Disparition de P. Amaru: les condoléances affluent

Après l’annonce de la disparition de Patrick Amaru, les messages de condoléances affluent: voici ceux du président de l’assemblée, Gaston Tong Sang, et du directeur du Conservatoire, Fabien Dinard.

C’est avec vive émotion que le président de l’assemblée de la Polynésie française, les représentants ainsi que l’ensemble du personnel souhaitent adresser leurs plus sincères condoléances à la famille de M. Patrick Amaru, disparu à l’âge de 60 ans, d’un arrêt cardiaque.

Gaston Tong Sang souhaite saluer l’homme de culture engagé, qui sa vie durant n’a cessé de transmettre aux plus jeunes les valeurs et l’histoire du patrimoine polynésien. Nous lui devons notamment sa contribution à notre hymne territorial « Ia ora o Tahiti Nui e », rappelant ainsi son attachement au fenua.

Le président de l’institution souhaite également évoquer la simplicité d’une personne qui malgré toutes ses qualités, a su rester humble et empreinte de sagesse. Ses nombreuses  contributions et prix au Heiva i Tahiti sont là pour nous rappeler l’homme de passion qu’il fut, de même que l’artiste infatigable qui laisse derrière un nombre considérable de poèmes et de chants qui continuent, encore aujourd’hui, à être déclamés par les nouvelles générations.

Aujourd’hui, la Polynésie française a perdu l’un des plus fervents défenseurs de sa culture et cela à quelques semaines du Heiva i Tahiti 2018. C’est toutefois au travers de ses multiples participations à cette manifestation culturelle, de son engagement auprès de notre jeunesse et de l’ensemble de ses œuvres, que M. Amaru demeurera à jamais dans nos mémoires et dans nos cœurs.

Nous lui souhaitons une bonne route et espérons pouvoir le rendre fier en poursuivant son combat pour la culture polynésienne.

Puis, Fabien Dinard renchérit à son tour : « Nous perdons l’un des nôtres »

J’ai appris avec stupeur et tristesse le décès de Patrick Amaru ce lundi 16 juin 2018, aux premières heures du jour.

L’annonce de son départ est une telle surprise : nous avions vécu toute l’année 2017/2018 avec lui, car avec nos professeurs nous l’avions choisi comme auteur du thème de notre grande Nuit de Gala, ce samedi 16 juin dernier.

Ce magnifique thème, « Papa A Tu a-Tua », symbolisait toute une partie de sa vie : il indiquait à nos élèves le chemin de la connaissance, un chemin, un choix intérieur; il indiquait aussi comment se battre pour s’enraciner dans sa culture, dans notre si belle culture polynésienne, que les arts traditionnels savent si bien servir.

Nous souhaitions de notre côté ouvrir notre établissement, le Te Fare Upa Rau, aux auteurs du Fenua : parmi ces auteurs, Patrick avait une place tout à fait à part. Il était la poésie incarnée. Et nos enseignants avaient pris un réel plaisir à intégrer ses écrits dans leurs chorégraphies et leurs chants.

Lui-même était étonné, et reconnaissant, de la manière dont cette alchimie avait fonctionné. Patrick venait souvent observer les répétitions. Sans déranger qui que ce soit, je voyais, sur son visage, sa satisfaction, sa joie tranquille.

Avant de partir Patrick a reçu, samedi soir avec nos enseignants, lors du tableau final du spectacle, sur cette place To’ata qui l’avait tant de fois consacré meilleur auteur, l’ovation du public pour son travail. Quel départ. Nous perdons l’un des nôtres. La grande famille de la Culture est en deuil. Mais on dit aussi que les poètes ne meurent jamais.

Je voudrais, au nom de toute l’équipe du TE FARE UPA RAU, transmettre à sa famille et notamment son épouse, nos condoléances.

Et rajouter ces strophes, que Patrick avait offert au conservatoire :

 Ia fati te àre no te moeroa

I te tahatai no te oraraa,

Ia tūmā te mataì no te tià

I te teòteò e te ìte,

Ia topa te mau ùnaùna paa,

Ia vai tahaa te tino,

Ia vai tahaa te varua,

E aha paì te mea e toe mai?

 

Lorsque la vague du long sommeil

Se brise sur le rivage de la vie,

Lorsque le vent de la vérité

Efface la vanité et le savoir,

Lorsque les apparences tombent,

Lorsque le corps est à découvert,

Lorsque l’âme est à nu,

Que nous reste-t-il?

 

 

 

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