Décolonisation: la Ville de Faa’a prête à collaborer avec l’ONU

Le maire de Faa’a, Oscar Temaru a réuni tous les membres du conseil municipal pour débattre de sujets impactants sur la vie de la collectivité. En voici le compte-rendu établi par la commune.

Orientations budgétaires 2017

Comme à son habitude, le conseil municipal a validé les orientations générales du budget 2017. Il semble bien que les lettres de cadrage des années passées encourageant une politique de restriction budgétaire et d’économie, porte leurs fruits. Les efforts réalisés sur le coût de l’énergie et du carburant ajouté aux partenariats de financement plus efficace avec le Pays, permet de dégager un excédent de 84 millions Fcfp pour l’année 2017.

Aux efforts des 420 agents communaux, les membres du conseil municipal continuent à poursuivre leurs efforts concernant les impayés des redevances eau et déchets ou encore sur les économies en eau et en électricité à faire dans les établissements scolaires et infrastructures sportives. Le développement durable et en particulier l’utilisation des énergies renouvelables, font de plus en plus l’objet d’un intérêt grandissant au sein du conseil municipal.

Les nouvelles technologies pour améliorer la qualité des services

Clarisse Poia, conseillère municipale a défendu deux projets d’acquisition de logiciel. Le premier concerne la gestion des élections et le second celui de la numérisation des actes d’Etat-civil. La commune de Faa’a compte plus de 18 000 électeurs inscrits sur sa liste électorale. Grâce à l’aide de ce nouveau programme, une seule personne au lieu de trois actuellement s’occuperait des diverses tâches telle que l’inscription, la radiation sur la liste électorale…. Il en sera de même pour la gestion des 30 000 actes manuscrits d’Etat-civil qui seront numérisés. Comme sur la commune de Papeete, cet outil permettra de réduire le nombre d’agents au guichet unique et surtout de limiter l’attente des administrés au sein du service.

Acquisition de véhicules pour le service Secours et incendie

Afin d’assurer ses missions de sécurité civile, le service Secours et incendie (SEI) dispose actuellement des véhicules suivants : MERCEDES PL / 4X4, VLTT LANDROVER VL / 4X4, MERCEDES PL, Double CAB VLTT, AMBULANCE VSAV, Fourgonnette VTU. Pour rappel, par marché n° 72/2015 du 18 novembre 2015, la commune fait l’acquisition d’une 2ème ambulance (VSAV) pour un montant de 17 860 300 Fcfp car le secours aux personnes et le transport des malades représentent 80% des 2 500 interventions annuelles, et il n’est pas rare que plusieurs demandes de secours parviennent simultanément au service secours et incendie. Or, malgré l’arrivée de ce nouveau VSAV avant la fin de l’année, il convient d’envisager le remplacement du 1er VSAV acquis en 2011 car il affiche déjà plus de 200 000 km au compteur avec un coût de plus de 3 MF en réparations diverses et qui peut lâcher à tout moment.

Par ailleurs, par marché n° 29/2016 du 12 septembre 2016, la commune fait l’acquisition d’un véhicule léger tout terrain (VLTT) pour 6 770 000 Fcfp, qui sera livré prochainement et affecté aux équipes d’intervention. Le chef SEI et son adjoint disposent quant à eux d’une fourgonnette pour se déplacer mais elle est régulièrement réquisitionnée pour des interventions. Aussi, le SEI sollicite l’acquisition d’un véhicule léger adapté au commandement (VLC), notamment équipé de VHF et de matériels de gestion des opérations, à l’instar de la Direction de la défense et de la protection civile qui peut diriger et coordonner tout type d’opération à partir de son véhicule.

Réactualisation du schéma directeur d’assainissement des eaux usées

La loi n°2015-991 du 7 août 2015 impose à toutes les communes de Polynésie française d’assurer avant 2025 le contrôle des raccordements au réseau public, la collecte, le transport et l’épuration des eaux usées, ainsi que l’élimination des boues produites. Avec 29 719 habitants, 8 074 logements, 2 584 entreprises et une très forte densité, notamment sur le littoral, les membres du conseil municipal proposent de valider la réactualisation du schéma directeur de l’assainissement des eaux usées. Parmi plusieurs scénarios, celui du partenariat avec les communes de Punaauia et de Papeete a été retenu. Deux études seront menées. La première déterminera l’impact des raccordements des réseaux de Faa’a sur les infrastructures des 2 villes voisines. La seconde concernera la maîtrise d’œuvre de conception relative à la première tranche des travaux.

