Fonction publique communale: les esprits s’échauffent en face du haut-commissariat

Plusieurs centaines d’employés communaux, à l’appel de la Cosac, ont occupé ce matin une bonne partie de l’avenue Pouvana’a O’opa, face au bâtiment du haut-commissariat, pour réclamer des aménagements aux dispositions prévues par le nouveau statut de la Fonction publique communale. La tension était vive parmi les manifestants.

 

Les autorités de l’Etat comme du Pays ne s’attendaient certainement pas à voir autant de monde assister ce matin, avenue Pouvana’a Oopa, à la journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc ! Mais les 300 à 400 personnes présentes ce jour-là n’étaient pas venus commémorer ces malheureux événements survenus dans les années 60 en Afrique du nord, mais plutôt pour manifester leur hostilité à la mise en place du nouveau statut de la Fonction publique communale.

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Voilà quelques jours en effet que la Cosac, en tant qu’organisation dite représentative, soutenue par toutes les grandes centrales syndicales, fait monter la pression, multipliant les menaces de surcroît, pour obtenir de l’Etat l’annulation de certaines dispositions jugées pénalisantes pour nombre de ses adhérents en fin de carrière. D’où l’annonce d’un préavis de grève effectif depuis mardi, à minuit.

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Mais face au refus du haut-commissaire de la République en Polynésie française, Lionel Beffre, de vouloir s’impliquer dans le dossier – période de réserve oblige en cette veille de scrutin – les contestataires ont investi, tôt ce matin, l’artère principale du centre-ville de Papeete au point de bloquer complètement la circulation. Sans savoir, probablement, qu’une cérémonie officielle devait avoir lieu au même moment…

Toujours est-il que cette occupation illégale de la voie publique a nécessité l’intervention rapide des forces de l’ordre, à commencer par les fonctionnaires de la DSP voisine qui, pour la circonstance, avaient revêtu leur « tenue de combat ».

Après une brève échauffourée, provoquée par un individu plus excité que les autres, la tension est retombée d’un cran grâce à la médiation du président du CESC, Angélo Frébault. C’est ainsi que moyennant l’assurance qu’une délégation soit reçue par le représentant de l’Etat, la cérémonie officielle a pu se dérouler normalement. Ou presque… si l’on en juge par les sifflets et autres réflexions à voix haute entendus tout au long de l’hommage.

 

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Selon nos informations, à 10h30, la rencontre entre le haut-commissaire et les syndicalistes n’avait toujours pas eu lieu, Angélo Frébault préférant être accompagné du secrétaire général de la CSTP-FO en personne, Patrick Galenon. Sans préjuger de ce qui ressortira des discussions, il n’empêche que l’on s’interroge du côté de l’Etat sur les motivations réelles des manifestants, et notamment de la Cosac. Et de s’interroger: pourquoi déclencher un tel mouvement à trois jours du premier tour des Municipales ? Pourquoi ne pas avoir attendu le 2 avril, comme s’y était engagé Lionel Beffre pour aborder ce dossier en toute tranquillité, plutôt que d’aller défier les forces de l’ordre au risque de dérapages incontrôlés ?

 

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