E. Fritch à la conférence économique: « Mon gouvernement ne se gargarise pas de belles paroles… »

En clôture de la conférence économique, le président Edouard Fritch a prononcé une allocution que nous reproduisons ci-dessous dans son intégralité.Ia orana,

Nous arrivons au terme de cette première conférence économique de l’année et je voudrais avant tout, vous remercier pour votre présence, et pour le temps que vous avez consacré à nos travaux durant ces trois jours. Vous avez bien voulu laisser vos entreprises, faire une pause dans vos activités professionnelles, pour participer activement à cette conférence. Je veux vous dire toute ma gratitude et celle de mon gouvernement pour les efforts consentis. Je puis vous l’assurer, votre mobilisation ne sera pas vaine.

Je voudrais remercier nos directeurs de l’ISPF et de l’IEOM pour leur présentation de la situation économique de notre pays. Ils sont venus nous confirmer que les indicateurs principaux de notre économie s’améliorent de jour en jour. Leur analyse est incontestable. La croissance économique est de retour, et avec elle, la confiance des entrepreneurs progresse significativement.

Je veux remercier nos rapporteurs qui ont bien voulu restituer l’esprit des échanges et les propositions d’actions issues des ateliers. L’exercice n’est pas aisé, mais les messages sont, à mon sens, bien passés. Je peux vous l’assurer que je vous ai écouté avec beaucoup d’intérêt.

Je remercie notre vice-président, Teva Rohfritsch, et ses équipes, pour l’organisation et la coordination de la conférence. La réussite d’un tel évènement repose sur une préparation minutieuse, qui a démarré il y a plusieurs semaines, et une bonne organisation de l’enchainement des divers volets de la conférence.

Enfin, merci à l’équipe du protocole de la Présidence qui a contribué de manière efficace au bon déroulement de la conférence. Mauruuru maitai.

Chers amis, avec le gouvernement, nous avons bien enregistré les propositions qui viennent de nous être restituées par nos rapporteurs des cinq ateliers.

Je veux vous remercier pour la qualité de vos travaux. Le gouvernement s’engage à les examiner avec attention.

Pour ce faire, il se réunira en séminaire au mois de juillet aux fins de les analyser dans le détail et d’en mesurer les impacts. Je souhaite que nous puissions rendre des arbitrages dès la rentrée prochaine pour une mise en application des mesures retenues dès que possible.

Comme je l’ai indiqué dans mon discours d’ouverture, le gouvernement a procédé par étape. La première phase a consisté à redresser les comptes exsangues du pays que nous avons trouvé en arrivant au pouvoir. C’est désormais chose faite.

La deuxième étape a consisté à relancer l’économie. C’est dans ce cadre que le plan de relance économique et le plan exceptionnel d’investissement ont été mis en œuvre en 2016, et se poursuivent en 2017. Ces mesures ont permis à notre économie de rebondir et d’inverser les tendances baissières de ces dernières années.

Encore une fois, beaucoup reste à faire pour revenir à une situation économique créatrice d’emplois. Si nous entrevoyons le bout du chemin, cela demandera encore du temps, de la patience et des efforts de la part du pays et de son administration, mais également du secteur privé.

Je souhaite rappeler que le gouvernement actuel ne dispose d’une majorité à l’Assemblé de la Polynésie française que depuis un an et demi. Et comme l’a indiqué le vice-président, lors de la présentation du bilan des actions économiques, nous ne sommes pas restés les bras croisés. En effet, les mesures du plan de relance économique sont pratiquement toutes mises en œuvre et la trajectoire des investissements publics prévoit un taux de liquidation de 25 milliards de crédits de paiement en fin d’année. Le pays s’est résolument engagé à soutenir le développement économique de notre pays.

Le gouvernement s’est retroussé les manches, s’est investi corps et âme pour accomplir sa part pour améliorer les conditions de vie de nos concitoyens, et il ne compte pas en rester là.

Ainsi, sur le plan des relations avec l’Etat, mon gouvernement est d’ores et déjà en contact avec l’équipe du nouveau Président de la République. Je rappelle que nous avons soutenu le candidat Macron aux élections présidentielles parce qu’il s’est notamment engagé à poursuivre le processus de validation de l’Accord de l’Elysée, signé avec le Président Hollande.

Je voudrais rappeler que cet accord comporte des engagements structurants pour l’avenir des polynésiens, et je citerai notamment : la reconnaissance le fait nucléaire et de ses conséquences, tant attendue par notre peuple et particulièrement ceux d’entre nous qui ont été touchés dans leur chair par les effets des rayonnements ionisants ; il est aussi question de la sanctuarisation de la dotation globale d’autonomie à son niveau de 2011, de la prise en charge d’un service d’oncologie, ou encore du développement des infrastructures publiques polynésiennes, de la valorisation des secteurs de l’économie bleue et du tourisme… Et bien d’autres mesures d’accompagnement en matière de développement de notre fenua.

Ces travaux ont débuté il y a déjà plus d’un an, lors de la préparation de la visite de l’ancien Président de la République, au début de l’année 2016. Je vous l’affirme, nous sommes pratiquement arrivés au terme de ce chantier. Je veux toutefois souligner que même avec la meilleure des volontés, et ce fut pourtant le cas des deux parties dans ce dossier, il faut donner du temps au temps pour concrétiser nos dossiers importants.

Alors, lorsque j’entends de-ci, de-là, des candidats aux élections législatives, promettre monts et merveilles aux Polynésiens une fois élu, je veux avertir nos concitoyens : attention aux chants des sirènes, d’autres ont vu leur embarcation se briser sur les rochers de la déception.

Mon gouvernement ne se gargarise pas de belles paroles, il agit résolument pour faire avancer le pays. La Polynésie a trop souffert ces dix dernières années. Elle ne peut plus se permettre de perdre du temps. C’est dans cet esprit que j’ai souhaité, dès l’élection de notre nouveau Président de la République, Monsieur Emmanuel Macron, rencontrer les membres de son équipe rapprochée pour évoquer avec eux les sujets sensibles de la Polynésie française. J’ai pu constater la ferme volonté de la nouvelle équipe d’accompagner les Polynésiens dans le développement de notre pays.

Nous devons, à notre tour, confirmer notre volonté de coopérer avec la nouvelle équipe présidentielle. Et la meilleure manière de le faire, c’est de parler d’une seule voix au parlement, en cohérence avec les actions de notre gouvernement. J’insiste sur ce point, car l’expérience du passé nous a montré que des voix dissonantes étaient fortement contreproductives pour la Polynésie française.

Avec cinq élus polynésiens, proches du gouvernement du pays et œuvrant ensemble en parfaite harmonie, c’est de loin, le meilleur scénario possible pour faire avancer nos dossiers à Paris.

Donnons à notre pays, l’opportunité de soutenir son développement. Il nous faut une équipe d’élus soudés pour soutenir le développement économique de notre pays tant sur le plan local qu’à Paris.

Voilà chers amis, ce qu’il me paraissait important de préciser en guise de conclusion à nos travaux. Il me reste à vous remercier à nouveau pour les restitutions de vos travaux. Le gouvernement ne manquera pas de revenir vers vous pour vous présenter les arbitrages et le calendrier des prochaines étapes.

Mauruuru à tous.

 

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