Approbation du schéma de valorisation et d’élimination des déchets ménagers (SVEDMA)

Après plusieurs études, depuis 2007, le conseil municipal valide son nouveau schéma de valorisation des déchets ménagers. La phase 1 qui s’étalera sur l’année 2017 concernera la réduction des déchets à la source. C’est-à-dire le réemploi des déchets textiles et de certains encombrants et mise en place de points d’apport volontaire, valorisation des déchets verts en compost, valorisation des déchets ménagers spéciaux, du verre et des cannettes. Il faut se rappeler que le maire de Faa’a Oscar Temaru proposait le 27 septembre 2016 l’installation d’un Centre d’Enfouissement Technique sur la terre VAITOETOE. Ce CET devrait aussi accueillir les déchets des villes de Papeete et de Punaauia. Suite à cette proposition d’intercommunalité, une étude complémentaire viendrait valider la continuité ou la modification des phases du projet.

Education : un parcours éducatif dès l’enfance

Construite en 2009, la maison de l’enfance de Faaa est inaugurée le 15 mai 2014. Ce centre multi-accueil propose un panel d’activités autour de l’évolution de l’enfant de 0 à 5 ans mais aussi des activités de parentalité. Par convention du 1er juillet 2015, la Direction Générale de l’Education et des Enseignements (DGEE) et le Fare Tama Hau s’entendent sur les modalités de mise en place du dispositif passerelle entre les écoles maternelles et les maisons de l’enfance afin de permettre aux enfants non scolarisés ou en cours de scolarisation de se familiariser avec leur nouvelle école. La réussite de ce parcours dès l’enfance repose sur les moyens financiers et humain mis à disposition par le pays et la commune de Faa’a, et surtout par l’implication des parents dans le suivi de leur enfant. Victoire Laurent, adjoint en charge de l’éducation a defendu la contribution d’un agent communal dans ce dispositif de partenariat innovant.

Vœu relatif à la communication de renseignements au Comité spécial de suivi de la décolonisation de l’ONU (comité des 24)

Par résolution n°67/265 du 17 mai 2013 intitulée « L’autodétermination de la Polynésie française », l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies affirme le droit inaliénable de notre peuple à l’autodétermination et à l’indépendance, considère que la Polynésie reste un territoire non autonome au sens de la Charte des Nations Unies, et fait obligation au Gouvernement français, en sa qualité de Puissance administrante, de communiquer des renseignements « statistiques et autres de nature technique relatifs aux conditions économiques, sociales et de l’instruction » de la Polynésie française. Ainsi, après plusieurs décennies de lutte en faveur de la souveraineté du peuple maohi, le maire Oscar Temaru, alors président, réalise l’exploit de réinscrire la Polynésie sur la liste des pays à décoloniser de l’ONU et dévoile du coup, au plus haut niveau des instances internationales, la situation de la commune de Faa’a. En effet, dès les années 60, avec la construction de l’aéroport international notamment, Faa’a devient une « ville transit » entre la France, les îles et Moruroa. D’énormes bouleversements économiques, culturels, sociologiques et sanitaires frappent en premier lieu la commune de Faa’a, qui continue d’en payer le prix aujourd’hui. La plateforme aéroportuaire empêche la population d’accéder à la mer et créée des innondations fréquentes dans les maisons périphériques pendant les périodes de pluies. Des zones militarisées sont implantées. Les nuisances sonores induites par le trafic aérien deviennent de plus en plus denses. Le trafic routier est fortement perturbé par l’activité aéroportuaire. Et surtout, la croissance démographique exogène importante associée à un urbanisme sauvage ont conduit à l’implantation précipitée de 13 lotissements sociaux et la ghettoïsation de quartiers à très forte concentration humaine où le mal être laisse apparaître le sentiment d’une véritable incarcération sociale.

Aujourd’hui, force est de constater que l’Etat, à qui incombe la tâche d’assurer « l’application intégrale et rapide de la Déclaration en ce qui concerne la Polynésie », n’a toujours rien transmis au Comité des 24, qui, pour s’acquitter efficacement de son mandat, demande que « d’autres sources appropriées, y compris des représentants des territoires » lui fassent parvenir des renseignements sur la situation et les « vœux et aspirations » du peuple polynésien. Pour rappel, par délibération n°332/2013 du 17 décembre 2013, le conseil municipal décide d’établir sur notre territoire un musée dédié à la période du CEP et depuis février 2015, des conférences-débats sont organisées mensuellement afin de permettre à la population de se réapproprier son histoire.

Dans la continuité, et afin d’aller dans le sens de l’Histoire, il est proposé que la Commune récolte et communique au Comité des 24 les renseignements demandés, ceci afin, entre autres, de représenter la population désireuse de lever le voile sur l’histoire de la colonisation nucléaire (50.866 pétitionnaires au 10 octobre 2016) ainsi que sur les richesses naturelles de note territoire (52.000 pétitionnaires, dont 15.230 de Faa’a), et mette en place, en collaboration avec les institutions et organes volontaires et compétents au regard des Nations Unies, des programmes d’éducation politique afin de faire prendre conscience à notre peuple de son droit à l’autodétermination.

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