Débat budgétaire à l’assemblée: « 2015 sera l’année du démarrage des grands projets », déclare E.Fritch

Voici l’allocution prononcée ce matin à l’assemblée de la Polynésie française par le président du Pays, Edouard Fritch, lors du débat sur le budget primitif 2015.

Monsieur le président de l’assemblée,

Monsieur le vice-président

Madame la députée,

Madame la sénatrice,

Mesdames et messieurs les ministres,

Mesdames et messieurs les représentants,

Nous sommes aujourd’hui réunis pour débattre et adopter le projet de budget primitif 2015 de la Polynésie française.

Comme le gouvernement s’y était engagé devant vous lors du débat d’orientation budgétaire, ce projet de budget vous a été transmis avant la fin du mois de novembre pour être mis en discussion aujourd’hui en séance plénière.

Ce projet de budget, il faut bien le reconnaître, a été largement élaboré par le gouvernement précédent et s’inscrit naturellement dans la continuité de l’action gouvernementale initiée en mai 2013.

Si certains ministres ont changé en septembre dernier, il n’en reste pas moins que notre feuille de route collective est la même, et qu’elle s’inscrit dans le cadre du programme politique approuvé majoritairement par les électeurs.

Cette feuille de route, je vous le rappelle également, comportait un engagement de rétablir les bonnes relations avec l’Etat.

Malgré quelques péripéties qui ont occupé l’actualité ces derniers jours, je peux dire que cet objectif est atteint, grâce aussi au travail mené depuis deux ans par nos députés que je voudrais, ici, saluer et remercier. Ils n’ont fait qu’honorer et concrétiser le programme pour lequel ils ont été élus.

Les discussions que nous menons actuellement, notamment sur le financement du RSPF, devraient trouver à se concrétiser rapidement, sans doute avant la fin de cette année.

Je sais que sur ce point précis, certains ont pu mettre en doute la parole du Premier ministre et des ministres des affaires sociales et de l’outre-mer, et même plus récemment du président de la République. Pour ce qui me concerne, je travaille en confiance et non en défiance.

En tout état de cause, ce sont bien des relations de confiance qu’on nous a demandé de rétablir. Nous y avons travaillé d’une manière entière et sincère en mettant en avant l’intérêt de notre population et surtout en pensant aux milliers de familles qui ont souffert des conséquences de la crise économique et sociale.

C’est dans la même confiance et dans un esprit de partenariat que nous avons engagé avec l’Etat les discussions pour le renouvellement du contrat de projets. Vous le savez, j’ai demandé à ce que nous puissions en fait signer deux contrats, l’un entre l’Etat et la Polynésie française, l’autre entre l’Etat, les communes et la Polynésie française. Là encore, nous sommes sur la bonne voie dans nos relations de partenariat avec l’Etat.

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C’est donc dans la continuité de nos engagements que le projet de budget qui vous est présenté s’articule autour de deux axes essentiels : la poursuite du redressement financier de notre pays et la relance de la commande publique pour stimuler l’activité économique et la création d’emplois.

Globalement, notre budget de fonctionnement s’équilibre à près de 109 milliards FCFP, avec des recettes fiscales atteignant 90 milliards FCFP pour lesquels nous estimons une progression prudente et réaliste de 2%, compte tenu des derniers indicateurs économiques, ainsi que le vice-président vous l’a déjà exposé lors de la commission législative.

En matière de dépenses, nous poursuivrons les actions de maîtrise et de contrôle initiées en mai 2013 par l’ancien gouvernement alors présidé par Gaston Flosse à qui nous rendons hommage pour l’action de redressement qu’il a su mener dans un contexte alors très difficile.

La maîtrise des dépenses reste à l’ordre du jour, même si les derniers plans de départs volontaires ont montré leurs limites, dans un contexte où peu de fonctionnaires manifestent aujourd’hui l’envie de quitter l’administration.

Les recrutements seront limités au strict minimum afin de ne pas altérer le bon fonctionnement de nos services publics et surtout, le gouvernement veillera à ne pas procéder au remplacement systématique des fonctionnaires partant à la retraite.

