E. Fritch au congrès du Tapura: « Mon programme, c’est l’Homme avec un grand H »

 

A partir de l’allocution prononcée ce matin, salle Aorai Tini Hau, par le président du Tapura Huiraatira, Edouard Fritch, nous avons sélectionné les passages les plus marquants, ceux qui traduisent bien son engagement en faveur du redressement du Pays.

Ma carrière politique, je l’ai débutée il y a plus de 35 ans, en 1980. Pendant ces 35 ans, je suis resté fidèle à ma famille politique, j’ai vécu les hauts et les bas avec la même loyauté. Comme j’ai eu l’occasion de le dire publiquement, c’est du sang orange qui coulait dans mes veines. Mais le 1er septembre 2015, cette famille politique a décidé de m’exclure, après avoir exclu tous ceux qui étaient jugés trop proches de moi.Depuis, et avec une certaine douleur, j’ai tourné la page orange. C’est à nouveau du sang bien rouge qui parcourt mon corps. Le rouge de notre mouvement ! Le Tapura Huiraatira.

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Ma force à moi, je le crois, c’est celle du dialogue, de la concertation, là où d’autres ont pensé que le rapport de force devait être élevé en mode de gouvernance.

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Notre rassemblement est basé sur la confiance, la confiance dans notre avenir et dans la capacité de développement des Polynésiens, fiers de leur identité, de leur culture et de leur patrimoine, mais ouverts au monde. Nous avons foi dans les principes de la démocratie. Nos choix s’inspireront des principes de réalisme, de transparence et d’équité. La concertation, l’acceptation des visions différentes, enrichiront toujours notre choix dans les décisions à prendre. Nous affirmons notre volonté de travailler en bonne entente avec les communes qui sont les meilleurs relais des aspirations de leurs administrés et qui sont parti prenantes et acteurs du développement.

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Pour moi, l’argent est un moyen mais ne sera jamais, en aucun cas, une finalité. J’ai déjà eu des propos publics sur le fait que je ne vivais pas de corruption. Ça n’a pas plu à certains qui se sont sentis, je ne sais pourquoi, visés par mes déclarations. Je n’ai pas voulu dire que l’argent corrompt systématiquement. Mais que sans aucun doute, des décisions n’ont pas été prises sur le seul critère de l’intérêt général. 

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Je le répète, pour moi, l’homme doit rester au centre des préoccupations. Nous ne construirons pas notre pays en oubliant les hommes et les femmes qui le composent. Nous ne construirons pas notre pays contre les Polynésiens. Nous construirons notre pays en partageant les profits et en y associant les Polynésiens. C’est cet élément central, la clé de voûte, qui figure sur notre logo et qui représente une population unie sur le même socle, notre mère la terre.

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Trop de gens agitent la sinistrose et veulent nous monter les uns contre les autres, prôner le défaitisme et la haine pour nous diviser et satisfaire des ambitions personnelles. Je sais que ce n’est pas ce que vous voulez. Nous ne voulons plus de ceux qui nous divisent ! Notre pays, c’est nous tous. Comment réussirons-nous autrement ?

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Mon programme, c’est l’Homme avec un grand H. C’est le Polynésien, Mon programme, c’est la dignité retrouvée. Mon ambition, c’est que chacun ait un emploi, une terre, un logement. C’est dans cette spirale vertueuse que doit s’inscrire notre société.

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Nous ne pouvons plus vivre sur le modèle économique né des années CEP, quand l’argent coulait à flots, que l’emploi salarié était la norme dans un contexte d’opulence pour les entreprises. Ce temps est définitivement révolu et nous devons réviser nos modèles. Gardons à l’esprit que nous ne pouvons plus vivre sur le même pied comme il y a vingt ans car aujourd’hui il y a une urgence sociale.

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Je vous le dis, nous risquons d’aller à l’explosion de notre société, si nous nous montrons incapables de proposer des solutions face à des dérives sociétales que nous ne pourrions pas temporiser. C’est pour cela que j’ai mis en place la conférence de la famille qui a pour vocation de nous proposer, d’ici la fin du premier semestre, des actions opérationnelles pour résorber à terme cette fracture sociétale. Et je veux vous dire que cette conférence n’est pas un nouveau « machin » à produire des rapports destinés aux tiroirs. Les personnes que j’ai choisies, sont toutes libres d’esprit, exigeantes et impliquées dans l’action sociale. Je suis certain qu’elles produiront des propositions de qualité que nous mettrons en œuvre. Je m’y engage !

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La Polynésie française et l’Etat voguent à nouveau ensemble et c’est la symbolique de cette double voile qui traduit notre volonté de dialoguer. Si on ne se parle pas, on ne se respecte pas, on ne se comprend pas et on reste éloignés l’un de l’autre au risque de se tourner définitivement le dos. François Hollande nous est reconnaissant d’avoir rétabli ce dialogue et c’est la raison pour laquelle il vient à la rencontre des Polynésiens malgré un agenda chargé.

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Mes amis, vous comprenez bien que, comme vous, je souhaite une société plus juste, qui sait s’appuyer sur des valeurs, dont la valeur primordiale est à mon sens, celle de la solidarité. La solidarité, c’est la base de notre société polynésienne. C’est celle qui se met en œuvre au sein de la famille polynésienne quand un membre est dans la souffrance ou dans la désespérance.

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Au bout de 20 ans, cette PSG a atteint ses limites. Elle a atteint ses limites parce qu’elle est confrontée à une augmentation de la paupérisation qui n’a pas été maîtrisée ces dernières années, parce qu’elle a été victime de décisions politiques irresponsables, ou tout simplement victime de l’absence de décisions politiques de redressement des comptes sociaux (…) Notre gouvernement va prendre les mesures nécessaires au rétablissement des comptes sociaux pour assurer la pérennité des prestations médicales et sociales, ainsi que des retraites.(…) Mes chers amis, la réussite de cette réforme est impérieuse. Si elle devait être mise en échec, nous assisterions sans aucun doute à la désintégration de notre société polynésienne, parce qu’elle aurait mis à bas la valeur primordiale de notre société, la solidarité.

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