Edouard Fritch: “La reprise économique est bien réelle, elle se consolide et elle progresse jour après jour”

Nous publions dans son intégralité le discours fleuve prononcé ce matin  à l’assemblée par le président de la Polynésie française, Edouard Fritch, à l’ouverture de la session administrative.

L’ouverture de la session administrative de notre assemblée est toujours l’occasion de faire un bilan des actions engagées au cours des six derniers mois et de tracer les perspectives pour les mois à venir.

Quelle est la situation économique de notre pays ? Pour répondre à cette question, je m’appuie sur la dernière note de conjoncture de l’IEOM, publiée le mois dernier, qui constate que, je cite, « la reprise se confirme ».

Selon l’institut, « les signes d’amélioration observés depuis deux ans se sont consolidés en 2016 en raison d’une reprise de l’économie polynésienne plus marquée, d’un investissement des agents économiques plus dynamique et d’un marché du travail plus vigoureux qui dope la consommation des ménages ».

 Ainsi l’indicateur du climat des affaires progresse nettement au-dessus de sa moyenne de longue période pour atteindre son plus haut niveau depuis près de vingt ans.

Nous sommes donc revenus à un niveau de confiance des chefs d’entreprises d’avant les années 2000, c’est-à-dire avant la période des 10 années d’instabilité et de l’avènement de la crise économique mondiale de 2008. Ce retour de la confiance des entreprises est une très grande satisfaction pour le Gouvernement.

L’indice des prix a par ailleurs, très peu évolué en 2016. Il baisse même légèrement pour s’établir à -0,5% sur l’année.

La consommation des ménages quant à elle, décolle timidement certes, mais elle est en croissance, tant sur le volet des biens de consommation courante que sur celui des équipements ménagers.

L’investissement immobilier des ménages est lui aussi en croissance pour s’établir à près de 23,5 milliards de F CFP, soit 2,7 % d’augmentation.

Concernant plus particulièrement la délivrance des permis de construire, qui traduit la bonne santé du secteur du bâtiment, la hausse amorcée en 2015 s’est poursuivie en 2016, confirmant une attente forte de construction de logements.1841 demandes de permis de construire en 2014, pour 2434 demandes en 2016, soit une augmentation de 32 % sur une période de 2 années.

Pour dynamiser encore le secteur de la construction, le Pays a proposé une loi du pays prolongeant la durée de validité des permis de construire de 3 ans à 5 ans. Cette loi du Pays a été examinée en janvier par la commission compétente de l’Assemblée et sera proposée à l’adoption en plénière prochainement.

Toujours concernant le secteur de la construction, et dans une perspective de préparer l’avenir, nous avons travaillé à l’élaboration d’une règlementation permettant la construction d’immeubles de grande hauteur qui sera soumise à votre assemblée à la fin du second trimestre.

De son côté, l’activité bancaire, elle, est restée atone alors que les avoirs des agents économiques sont au plus haut sur les 10 dernières années. Le niveau des avoirs ce concrétise par une collecte nette d’épargne qui s’élève à plus de 26 milliards en fin 2016, soit près de 50 milliards en 2 ans. Les banques sont pour l’instant les grandes absentes de l’effort de relance alors que les dépôts ont progressé de manière significative.

Enfin, le financement des entreprises, en repli constant depuis 2011, a rebondi notamment grâce aux crédits d’investissement, en croissance de 2,7 %.

D’un point de vue budgétaire, le payeur vient de nous indiquer que l’amélioration de l’indice des comptes locaux, qui mesure la bonne santé et la sincérité des comptes du Pays, est en constante progression depuis 2013, pour atteindre aujourd’hui 16,60 alors qu’il était de 13,68 au début de la mandature.

Pour finir sur les analyses institutionnelles, je rappelle qu’à la lecture de la publication de l’ISPF du mois de septembre 2016, notre tissu économique a pu générer plus de 4000 emplois entre octobre 2014 et Septembre 2016. A cette réalité, il faut tenir compte également de la croissance des créations d’entreprises. En février il y avait plus de 25.800 entreprises déclarées dans notre pays, soit une hausse de 4,5% par rapport à février 2016.

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Les effets produits par les diverses mesures mises en place par le Gouvernement en faveur de l’emploi et le soutien apporté aux entreprises sont désormais visibles.

Nous pouvons tous, collectivement, nous féliciter des résultats obtenus car c’est le fruit de notre travail commun.

La Polynésie va de mieux en mieux et ce sont les chiffres et les analyses des experts indépendants qui nous le confirment.

Les indicateurs économiques passent au vert les uns après les autres.

Beaucoup reste à faire, certes. Avec mon gouvernement nous redoublons d’effort dans tous les secteurs, pour permettre d’amplifier les résultats obtenus et passer dans une phase de création d’emplois en nombre. C’est l’objectif prioritaire que j’ai assigné à chaque Ministre.

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Alors, les esprits chagrins et critiques ne manqueront pas de tenter d’assombrir la situation, de rabattre nos oreilles en évoquant une situation de sinistrose économique imaginaire.

J’entends un discours stéréotypé selon lequel le gouvernement serait « incompétent ». C’est ce qui se dit notamment à longueur de soirée dans des meetings où l’on ne cesse de vendre du rêve. Le rêve du retour d’un pseudo Metua, plombé par les affaires judiciaires et en incapacité d’exercer ses droits civiques. « Le rêve peut masquer le cauchemar » avez-vous dit récemment Monsieur le Président de l’Assemblée.