Comme je l’ai annoncé le 28 octobre dernier aux chefs de service de notre administration, j’engagerai une démarche de modernisation et de rationalisation de notre administration pour faire diminuer progressivement le poids financier de notre fonction publique.

Sur le plan des subventions et des aides octroyées aux entités publiques et privées, nous poursuivrons le travail de rationalisation mis en œuvre afin de mieux cibler les dépenses les plus essentielles à notre développement.

Notre action devra nous conduire durant l’exercice 2015 à mettre en place une démarche d’évaluation des politiques publiques, je le souhaite en partenariat avec votre assemblée dont l’une des tâches les plus essentielles est de contrôler l’action du gouvernement et donc, de porter un regard objectif, critique s’il le faut, sur les politiques sectorielles.

Notre politique touristique a-t-elle porté ses fruits ? Nos outils de développement du logement social sont-ils efficients ? Notre politique agricole nous satisfait-elle ?

Notre défiscalisation locale mise en œuvre en 1996, qui nous a coûté 125 milliards en moins-values fiscales reparties en crédits d’impôts aux entreprises a-t-elle générer l’activité et les emplois que nous attendions ?

Ces questionnements et les réponses qu’ils doivent entraîner sont essentiels pour adapter nos choix politiques et faire que chaque franc que nous affecterons soit le mieux utilisé.

C’est d’ailleurs une demande qui nous est formulée par la population ainsi que par nos bailleurs de fonds.

Ainsi, l’Union Européenne accompagnera pour la première fois la Polynésie dans le cadre du prochain FED, non pas au travers du financement de projets, c’est aujourd’hui le cas avec le programme d’assainissement des eaux usées de Papeete, mais par un appui budgétaire à un secteur économique. Nous souhaitons à ce titre que le secteur du tourisme soit le principal bénéficiaire de cette assistance.

***

Mais vous le savez, si la première partie de cette mandature a été consacrée au redressement et à l’apurement des comptes publics, que nous poursuivons bien sûr, nos engagements devant la population nous incitent à mettre en œuvre en 2015  les moyens de relancer l’économie pour créer à nouveau de l’emploi.

Certes, il nous faut continuer à assurer une forme d’amortisseur social au travers du CAE, dans l’attente de la relance effective. Ainsi, nous reconduiront à l’identique les crédits affectés à ces emplois aidés pour 3,250 milliards, que nous augmenterons de 500 millions par voie d’amendement. Mais les CAE ne seront jamais une fin en soi. Notre ambition est qu’à terme ces contrats soient remplacés par de vrais contrats de travail.

C’est ainsi que dans la continuité des actions engagées par le gouvernement de Gaston Flosse, notre budget 2015 sera aussi un budget de poursuite de la relance de la commande publique initiée dès mai 2013. Alors que les liquidations en matière d’investissements avoisinaient 13 milliards FCFP en 2012, nous atteindrons 20 milliards FCFP cette année et projetons un niveau de 25 milliards FCFP en 2015.

2015 sera l’année du démarrage des grands projets, avec 600 milliards de projets privés programmés sur les 7 prochaines années.

A ce stade, le projet le plus avancé concerne le projet aquacole de Hao dont les demandes de permis de construire devrait arriver d’ici la fin de l’année ou au tout début 2015.

Bien sûr, nous sommes également dans la continuité du projet Mahana Beach qui se fera, même si nous avons du lever certains obstacles de nature administrative.

Dès cette fin d’année, l’établissement TNAD lancera un appel à candidature d’investisseurs et opérateurs pour ce projet, pour un montant de 2 milliards de dollars ; l’objectif est un choix d’un ou plusieurs investisseurs sur le premier trimestre 2015 et que le projet Tahiti Mahana Beach, rentre en phase opérationnelle dès le second semestre.

Nous sommes bien avancés également pour conclure un accord de développement du projet touristique à Atimaono avec la société Hainan.

Oui, les grands projets sont toujours d’actualité, et nous veillerons, dans la continuité de ce qui a été entrepris, à protéger les intérêts des polynésiens et à associer les entreprises polynésiennes à ces réalisations.

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Malgré  la reprise d’activité observée depuis la fin du premier trimestre 2014, le niveau des offres d’emploi n’a pas progressé de façon significative. C’est pourquoi, la politique de l’emploi, dont nous avons fait notre priorité, se doit d’être également dynamisée.

