Entre 2000 et 2015, les revenus ont progressé de 8% contre 20% pour l’inflation

Par la voix de son directeur, Fabien Breuilh, et du chef de mission, Jacques Benoit, l’Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF) a livré cet après-midi les premiers résultats de l’étude Budget des Familles 2015.

Beaucoup de chiffres, de pourcentages, exprimés en francs CFP, voire en milliards de Fcfp…sont contenus dans cette première livraison brute que les pouvoirs publics, sans parler des états majors politiques, ne manqueront pas d’analyser et de commenter le moment venu.

En attendant, après un an de collecte et autant pour la phase de traitement et de contrôle de données, les responsables n’étaient pas peu fiers de dévoiler le fruit de leurs investigations, non sans rappeler qu’une telle enquête n’avait plus était menée depuis l’an 2000.

La collecte des informations s’est faite à l’échelle de la Polynésie, dans vingt îles, auprès de 4000 logements tirés au sort dont 2600 dans l’archipel de la Société qui concentre le plus gros bassin de population. Ce qui représente un ménage sur vingt.

L’ISPF s’est fixé quatre objectifs. D’abord, estimer l’ensemble de la dépense monétaire des ménages, ensuite celle des ressources, puis évaluer l’autoconsommation et les échanges non marchands, pour au final, éclairer les politiques publiques.

Premier constat: par rapport à 2000, la dépense totale monétaire des ménages a progressé de plus de 50% pour atteindre 250 milliards de Fcfp en 2015. Une abondance qu’il convient de relativiser car si les revenus ont augmenté de 8% durant la période observée (200-2015), en revanche, l’inflation a quant à elle fait un bond de 20%. Ce qui a entraîné une perte du pouvoir d’achat de 12%, au détriment de l’épargne certainement.

Trois principaux postes de dépenses se dégagent: l’alimentation et boissons non alcoolisées qui, comme en 2000, engloutissent le plus gros volume d’argent (45,5 milliards de Fcfp), suivis des transports et du logement. La nouveauté, dans cette enquête, c’est que le transports occupent désormais la deuxième place pour une dépense globale de 39,9 milliards contre seulement 35,1 milliards pour le logement. L’explication est simple: d’un côté, la disparition des trucks a entraîné une raréfaction de l’offre de transport en commun, obligeant les ménages à s’équiper à grand frais; de l’autre, la baisse des loyers a soulage le porte-monnaie des particuliers.

La dépense mensuelle moyenne par ménage est de 289 000 Fcfp, étant entendu que nous parlons d’une famille de 4 individus, pour une ressource moyenne de 399 00 Fcfp par mois. L’ISPF compare la ressources aux dépenses en fonction de la composition du ménage, étant entendu qu’une personne seule ne consommera pas de la même manière qu’un couple sans enfants ou bien avec trois enfants. L’Institut également pris en compte ce qu’il appelle le “ménage complexe” marquée par une forte cohabitation. C’est là visiblement où l’on retrouve la plus grande précarité, tant au niveau des moyens disponibles que de la dépense.

Entre 2000 et 2015, la répartition des revenus est devenue plus inégalitaire, surtout jusqu’en 2009. Et l’ISPF d’en conclure, ce que l’on savait déjà, à savoir que 20% de la population vit sous le seuil de pauvreté relative monétaire. Ces ménages sont composées en moyenne de six individus avec pour seuls revenus la bagatelle de 160 000 Fcfp. Plus de la moitié de leurs ressources (53%) sont englouties dans l’alimentation et le logement contre seulement 24% pour un ménage cumulant 720 000 Fcfp de revenus mensuels.

Enfin, petit regard dans les archipels où il ressort que le revenu médian atteint 282 000 Fcfp par ménage, les Paumotu arrivant en tête avec 319 000 Fcfp contre 236 000 Fcfp aux Australes. Et parmi les satisfactions, constatons que les “gens des îles” disposaient en 2015 de ressources supérieures à 2000, ce qui n’est pas le cas pour les ménages de la zone urbaine de Tahiti, des IDV et ISLV.

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