Je m’étonne d’ailleurs que vous-même ayez cédé à la facilité de qualifier ce gouvernement d’incompétent. Ce genre de propos n’est pas tellement digne de votre fonction, ni de votre discrète personnalité ainsi que vous la qualifiez.

Je mettrai ce propos sous le coup de l’émotion après avoir appris que votre collègue Nuihau Laurey représenterait désormais l’Assemblée au sein du conseil d’administration de la Socredo et d’ATN.

Pour rafraîchir un peu les mémoires, je rappellerai simplement que quand j’avais souhaité en octobre 2014 que Messieurs Géros et Rohfritsch, tous deux élus alors de l’opposition, siègent au conseil d’administration d’ATN, je m’étais vu opposer le veto du grand conseil du Tahoeraa où l’on sait qui commande.

Vous êtes également sorti de votre réserve légendaire en parlant d’un « cabinet noir » au sein de la présidence pour finalement justifier vos propres déboires judiciaires.

Le temps des cabinets noirs, ou même des cabinets blancs à la présidence est révolu. C’est celui qui est à la source de vos problèmes judiciaires en vous imposant le recrutement de chargés de mission qui avait ce genre de pratique. Il était même allé jusqu’à recruter deux anciens agents du contre-espionnage français pour mener ses basses œuvres. Ce qui lui a d’ailleurs valu une de ses multiples condamnations.

Monsieur le Président, revenez-en à la dignité de votre fonction où vous avez fort à faire. Vous ferez œuvre utile en nous accompagnant dans le redressement de la Polynésie plutôt que dans l’œuvre de sabotage systématique entreprise au-dessus de vous.

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Revenons donc à des sujets qui intéressent l’ensemble des Polynésiens. Je veux le réaffirmer avec force : la reprise économique est bien réelle, elle se consolide et elle progresse jour après jour. L’économie est en phase de croissance et le Gouvernement ne ménagera pas ses efforts pour continuer à améliorer les conditions de vie des polynésiens.

C’est pourquoi, j’ai souhaité que les mesures de soutien économique aux entreprises soient renforcées et amplifiées :

Ainsi, au titre du soutien aux entreprises, les dispositifs d’aides à l’équipement des petites entreprises et à la création et revitalisation des commerces de proximité et des restaurants sont reconduits et les ressources seront augmentées.

L’expérience de ces derniers mois montre que ces mesures répondent parfaitement aux besoins de nos entrepreneurs. Depuis la mise en place de ces dispositifs en septembre dernier, ce sont 376 dossiers qui ont été déposés et qui représentent un niveau d’investissement global de près de 1,2 milliard de F CFP.

J’ai par ailleurs, souhaité que des adaptations de textes soient apportées pour venir en aide rapidement aux entreprises sinistrées. Il nous faut pouvoir disposer d’outils performants pour accompagner rapidement la réouverture des d’entreprises sinistrées après le passage d’évènements climatiques graves.

C’est une question majeure de maintien de l’emploi salarié, mais également de sauvegarde des activités du secteur de l’entreprenariat.

Je souhaite également reconduire les aides aux véhicules propres à destination des familles et des entreprises. Ce dispositif a permis le remplacement des véhicules vétustes et polluants.

Je rappelle que le gouvernement a également exonéré totalement des droits à l’importation sur les véhicules électriques ou hybrides, et réduit de moitié des droits et taxes sur les véhicules de petites cylindrées en fin d’année dernière.

Au plan du développement des entreprises, et compte tenu du franc succès rencontré lors de sa première édition, les 3 concours de création et de développement économique des entreprises seront reconduits cette année. Les thématiques retenues concernent le secteur de l’agro-durable, l’économie circulaire et le numérique.

Je veux saluer les 120 porteurs de projets qui se sont mobilisés l’année passée. Ils ont porté haut les couleurs de l’esprit d’entreprendre en Polynésie. La richesse des propositions et la qualité des programmes sont autant de preuves pour démontrer que la dynamique entrepreneuriale est bien présente dans la conscience collective polynésienne. Notre rôle au gouvernement est de l’accompagner et de la révéler.

Je souhaite qu’en 2017, les concurrents soient encore plus nombreux et animés d’un esprit de créativité débordant. J’ai une certitude : fort de l’expérience de 2016, le cru 2017 sera à coup sûr, un millésime exceptionnel tant sur la qualité des projets que sur la diversité des propositions.

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La volonté de résorber significativement le chômage et de favoriser le redressement économique a placé les politiques de l’emploi, de la formation professionnelle et du travail au rang des priorités.

Dans le cadre de cette politique publique, le Gouvernement a initié dès 2015 une réforme des mesures d’aides à l’emploi de type « contrat aidé », qui a conduit à la création de l’Aide au Contrat de Travail (ACT) et l’Aide au Contrat de Travail Professionnel (ACT PRO).

En contrepartie d’une embauche en contrat à durée indéterminée, l’employeur bénéficie d’une aide financière sur deux ans de 864.000 francs CFP pour une ACT et de 1.320.000 francs CFP pour une ACT PRO.

En novembre 2016, on constatait 300 contrats aidés en ACT et 18 en ACT PRO, auxquels il convient d’ajouter 370 aides au Contrat d’Emploi Durable (CED), basé également sur le versement d’aide en contrepartie d’une embauche en CDI.

Ainsi en 2016, ce sont près de 688 aides qui ont été octroyées par le Pays pour une embauche en contrat à durée indéterminée.

La réforme des mesures du même type se poursuit grâce à des modifications des dispositifs ACT et ACT PRO visant à ouvrir ces dispositifs, tant aux demandeurs d’emploi qu%9

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