Nous allons amplifier la mobilisation contre le chômage en favorisant la mise en œuvre de dispositifs qui prennent aussi bien en compte les besoins des diverses catégories de sans emploi que ceux des employeurs.

Aussi, la reconduction des contrats d’accès à l’emploi, que j’évoquais tout à l’heure en tant que réponse immédiate à une situation d’urgence marquée par la paupérisation croissante d’une partie de la population,   s’accompagnera de mesures s’adressant à d’autres catégories de chômeurs.

Il s’agit de permettre l’accès ou le retour à un emploi durable de nos concitoyens qui rencontrent des difficultés particulières sur le marché du travail comme les personnes en difficulté sociale d’insertion, les personnes handicapées, les salariés licenciés, les jeunes avec peu ou sans qualification.

Parce que ces derniers représentent 63% des chômeurs, la lutte contre le chômage des jeunes, qui constituera l’un des grands axes de nos politiques publiques de l’emploi, reposera sur la mise en œuvre d’outils spécifiques, tels le contrat pour l’emploi durable, le stage d’insertion en entreprise ou d’expérience professionnelle.

En valorisant l’apprentissage qui constitue le chemin le plus sûr pour l’accès ou le retour à l’emploi, en veillant à l’adapter aux exigences des entreprises, en levant les freins qui bloquent le recours à l’apprentissage pour les apprentis comme pour les employeurs, en veillant à l’adapter aux exigences des entreprises, j’ai bon espoir de garantir l’accroissement de la compétitivité de nos entreprises et la satisfaction des attentes des salariés, dans le cadre de parcours sécurisés.

Dès lors que la crise  de l’emploi est intimement liée à la réduction du nombre d’entreprises en mesure d’accueillir des salariés, le Gouvernement  a un rôle de premier ordre  à jouer dans l’émergence d’entreprises. C’est la condition sine qua non pour promouvoir un développement optimum de notre économie et l’assurance d’un marché de l’emploi en mesure d’offrir à chacun de nos concitoyens sa juste place dans notre société, qu’il s’agisse de lui permettre d’accéder à un emploi ou de porter un projet d’entreprise individuelle.

Cette politique sera soutenue, en accord avec les besoins des salariés et des entreprises, moyennant la mise en adéquation du code du travail à l’évolution du marché du travail, dans le cadre d’une concertation globale tripartite à initier à partir de mars 2015.

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2015 verra également l’achèvement du plan de relance engagé avec réussite sous la présidence de Gaston Flosse, que nous comptons prolonger par de nouvelles mesures au travers d’un plan de développement stratégique qui sera élaboré en concertation avec tous les acteurs socio-économiques au cours du premier trimestre.

Ce plan stratégique intègrera notamment un plan de redynamisation de l’économie et du tourisme, un plan de développement à l’horizon 2020, s’appuiera notamment sur les nombreuses études déjà menées aux travers des différentes assises ou Etats généraux dont nous saurons tirer les enseignements.

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Notre action de relance économique passera aussi par un soutien accentué aux communes.

Comme je l’ai indiqué lors du débat d’orientation budgétaire, nous accélèrerons le remboursement du retard de paiement du FIP aux communes, avec des crédits qui passeront de 500 MFCFP à 1 Mds FCFP dès 2015 afin de donner le ballon d’oxygène qui leur manque pour mener à bien leur politique d’investissement.

Par ailleurs, nous avons lors du dernier collectif budgétaire procédé au règlement de la dette due pour 2013 au SMO soit un montant de 300 millions FCFP. Nous réglerons en 2015 le montant du en 2014 et poursuivrons ces remboursements pour éteindre définitivement cette dette en 2016 comme cela était prévu initialement.

Enfin, nous poursuivrons ensemble, dès 2015, le travail de réforme de la fiscalité communale attendu depuis tant d’années et laissé en plan depuis 2010.

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La relance de notre économie passe également par la relance de la production de l’habitat social en Polynésie.

