Diminution de la DGA: le Tahoeraa craint à terme sa disparition

 

S’agissant de la diminution de la DGA  (ndlr: Dotation globale d’autonomie), le Tahoeraa huiraatira réagit dans un communiqué, parlant d’un « véritable reniement des engagements de l’Etat ».

Une nouvelle fois la Dotation Globale d’Autonomie (DGA) se voit amputée d’une partie de ses crédits. Ce nouveau coup de rabot de 470 millions de FCFP a été adopté lors du vote du budget de l’Outremer à l’Assemblée nationale. C’est la troisième fois que l’Etat réduit les crédits de la dette post nucléaire qui constituent pourtant un engagement ferme de l’Etat.

Cette reconnaissance avait été obtenue par Gaston Flosse auprès de Jacques Chirac après l’arrêt définitif des essais nucléaires en 1996, pour un montant de 18 milliards par an dans le cadre du FREPF (Fond de reconversion de l’économie de la Polynésie française), transformé plus tard en DGDE (Dotation globale de développement économique), puis en DGA (Dotation globale d’autonomie). Mais au fil du temps l’esprit de cette compensation a changé. Reconnue à sa création en 1996 comme une dette inaliénable, elle constituait la reconnaissance par la France de la contribution essentielle consentie par les Polynésiens à la puissance militaire de la France, dont Jacques Chirac, et avant lui le Général De Gaulle, disaient « qu’elle ne s’éteindrait jamais ». Il n’aura pas fallu attendre vingt ans pour que cette dette soit réorientée, puis même progressivement réduite, s’éloignant de plus en plus de l’esprit voulu lors de sa création, s’évaporant avec le temps qui passe, alors que les polynésiens n’ont pas encore tourné la page des essais nucléaires et que la loi Morin ne satisfait personne.

Le président de l’assemblée Marcel Tuihani avait récemment exprimé sa crainte de voir une nouvelle fois la DGA amputée. Le Tahoera’a Huiraatira le déplore vivement et note que les parlementaires d’Edouard Fritch ne sont pas parvenus à empêcher cette nouvelle diminution. Au lieu de voter contre, ils ont décidé de s’abstenir, et de sacrifier les intérêts de la Polynésie française pour ne pas fâcher le gouvernement socialiste. Ce nouveau coup porté à la DGA aurait justifié de leur part une attitude plus ferme. Elle démontre aussi que les promesses du gouvernement socialiste n’engagent que ceux qui y croient.

Nous verrons bien ce que valent les engagements de la ministre des Outremers qui a affirmé qu’elle compenserait cette réduction sur son propre budget. Quand bien même Madame Pau Langevin confirmerait son engagement par courrier, la compensation ne vaudra que pour le budget 2016 et se reporterait sur le contrat de projet. La DGA, contrairement au contrat de projet, est versée en section de fonctionnement, elle est libre d’utilisation. Quel que soit le subterfuge utilisé, la DGA se retrouve réduite.

Le Tahoera’a Huiraatira se réjouit que des relations d’amitié aient été renouées au plus haut niveau de l’Etat, à Matignon et à l’Elysée, mais il s’interroge de savoir pourquoi elles ne se traduisent pas par des décisions concrètes en faveur des Polynésiens, pourquoi elles n’empêchent pas l’Etat de renier ses engagements les plus forts à leur égard ? Cette réduction progressive de la compensation post nucléaire laisse craindre à terme sa remise en cause totale.

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