Essais nucléaires: « Il y a des Polynésiens qui en ont bien profité… »

Dans une nouvelle tribune libre que nous reproduisons ci-dessous, le chef de file des retraités regroupés au sein du Sdiraf, Emile Vernier, revient sur la visite de François Hollande en Polynésie française et ses annonces concernant le dossier nucléaire. Et d’en conclure: « Il y a des Polynésiens qui ont bien profité… » des retombées financières du CEA-CEP trente années durant.

La venue de Monsieur le Président de la République en Polynésie française, très courte, peut malgré tout faire évoluer dans un bon sens les problèmes de notre société.

François Hollande a reconnu que les essais ont eu des conséquences sur la vie des Polynésiens. Il n’a pas demandé pardon, je pense qu’il a eu raison. Même si nous n’avions pas le choix en laissant nos deux atolls de Moururoa et Fangataufa pour faire les essais atomiques, la métropole a déversé des milliards et des milliards pendant la durée des essais. Il y a des Polynésiens qui en ont bien profité.

Parmi les changements de société qu’il a évoqués, il y a aussi les maladies induites par l’atome, mais aussi les maladies liées à la sédentarité des populations, au mode de consommation, à la pollution en général.

Et nous nous retrouvons avec des problèmes de protection sociale. Les solutions existent, les solutions sont connues, mais les autorités quelles qu’elles soient ont une frousse bleue de les adopter. Une solution parmi la plus aisée est de réformer les conditions de départ à la retraite. Ce n’est pas la meilleure. La solution  qui permettrait de sauver nos retraites, serait la création d’emplois. On sait que pour équilibrer les régimes actuels, il faudrait environ 30 000 emplois nouveaux, autour de 200 000 F par mois. Le code du travail actuel qui date de la période des vaches grasses, du temps des milliards métropolitains, ne peut pas répondre aux besoins importants actuels. Il empêche les employeurs d’embaucher, ce qui ne pose pas de problème en cas d’activité. Le problème, c’est quand il n’y a plus d’activité : comment « licencier » les personnes embauchées pour répondre à cette activité ? Le gouvernement devrait donc adapter le code du travail à la situation actuelle, avec notamment plus de flexibilité, voire en revoyant le SMIG.

Un autre problème à résoudre : le coût de la vie en Polynésie française. L’annonce par le Président de la République à Wallis, de faire bénéficier la collectivité de la peréquation prévue par la loi pour garantir le même prix à Wallis et Futuna qu’en France pour l’électricité d’ici 2020 est étonnante. Pourquoi l’accorder à Wallis et Futuna et pas à la Polynésie française ? Ici, combien coûte la vie par rapport à la France ? 20, 30, 40% voire plus qu’en France. Cette annonce nous confirme que l’Etat a des moyens pour améliorer les conditions de vie des ultras marins. Le SDIRAF demande à l’Etat et à la Polynésie française de travailler ensemble sur ce sujet et de prévoir les mesures nécessaires pour diminuer le coût de la vie en Polynésie française. Voilà qui aiderait en cas de succès (il suffit d’en avoir la volonté politique), toutes les familles polynésiennes.

Il est évident que la CPS a supporté quelques milliards en remboursement de frais de maladies induites par les essais atomiques et l’exposition des travailleurs ou des populations aux rayons ionisants. Mais tous les cancers ne sont peut-être pas les conséquences des essais. Par contre, nous avons un super hôpital, à la pointe pour soigner les populations. Le fonctionnement de cet hôpital nous coûte la peau des fesses. Pourquoi pourtant mettre autant de temps pour mettre en place le SWAC et faire des centaines de millions d’économie par an ? Pourquoi aussi est-ce à la CPS de financer la Dotation Globale de Fonctionnement, à hauteur de 15 milliards Fcfp chaque année ? Si l’Etat et le Territoire pouvaient se mettre d’accord pour financer cette dépense importante, qui concerne pour une bonne partie les salaires de fonctionnaires territoriaux, voilà une grosse économie qui permettrait de renflouer les caisses vides de la CPS.

Les profonds changements de la société polynésienne, passée en quelques années d’une sorte de Moyen âge à une société moderne, à cause des essais atomiques, devrait pousser l’Etat à prendre en compte ces difficultés qui n’ont jamais été accepté par les populations.

Ces points ont fait l’objet de nos demandes à M. Yahiel, qui s’est déplacé avec le Président et qui s’occupe des problèmes sociaux à Paris.

Si on veut que la Polynésie française aille de l’avant, il faut et il suffit que la volonté politique soit là et que les paroles soient suivies d’actes.

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