trahis.

Quand bien même cette page n’est pas prête de se refermer, il nous faut pourtant aller de l’avant en tirant le meilleur profit des rayonnements ionisants utilisés principalement dans les secteurs de la Santé, de la Recherche et de l’Industrie.

C’est ainsi le cas pour la radiologie conventionnelle et interventionnelle, le scanner, la radiothérapie…

Mais, ces technologies de pointe doivent être maîtrisées avec le plus grand soin, pour ceux qui en font usage au quotidien comme pour les patients atteints de maladies graves comme le cancer. Raison pour laquelle la notion de « sûreté » doit rester intimement liée à tout ce qui touche de près ou de loin au nucléaire.

C’est là l’objectif de la radioprotection dont la compétence revient à la Polynésie française pour tout ce qui touche au domaine civil.

         Il revient ainsi au Pays :

  • d’une part, de mettre en place la règlementation relative à la radioprotection des personnes, notamment des patients et des salariés exposés ;
  • et d’autre part, d’accompagner la promotion de la qualité des examens de radiodiagnostic médicaux et dentaires, mais, aussi celle de la sécurité des salariés et des usagers lors de leurs réalisations.

 Pour ce faire, le Pays s’est adjoint depuis 2009, les compétences et l’expérience de l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN), autorité indépendante, au travers d’une convention cadre renouvelée en 2012 et désormais reconduite tacitement par période de 3 ans, et enrichie chaque année d’une convention particulière dont il nous est demandé aujourd’hui d’approuver celle de 2017.

Ce que je retiens pour ma part, c’est que le programme de travail cette année sera sensiblement identique à celui réalisé en 2016. A ceci près qu’il n’est pas prévu de mission d’inspection des installations. En conséquence de quoi, l’impact budgétaire pour la collectivité s’en trouve sensiblement réduit, de 7 millions, 559 mille l’an passé à seulement 1 millions 820 mille cette année.

Certains d’entre nous pensent que cette dépense, aussi minime soit-elle, ne doit pas être supportée par la Polynésie mais plutôt par l’Etat au regard de notre contribution, déjà chèrement payée, à l’élaboration de la politique de dissuasion nucléaire française trente années durant.

Ce point mérite sans doute réflexion, tout comme celui soulevé sur l’extension des missions confiées à l’ASN en y incluant la surveillance radiologique de l’après CEP.

Mais c’est peut être dans la rédaction et la finalisation de la prochaine convention cadre 2018-2020 que ces deux points pourraient être discutés, quand bien même la surveillance radiologique de l’après CEP a déjà son dispositif.

Ce que je veux rajouter en revanche, c’est que nos interlocuteurs en commission législative le 20 septembre dernier – en l’occurrence un radio physicien et une radio-pharmacienne de l’hôpital du Taaone, tous deux polynésiens de surcroît – nous ont assurés de la qualité du suivi et des contrôles opérés pour tout ce qui touche aux rayonnements ionisants, ainsi que de l’absence jusqu’ici d’incident d’exposition.

Enfin, je crois utile de préciser que la présence d’un radio physicien est absolument nécessaire  à la réalisation des actes de radiothérapie tout comme la présence d’une radio pharmacienne l’est également pour les actes de médecine nucléaire. Et il m’est agréable de rappeler encore une fois que ce sont deux de nos enfants polynésiens qui sont à ces postes.

Voilà donc mes chers collègues les quelques éléments d’information et d’observation que je souhaitais porter à votre attention avant la mise au vote de ce texte, en précisant toutefois que le groupe RMA votera favorablement.

Je vous remercie de votre attention.

(Photo d’archives)

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