Pour répondre à la demande croissante de logement sociaux de la population polynésienne (estimée à 3 200 familles) seul le soutien du moteur financier important, régulier et continu du Pays, et l’implication de l’Etat et des partenaires financiers, permettront d’atteindre un niveau de programmation et de livraison effective de logements sociaux chaque année à destination des familles les plus démunies qui ne peuvent aujourd’hui prétendre pouvoir se loger sur le marché privé.

L’essentiel du budget 2015 est consacré d’une part, à la poursuite des opérations en cours, et d’autre part à la préparation et la mise en œuvre de nouvelles opérations qui seront nécessaires pour assurer une continuité dans la programmation des années à venir.

Parmi les opérations déjà engagées au cours des années précédentes, il est prévu la livraison de 200 fare en habitat dispersé en 2015 et la livraison de 400 logements en habitat groupé ces trois prochaines années. Ces programmes de construction permettent le maintien ou la création de 350 emplois salariés dans le secteur du BTP.

C’est peu, j’en suis conscient, compte tenu des milliers de demandes en attente. J’ai demandé au ministre du logement d’accélérer les agréments des opérateurs de logements sociaux pour augmenter la production de logements.

Après quelques années de tergiversation, plusieurs opérations se concrétisent, particulièrement celle du domaine  LABBE, qui représente 120 logements sociaux à Pirae. Une opération cofinancée par l’Etat dans le cadre du Contrat de Projet. La seconde opération concerne les Hauts de Teroma à Faa’a, dont nous avons posé la première pierre hier, soit 60 logements supplémentaires sur  financement du Pays, ces deux opérations doivent démarrer dans les jours qui viennent.

L’année 2015 marquera une montée en puissance des constructions de fare  individuels à Tahiti et dans les iles par la multiplication des programmes : 118 fare bois au titre du CDP n°1, 150 fare bois financés par le Pays, 34 kits ex-FDA, 210 fare bois proposé au titre du CDP n°2, ainsi qu’un nouveau programme à destination des îles et un programme d’urgence inscrits dans ce budget primitif.

Sur les 11,9 milliards d’autorisations de programme en cours, 6,7 milliards de nouvelles autorisations de programme seront consacrés en 2015 pour le développement de nouveaux programmes de construction de logements sociaux en habitat groupé ou en fare individuels sur Tahiti et dans les îles.

TNAD, pour sa part, devrait lancer une centaine de logements l’année prochaine sur les communes de Punaauia, Papeete et Arue.

 

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Outre les constructions de logement, les constructions d’équipements scolaires restent un outil de relance de l’activité.

C’est en ce sens que nous avons posé lundi la première pierre du collège de Teva I Uta dont les travaux vont désormais commencer.

Par ailleurs, les études de poursuivent pour le collège de Bora Bora dont l’avant-projet vient de nous être soumis. Avant projet qui met en exergue des problèmes sur la nature du terrain.  La construction du lycée de Moorea, également problématique, nécessite de trouver un nouveau site, le terrain actuellement retenu étant sujet à de forts risques d’inondation.

Concernant l’accueil des étudiants à l’Université de la Polynésie Française, plus de 400 demandes d’hébergement sont formulées, alors que seulement 300 places sont disponibles. Il est donc urgent, de construire de nouvelles places de cité universitaire et, s’agissant d’étudiants boursiers, ces aménagements devraient pouvoir relever du logement social et être financés sur Contrat de projet Etat-Polynésie. Ce projet de construction concernera 88 logements sociaux soit 180 places environ et sera réalisé par TNAD sur les années 2015 et 2016.

Au titre des opérations financées par la dotation globale d’investissement d’Etat, je ferais état des opérations réalisables immédiatement.

Ce sont plus de 200 millions de Fcfp qui ont été engagés pour des travaux d’équipements de lycées et collèges, mais également pour la mise en sécurité de bâtiments d’enseignement (étanchéité de la toiture de la cuisine du collège de Hitia’a, mise en conformité électrique des collèges de Mahina, Hao…).

Au titre des opérations lourdes on notera la réhabilitation du CETAD du collège de UA POU (66 millions) ; la réhabilitation du lycée PAUL GAUGUIN (141 millions) ; et enfin la réhabilitation du collège de MATARUA (88 millions) ;

Pour ces trois opérations, un recensement de maîtres d’œuvre a été effectué et les marchés d’études sont en cours de mise au point. Les appels d’offres devraient être lancés dans le courant du premier semestre 2015.

