Dans la misère des transports en commun

La politique des transports en commun, notamment dans la zone urbaine de Tahiti, est complètement à réinventer. La preuve…

Au début des années 2000, lorsque le gouvernement Flosse a décidé la suppression des trucks folkloriques au profit de bus – made in China – modernes, climatisés et donc plus confortables, l’ambition paraissait tout à fait louable. Quinze ans plus tard, nous sommes loin du compte!

Aussi, nous avons voulu partager un (bref) moment du quotidien des Polynésiens qui régulièrement fréquentent les lignes du tour de l’île de Tahiti, pour se rendre au travail ou tout simplement, en centre ville.

Rendez-vous à la gare routière située à côté de la mairie de Papeete où le premier « défi » consiste à dénicher la bonne navette. Faute de panneaux signalétiques…Une fois trouvée, pour parcourir la distance Papeete-col du Tahara’a, côté Mahina, il vous en coûtera 250 Fcfp. Heureusement que le chauffeur est sympa car aucune grille tarifaire n’existe à l’intérieur du bus pour renseigner les passagers.

Le trajet est accompli en une vingtaine de minutes. Soit un temps appréciable pour qui ne dispose pas d’autres moyens de locomotion. Le chauffeur ne lésine pas sur la pédale d’accélérateur malgré, à l’évidence, un problème de frein. Certainement, des plaquettes trop usées qui font mal aux oreilles. Ce qui pose d’emblée la question de la régularité et du sérieux du contrôle technique. Comme la plupart de ses collègues, il ne s’embarrasse pas non plus à stopper en dehors des espaces prévus à cet effet. Ici, le client est roi…on le dépose juste devant chez lui.

A l’intérieur du bus, relativement bondé en cette fin de matinée (11h), l’ambiance est bon-enfant. Malgré l’absence de climatisation, l’instant est agréable et les passagers semblent plutôt résignés de circuler dans de telles conditions. Faut-il s’en contenter ? Certainement pas. Aussi, vivement le renouvellement de la délégation de service public, prévu l’an prochain, pour redéfinir les droits et devoirs de la société en charge du transport en commun sur l’île de Tahiti. Une remise à zéro des compteurs qui devra s’accompagner de la mise en circulation de nouveaux matériels roulants, espérons-le, plus conformes aux attentes du public.

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3 pensées sur “Dans la misère des transports en commun

  • 10 juillet 2017 à 18 h 57 min
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    Tahiti ne construit pas de voiture. C’est donc une hérésie que d’inciter les habitants à acheter toujours plus de véhicules neufs. Le comble étant d’utiliser l’argent du contribuable à cette fin avec à la clef plusieurs effets pervers:
    -contribuer au déséquilibre de la balance budgétaire du Pays.
    -Aider l’emploi à l’étranger plutôt que l’emploi local.
    -Engorgement du réseau routier.
    -Perte de milliers heures dans les embouteillages.
    -Consommation toujours plus importante d’énergie fossile importée alors que nous devrions être à la pointe des énergies renouvelables: Soleil, vent, mer !
    -Pollution etc…
    Malheureusement les divers gouvernements qui se sont succédés, ont considéré le transport en commun comme une dépense inutile plutôt que comme un investissement pour l’avenir et pour la santé de la population.
    A Hitia’a, Tiarei et d’une manière générale pour la cote Est, au delà de Papenoo, nous sommes à l’abandon. Un bus toutes les heures et demie et des horaires fantaisistes. A un arrêt, vous pouvez être à l’heure, si le conducteur est en avance, il n’attend pas et vous êtes bon pour attendre le suivant avec l’assurance d’être en retard. Je trouve inadmissible que des élèves soient obligés de se lever à trois heures et demie pour prendre le premier bus de quatre heures et demie pour être à l’heure au lycée à Papeete. Dans ces conditions, comment suivre correctement des études ? Le peuple polynésien est bien trop patient et conciliant. Il accepte de se serrer à trois sur des banquettes de deux, de s’asseoir sur les marches d’accès. Il accepte la crasse, les mécaniques défaillantes, les bus brinquebalants avec fatalisme et bonhomie dont manifestement les autorités abusent. Nous avons le même passeport que les métropolitains, comment peut-on autoriser ici des conditions de transport qui déclencheraient des émeutes ailleurs ?
    Les gens qui ont peu de moyens, sont obligés de s’acheter de quasi-épaves pour avoir un minimum de liberté de se déplacer.
    C’est une véritable évolution de mentalité qu’il faut à la classe dirigeante comme dans l’opposition. Faire passer le service et le bien-être public avant celui des copains importateurs. On en pas pas encore là. C’est le constat que votre article vient de faire…

