Festival Polynesia : une préparation sur les chapeaux de roue

Le festival Polynésia débute le 12 septembre avec une première soirée, et se termine le samedi 17 septembre. A quelques jours de l’ouverture des festivités, retour sur la préparation de cet événement … 

Préparer un festival n’est pas une tâché aisée. De la naissance du projet à son organisation, jusqu’à la décoration de l’événement, il y a mille et une choses auxquelles il faut penser, repenser, puis mettre en place. Le festival Polynesia, qui se déroulera du 12 au 17 septembre, est né d’une idée originale de l’actuel ministre de la culture, Heremoana Maamaatuaiahutapu. A l’époque, il est directeur de la Maison de la Culture. Parmi ses nombreuses idées pour défendre et promouvoir la culture locale : un festival du triangle polynésien. Mais pris par le temps, il ne pourra pas concrétiser ce projet. L’homme de culture laissera finalement son « bébé » dormir dans le  carton « idée de projets ». C’est son successeur, Hinatea Ahnne, qui va décider de ressortir des cartons ce projet inachevé. « Ce festival est important. Malgré nos moyens de communication modernes, nous n’arrivons pas à communiquer avec nos cousins polynésiens. Nos ancêtres le faisaient mieux que nous ! Nous avons perdu cet échange », explique la directrice de TFTN.

Réunir la famille

Il semblait donc primordial de renouer ce lien entre les Polynésiens, car si le peuple de ce triangle a connu un éclatement physique, il existe néanmoins un socle commun. « Aujourd’hui, il faut transmettre notre culture, notre richesse commune. C’est le but de ce festival : réunir la famille polynésienne, montrer son unité et ses différences », confie Hinatea Ahnne. Et, pour que la génération d’aujourd’hui puisse se réapproprier le savoir de nos anciens, savoirs qui fondent cette richesse polynésienne, le festival propose un programme riche en activités : ateliers, conférences, master class, démonstrations… Des activités destinées au public mais aussi aux artistes polynésiens qui pourront par ailleurs exposer leurs œuvres au village. Et là encore, le festival innove. Les stands du village ne seront pas organisés par délégation mais par type d’art. « Notre objectif est de mélanger les artistes polynésiens et ainsi de recréer le lien qui a plus ou moins disparu ». Mais pour arriver à un tel objectif et une telle organisation, le travail en amont est titanesque. La préparation du festival a duré un an. Une préparation de longue haleine, pour laquelle la patience est de mise.

Une organisation complexe

La Maison de la Culture a fait appel à un coordinateur pour travailler avec son équipe : Billy Vaitoare. En plus de la conception des activités du festival, l’homme a été en charge de contacter les artistes des trois délégations : Nouvelle-Zélande, Hawaii, Île de Pâques. Une tâche complexe. «Malgré internet, cela a été difficile à cause des distances géographiques, de la langue, et de la disponibilité des personnes, explique Billy Vaitoare, Il est difficile d’avoir une unité au sein d’une même délégation. » Et pour cause : si les artistes habitent le même pays, ils sont souvent dispersés dans les îles et parfois ne se connaissent pas. Malgré tout, les délégations, qui ont contribué financièrement à leur participation, ont joué le jeu et se sont très bien débrouillées. Chacune d’entre elles est arrivée à réunir entre 15 et 30 artistes. « Chaque délégation a dû fournir un gros travail pour rassembler tout le monde, confie le coordinateur de Polynesia, Comme nous avons misé sur la qualité plutôt que la quantité, c’était plus difficile de trouver des artistes reconnus et disponibles pour cette période ! ». Mais les trois délégations ont fourni l’effort nécessaire pour y arriver. « Tout le monde a répondu présent. Le concept du festival a plu, car il ne s’agit pas seulement d’un festival spectacle mais d’un événement avec une visée plus profonde, pertinente, et novatrice », admet Billy Vaitoare, qui comme TFTN, souhaiterait que le festival se pérennise. L’idée serait de l’organiser tous les trois ans, et pour la deuxième édition, il s’agirait d’inviter également des pays comme les Samoa, ou les îles Cook…

Une décoration végétale

L’hébergement, les repas, les déplacements, le programme sur site et ailleurs ont demandé des trésors d’organisation, jusque dans le détail. Car pour accueillir les délégations comme il se doit, la Maison de la Culture a aussi misé sur la décoration. Un point important dont Elma Manate est en charge. Une dizaine de jours avant le début des festivités, les équipes sont déjà au pied levé sur le lieu du festival, la Maison de la Culture. Nettoyer, ranger, préparer… Mais aussi et surtout, aller chercher les quelques 300 ni’au qui vont décorer les stands, les chapiteaux, les couloirs de TFTN, la tribune, ou encore To’ata. Sans compter les bambous et les palmiers, mais aussi les fleurs comme les oiseaux du paradis. Une végétation que les équipes de TFTN doivent aller chercher dans les vallées de notre fenua. « C’est un gros travail, admet Elma Manate, car nous ne sommes pas en saison des verdures, il faut faire du porte à porte, demander à tout le monde ». Elma a tenu également à ce que la végétation disposée pour cet événement soit représentative de notre Polynésie. « J’essaye aussi d’aller chercher du bois mort et des cocos. C’est important de montrer tout cela à nos cousins ». Car, finalement, l’échange de nos cultures se fait et commence, aussi, par le visuel…

Suliane Favennec

 

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