Fiches « S » à Nuutania: « Ne créons pas de psychose… » prévient le haut-commissaire

A la suite de l’attentat de Nice, le 14 juillet dernier, le haut-commissaire de la République, René Bidal, a rendu visite aux forces de sécurité de l’aéroport de Faa’a. A cette occasion, il a indiqué qu’il n’y avait pas, sur le territoire de la Polynésie française, de personne faisant l’objet d’une fiche « S » pour un comportement indiquant un processus de radicalisation.

Depuis, des signalements faibles qui ont été portés à sa connaissance par l’administration pénitentiaire ont été caractérisés, courant août, par des attitudes et propos plus explicites s’agissant des références à un islam politique. Cette évolution négative a motivé des fiches « S » pour trois détenus de Nuutania. Ce sont les seules fiches « S » pour ce motif qui existent en Polynésie française.

Dans ce contexte, pour les services de sécurité, la fiche « S » induit un rôle d’alerte et de suivi pour les personnes concernées. En l’occurrence, puisqu’il s’agit de détenus, c’est à l’administration pénitentiaire de choisir les voies et moyens les mieux adaptés à la vie carcérale et à leurs comportements.

Ces trois fiches « S » correspondent avant tout à des mesures de prévention. Ne créons pas de psychose non justifiée dans un territoire qui est épargné. La fiche « S » aura pour objectif, lorsque ces trois détenus seront libérés, de mobiliser les services de sécurité pour assurer un suivi afin d’éviter toute dérive extrémiste.

Pour le reste, le haut-commissaire estime ne pas avoir à commenter les débats d’un prétoire à une audience correctionnelle, ni, d’ailleurs, les faits judiciaires qui les justifient. Et de considérer que la situation polynésienne, sur ce sujet de radicalisation, est particulièrement préservée et rien ne justifie la prise de mesures particulières qui mobiliseraient au-delà de ce qui est déjà prévu dans le cadre de Vigipirate renforcé.

Pour rappel: La fiche S est une des nombreuses catégories du fichier des personnes recherchées (FPR). Chaque catégorie possède une nomenclature qui s’exprime par une lettre : « M » pour les mineurs en fugue, « V » pour les évadés…Cette fiche contient l’état civil, le signalement, la photographie, les motifs de recherche, la conduite à tenir en cas de découverte et quelques autres détails. On peut donc être fiché dans le FPR pour de nombreuses raisons : judiciaires, administratives, fiscales, mais aussi « d’ordre public », dont la fiche « S » pour sûreté de l’Etat. Les fiches « S » n’entraînent aucune action automatique de coercition à l’encontre d’une personne mais elles mobilisent les forces de sécurité dans le suivi de la personne fichée dans les limites fixées par la loi.

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