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  • 11 juillet 2017 à 13 h 57 min
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    Il n’y a pas que le problème de la salubrité et le manque d’entretien des bus, il y a aussi l’entretien extérieur, car depuis quelques années que je suis les bus, il n’y a pas un seul qui soit propre, on pourrais même écrire dessus tellement c’est sale !!!, à quand une station de lavage?

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  • 11 juillet 2017 à 16 h 21 min
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    Ci-dessous courrier adressé aux autorités concernées le 29/06/2017
    « La défaillance des transports collectifs sur Tahiti pèse considérablement non seulement sur la vie quotidienne des Polynésiens -sur celle des moins favorisés d’entre nous qui ne possèdent pas de véhicule, et sur les autres, victimes de la saturation du réseau routier -, mais aussi sur la vie économique et sociale du Pays. Les déplacements des touristes ne sont pas épargnés par notre pitoyable circulation de bus et trucks.

    En juillet 2016, avec quelques recommandations, était approuvé par le CESC, le schéma directeur des transports collectifs et déplacements durables de l’île de Tahiti présenté par le gouvernement. Cette étape indispensable constituait une avancée indéniable.
    En novembre 2016, nous présentions, pour la deuxième fois, le projet du tram aérien (transport par câble et télécabines) en commission des transports à l’assemblée de Polynésie française.

    Depuis août 2016, le dossier du schéma directeur semble être bloqué à l’Assemblée de Polynésie française et aucune date n’est prévue pour son passage en séance plénière.
    Vous n’êtes pas sans savoir que la délégation de service public des transports en commun de Tahiti a été prolongée d’une année, soit jusqu’à fin 2017.
    De plus, selon le schéma directeur, des travaux d’aménagement (arrêts de bus, points de retournement…) et une étude comparative des modes de transports possibles en « site propre » devaient être lancés à très court terme.

    Sur ce point, nous soulignons la réelle propreté (au sens premier du terme) du mode de transport que nous soutenons et nous vous rappelons quelques uns de ses atouts :
    – consommation électrique pouvant à terme être à 100% d’origine renouvelable et rendement énergétique très favorable,
    – aucune pollution urbaine pour les usagers et les riverains (notamment absence de production de nanoparticules),
    – mode de transport très fiable, ergonomique, très faiblement accidentogène,
    – transport à vitesse commerciale garantie, à débit important et en flux continu,
    – solution économique aussi bien en investissement qu’en fonctionnement,
    – aucune interférence avec la circulation sur les chaussées,
    – faible emprise au sol et rapidité de mise en œuvre,
    – à terme, solution pérenne et écologique pour la desserte des zones résidentielles d’altitude,
    – transport au fort pouvoir attractif, notamment sur les touristes,
    – contribution au renforcement de l’image écologique et moderne de Tahiti…

    En tant que scientifiques prudents et citoyens exclusivement soucieux de l’intérêt général, nous souhaitons que le plan de travail développé par le schéma directeur des transports collectifs et déplacements durables de l’île de Tahiti soit réellement mis en œuvre sans plus attendre. Sont en jeu la santé et la qualité de vie de nos concitoyens ainsi que le développement économique du Pays. »
    Initiateur du projet de transport par télécabines

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