D’autres opérations sont d’ores et déjà lancées comme la reconstruction de l’internat du collège de Tiputa qui sera livré à la rentrée prochaine ou encore la construction de la station d’épuration du collège d’Afareaitu dont l’appel d’offres sera lancé en début d’année.

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L’Equipement reste réellement le bras armé de la relance de commande publique mis en place par notre majorité (17 milliards d’opérations lancées en 2014, soit 50% de plus de ce qui a été fait 2012), et le restera.

L’équipement est bien connu pour la réalisation de toutes les grandes infrastructures : routes, ports et aéroports. Mais là aussi, des améliorations sont en cours en particulier sur les plans d’entretien des routes qui seront mis en place permettant d’établir des plans annuels de rénovation pour garder nos ouvrages en bon état.

J’ai également demandé à notre ministre de l’équipement d’avoir une attention particulière pour les besoins en investissement des archipels. A cet égard, je tiens à ce que l’on ouvre un certain de chantiers utiles à la vie quotidienne de nos habitants des îles.

De manière globale, les crédits de paiement affecté à la direction de l’Equipement pour 2015 se répartissent ainsi : près de 380 millions pour les Australes, 750 millions pour les Iles sous le vent, plus de 800 millions pour les Marquises et plus de 800 millions également pour les Tuamotu Gambier. L’archipel le plus peuplé des Iles du vent bénéficiera, lui, de plus de 4 milliards de crédits de paiement.

Par ailleurs, l’objectif  2015  assigné au Port autonome sera celui de redevenir un  aménageur, afin de favoriser le développement économique du nautisme, comme il le fait actuellement avec la création de la marina du front de mer de la Ville de Papeete.

A ce titre, il portera l’année prochaine, le réaménagement global du Port de Vaiare à Moorea, avec le projet d’extension de la marina, et un peu plus tard le projet de la marina d’Uturoa.

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En matière d’aménagement du territoire, un bureau d’étude national va être mandaté avant la fin de cette année, pour l’élaboration d’un schéma directeur des transports terrestres, faire un état des lieux de la DSP (Délégation de Service Public) transport actuellement en cours et la préparation des appels d’offres de 2016 dans le cadre du renouvellement de la DSP du transport en commun applicable au 1er janvier 2017.

De même, l’étude d’un schéma directeur des transports maritimes et aériens sera lancée pour proposer, après consultation avec tous les intervenants, un nouveau schéma général des transports maritimes adapté à des transports modernes et efficaces en desservant toutes les îles habitées de la Polynésie française.

Comme je le disais, le schéma directeur des transports maritimes traite également du volet aérien. Cette partie très sensible de la desserte de nos îles éloignées, va faire l’objet de toute notre attention pour que, dans les mois à venir, nous puissions là aussi disposer d’une vraie politique dans ce domaine tout en adaptant les moyens de liaison aux îles en désenclavement.

L’étude d’un aérodrome de dégagement de Tahiti-Faa’a est en cours, le résultat sera communiqué vers la fin de cette année.

Par ailleurs, en matière d’équipement, des actions de fond seront  également entreprises, comme celle par exemple liée à la problématique des matériaux et plus particulièrement du curage des rivières.

En effet, une action forte sera menée en 2015 pour réorganiser les curages des rivières et leur protection afin de permettre une modification des classes des PPR visant à protéger et à rendre constructibles des zones dangereuses et interdites à ce jour.

Enfin, les gisements de matériaux nécessaires à nos grands travaux doivent être définis, en particulier des études de carrières en roches massives ou d’extraction d’alluvions en terrain privé, déjà lancées en 2014, permettront en 2015 de lancer des études de faisabilité d’ouverture de carrières, en relation avec la direction de l’environnement et les associations de défense des sites dans un soucis d’intérêt public et dans le respect de l’environnement.

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Dans le secteur de l’environnement, les actions remarquables sont tout d’abord l’élaboration d’une politique sectorielle de conservation et gestion des espèces et des espaces naturels polynésiens, notamment aux fins de gérer notre immense espace maritime.

