Edouard Fritch au CESC: « Le signe fort d’une gouvernance basée sur la concertation »

 

Voici l’allocution prononcée ce matin par le président Edouard Fritch devant la Société civile représentée au Conseil économique, social et culturel (CESC). C’est « le signe fort que nous voulons adopter une gouvernance basée sur la concertation, le dialogue et la recherche des meilleures solutions pour le bien-être de nos populations » a t-il notamment déclaré.

Le gouvernement a tenu à organiser cette rencontre solennelle pour bien marquer notre respect envers les institutions de notre Pays, dont vous faites partie.

Nous avons voulu l’autonomie, et cette volonté est soutenue par une grande majorité de notre population depuis plus de 30 ans. De ce fait, il est normal et, je dirai même naturel, que nous donnions à chaque maillon institutionnel sa vraie place.

Le Conseil économique, social et culturel est une émanation de notre autonomie.

Il est donc de notre devoir de venir à votre rencontre. Ce geste est inhabituel ou inédit. J’en suis conscient.

Ce geste n’est pas, non plus, une mise en scène de démagogie, je vous le rassure.

J’avais annoncé, le 12 septembre dernier, dans mon discours de candidature à la présidence de la Polynésie française que j’allais accorder une grande importance à la gouvernance. Je fais de mon mieux pour accorder mes paroles aux actes.

En tout cas, la présence de tout le gouvernement à mes côtés, ce matin, au sein de cette institution, est le signe fort que nous voulons adopter une gouvernance basée sur la concertation, le dialogue et la recherche des meilleures solutions pour le bien-être de nos populations.

La concertation et le dialogue ne signifient pas que je recherche le consensus à tout prix. Cela, je n’y crois pas. Le consensus est une opération qui nous force à faire tellement de compromis que les projets ou les idées deviennent sans saveur. Cela n’aboutit qu’à un nivellement par le bas.

Pour notre part, nous recherchons un dialogue et une concertation qui permettent le partage des informations et la confrontation des idées pour l’émergence et la prise de la meilleure décision possible.

J’ai déjà, à maintes occasions et publiquement, affirmé que l’on est plus intelligent à plusieurs que seul. En d’autres termes, le politique seul ne produit pas nécessairement la meilleure des propositions pour notre pays et ses habitants.

Vous aussi, acteurs de la vie économique, sociale et culturelle, vous avez vos expériences, vos constats, vos analyses et votre vision. Vous ne vous attardez pas forcément sur les mêmes éléments que nous. L’acteur économique ne s’attarde pas sur les mêmes préoccupations que le politique. L’acteur social ne s’attarde pas sur les mêmes éléments d’intérêt que le chef d’entreprise ou le politique. Ainsi de suite….

C’est cette richesse d’approche qui crée l’intelligence et qui enrichit les réflexions.

Bien entendu, nos institutions précisent bien les contours du champ qui revient au politique et le champ qui revient aux conseillers économiques, sociaux et culturels.

Chacun reste dans son champ. Et, même si nous labourons et travaillons des champs différents, le fruit de nos labeurs intéresse les mêmes citoyens. C’est ce citoyen que nous avons en commun, qui nous recommande de travailler ensemble. C’est lui qui nous lie. C’est lui qui nous observe et qui juge notre action publique.

Vous comme nous, n’êtes que des représentants de vos communautés ou de vos groupes respectifs. Vous comme nous, n’êtes que les portes parole des aspirations et des attentes de vos communautés ou de vos groupes.

A cet égard, l’émergence des grands projets vous a amené à réfléchir et à prendre position sur certaines mesures fiscales ou sociales proposées par le gouvernement dans le cadre de ces dossiers. Au-delà des positions ou des oppositions qui ont pu apparaître sur ces mesures, nous voyons bien que la question fondamentale de l’attractivité de notre pays face aux investisseurs est posée.

J’affirme et je l’ai écrit dans mon « manifeste pour la dignité » qu’il y a réellement un problème de compétitivité économique dans notre pays dû notamment, au coût important de la main d’œuvre en Polynésie française. Ne vous méprenez pas. Je n’ai pas dit que le smig est trop élevé. Je dis que le coût global du travail est élevé.

J’ai demandé au ministre du travail d’amorcer la réflexion, avec vous en concertation tripartite, sur la question de la cherté de la main d’œuvre en Polynésie française et les remèdes possibles à cette réalité handicapante pour notre économie.

Traiter le sujet du coût de la main d’œuvre est fondamentale pour nos activités productrices, d’autant si elles sont tournées vers l’exportation.

Il est nécessaire que vous et nous, osions traiter avec objectivité et honnêteté intellectuelles, toutes les questions touchant le vaste domaine du travail et de l’emploi.

Outre la question de la compétitivité de la main d’œuvre, je pense bien entendu à l’assouplissement des règles et du code du travail. Je pense aussi à la question de la formation professionnelle. Je pense aussi à la fiscalité, au coût du fret, de l’énergie, etc…

J’ai également affirmé que je souhaite établir de la transparence dans la mise en œuvre des grands projets qui intéresse notre pays. C’est le cas pour le projet Mahana Beach.

A cet égard, je mettrai en place un Comité de suivi du projet Mahana Beach, dans lequel le président du CESC sera un des membres ; dans lequel il y aura les représentants des groupes politiques présents à l’Assemblée de la Polynésie française. C’est cela aussi ma conception de la transparence. Ce comité ne s’immiscera pas dans la gestion du projet. Il aura pour seul but de s’assurer que les opérations vont dans le sens de l’intérêt de notre Pays et de sa population.

Mes chers amis, vous aurez compris que j’ai la volonté de déployer une gouvernance qui me ressemble ; une gouvernance qui je l’espère va nous rassembler et instaurer un esprit de collaboration, dans l’intérêt de notre population.

Monsieur le président, mes chers amis, notre pays est en crise. Il y a de plus en plus de chômeurs. Notre système de protection sociale va mal. Nous le savons tous.

La résolution de ces grands défis nécessite que nous taisions nos ego, que nous concentrions nos efforts sur ces sujets.

J’ose compter sur votre réalisme et votre collaboration.

Je vous remercie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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