Le 27 janvier 1996, la France mettait définitivement un terme à sa campagne d’expérimentations nucléaires en Polynésie. Trente années plus tard et 193 tirs comptabilisées à Moruroa et Fangataufa, les responsables de la Santé ne peuvent que constater la recrudescence d’un certain nombre de maladies parmi lesquelles divers cancers, sans parler des risques géologiques inhérents à ces essais.Pour Oscar Temaru, le leader indépendantiste, il s’agit là d’une décision « historique ». « C’est un crime contre l’humanité parce que les essais nucléaires français nous ont été imposés, il y a eu des morts, et il y aura encore les générations futures qui vont souffrir de ces essais nucléaires » a t-il expliqué devant les journalistes.

Même point de vue de la part du président de l’Eglise protestante Maohi, principale confession religieuse, pour qui, « ce n’est pas une histoire passée, c’est une histoire qui va durer des milliers d’années ».

Alors que la nouvelle majorité au pouvoir s’emploie à rétablir des relations de confiance, apaisées, avec le gouvernement central afin de sortir d’une longue crise à la fois politique et économique, nul doute que cette décision de l’Eglise protestante n’est pas faite pour calmer les esprits et enfin tourner la page.