Une conférence régionale portant sur les espèces marines emblématiques et l’écotourisme bleu, intitulée les « journées bleues », sera organisée en mai 2015 en collaboration avec le PROE.

D’un point de vue opérationnel, en matière de conservation et de gestion des pollutions et des déchets, des actions très importantes sont prévues comme la mise en place du réseau d’assainissement de Papeete financé par le FED, la mise en place des premières filières REP (responsabilité élargie des producteurs) sur les piles, huiles et batteries ou encore la consolidation de l’organisation de la collecte et du traitement des déchets ménagers par les communes.

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Je ne saurais passer sous silence le secteur productif qu’est le secteur primaire, qu’il concerne l’agriculture ou la pêche. Là aussi, nous continuerons sur la lancée des projets mis en place par le précédent gouvernement.

Toutefois, le problème de la structuration et de l’écoulement des productions agricoles reste problématique.

La majorité des agriculteurs produisent sans véritable suivi ou accompagnement de leur exploitation, ce qui entraine souvent des cas de pénurie ou de surproduction de certains fruits et légumes, sans qu’à aucun moment l’offre et la demande puissent se rencontrer sur un marché physique.

Cette régulation et cette structuration doivent être la mission de la société anonyme «KAI HOTU RAU », créée en 2010

Laissée en sommeil, cette société doit être réveillée et redynamisée par l’entrée de nouveaux actionnaires issus du privé qui seront associés au Pays. Nous ferons tout pour que la commercialisation de nos produits agricoles et agroalimentaires provenant des centaines de producteurs, petits et grands, puissent trouver  des débouchés sur les marchés local et extérieur.

Il est primordial de soutenir les agriculteurs et, particulièrement ceux des archipels éloignés. L’activité de la société sera donc relancée dès le mois de février 2015.

Dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture, il conviendra d’augmenter la production pour une pleine exploitation des ressources notamment en poursuivant le programme de pose de DCP dans l’ensemble des archipels de la Polynésie française mais également en permettant au Centre des techniques aquacoles de poursuivre ses recherches.

Au niveau des infrastructures, les installations du port de pêche de Papeete seront réaménagées et modernisées pour répondre aux normes sanitaires et une étude sera lancée pour la construction d’un centre de transformation des produits de la pêche aux Iles sous le vent.

La relance du secteur de la perliculture s’inscrit dans une série de mesures qui viseront à pérenniser la ressource, l’accroissement du potentiel économique des fermes perlières et l’accroissement subséquent du montant des exportations. Les actions de promotion en matière de perliculture seront encouragées par le biais des subventions.

L’artisanat  joue également un rôle essentiel pour le développement des archipels.

Des fare artisanat seront donc construits à RAPA, FAKARAVA et RANGIROA.

Les artisans pourront également disposer d’un label qui seul peut permettre de préserver et de protéger nos produits originaux  et les savoir-faire propres à chaque archipel, voire à chaque île.

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Je souhaite enfin dire un mot sur le volet culturel. L’action se concrétisera par la reconnaissance officielle des qualités d’artiste professionnel et d’artisan d’art, attestée par la délivrance d’une carte professionnelle, permettant de reconnaitre et de valoriser la création artistique polynésienne, et  par la transposition du dispositif national du 1% artistique pour les constructions publiques, qui stimulera la créativité locale.

De manière générale pour le domaine de la culture, les coopérations régionales, et les projets visant à l’export des expressions culturelles polynésiennes seront soutenus, afin de stimuler le développement de l’économie culturelle. Par ailleurs, dans un souci de cohérence, le mode d’attribution des aides aux secteurs de la Culture sera repensé en fonction des axes retenus par le Pays.

***

Je n’ai bien entendu pas développé l’ensemble des politiques sectorielles qui ont été retracées au travers du document d’orientation budgétaire.

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Vous le voyez, nous maintenons et accentuons sur 2015 notre stratégie de redressement et d’apurement des comptes publics. Cette action est essentielle pour que notre Pays retrouve sa capacité à investir dans des secteurs créateurs d’emplois.

Le projet de budget 2015 a ainsi été élaboré pour accroître la flexibilité et la souplesse financière du Pays, amorcées pour une gestion optimisée du recours à l’emprunt.

Ces mesures de saine gestion nous permettront ainsi en 2015 de générer un autofinancement brut de 12,2 milliards FCFP, qui après remboursement en capital de notre dette, dégagera un autofinancement net de 3,1 milliards FCFP contre 2 milliards FCFP en 2014.

Nous poursuivrons ainsi notre redressement financier pour consolider notre capacité à financer nos investissements publics et assurer de manière durable notre développement économique et social futur.

Au-delà de la programmation des investissements structurants habituels, notre objectif est avant tout de parvenir à une meilleure exécution prévisionnelle, nous souhaitons initier une politique de désendettement progressive afin de réduire la charge totale de nos emprunts qui atteindra en 2015 près de 13,4 milliards FCFP de remboursement, capital et intérêts compris.

Notre endettement s’élèvera en effet à 93 milliards FCFP à la fin de l’année.

Dans cette optique, notre appel aux financements extérieurs, bancaires ou obligataires seront réduits de plus de 50% par rapport à 2014, passant de plus de 15 milliards FCFP à 7 milliards FCFP en 2015.

Ce choix nous semble incontournable si nous ne souhaitons pas léguer à nos enfants une dette trop lourde, qui limitera inexorablement la capacité des générations futures à maîtriser leurs choix économiques et sociaux.

***

Toutefois, je puis vous assurer que dans le cadre d’un budget contraint, nous nous donnons tous les moyens possibles de remplir la mission sur laquelle tous les responsables politiques que nous sommes sont attendus par la population.

Cette mission, c’est bien sûr celle de la véritable relance de l’économie, celle de la relance de l’emploi, pour que chacun trouve sa place dans notre société.

Je l’ai déjà dit, le budget du Pays ne suffira pas seul, par la commande publique, à relancer durablement l’économie. Nous comptons sur les investisseurs privés, et avant tout sur nos investisseurs locaux, afin qu’ils apportent aussi leur pierre à l’édifice.

Je le sais, beaucoup de projets sont dans les cartons. Mais les promoteurs attendent une réelle confiance en l’avenir avant d’investir des centaines de millions, voire plusieurs milliards.

Le vote du budget tel qu’il vous est présenté aujourd’hui participera de cette confiance. Je le sais pour l’avoir entendu lors de la commission législative, ce budget ne soulève pas d’opposition dans sa construction.

Nous sommes bien sûr ouvert à la discussion et aux propositions, mais tout un chacun ici connaît la situation du Pays et a conscience de la justesse des priorités budgétaires retracées dans le document.

***

Mes chers amis, le budget est l’un des outils importants de notre développement économique et social.

Nos décisions et nos actions peuvent changer la vie quotidienne de nos concitoyens. Nous voulons, tous ici, que ce soient des changements positifs pour nos compatriotes. Nous voulons tous que nos compatriotes aient un emploi, soient mieux éduqués et de mieux en mieux soignés. Nous en sommes parfaitement d’accord.

Mais pour réaliser tout cela, il faut, je le répète, de la stabilité. Il faut de la sérénité. Il faut de la confiance entre nous. L’agitation politicienne ne fait que semer le doute dans l’esprit des investisseurs, ne fait qu’éloigner notre population de sa classe politique au moment où des milliers de personnes qui cherchent du travail.

Je veux redonner confiance à notre population, à nos chefs d’entreprises, à nos investisseurs locaux ou venus de l’extérieur, à nos jeunes. Je veux donner à tous un avenir plus lisible, plus visible. Je veux que la classe politique retrouve sa noblesse et son autorité. Je veux rassembler toutes les énergies positives, celles qui veulent concourir à la construction de notre pays.  Je veux agir dans l’intérêt de tous les Polynésiens. Je veux que le Pays, nous les élus, nos parlementaires et l’Etat puissent conjuguer leurs efforts en bonne intelligence pour le succès de la Polynésie française.

Mon envie est de remettre la Polynésie française sur la voie du développement, de l’emploi, de l’équité et de la solidarité. Que demain soit meilleur qu’hier.

Je vous remercie

 

 

 

 

 

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