Gaston Flosse à la tête du Tahoeraa: « La succession n’est pas ouverte… »

Dans une longue lettre ouverte publiée sur le site internet du Tahoeraa huiraatira, le président du mouvement, Gaston Flosse, adresse quelques messages assez clairs aux Polynésiens et notamment, à l’actuel chef de l’exécutif local, son fils spirituel, Edouard Fritch, à savoir que « la succession n’est pas ouverte ». Mais surtout, il relance l’idée d’une évolution statutaire pour faire de la Polynésie « un pays associé » à la France. En voici quelques extraits…

 

(…) Le procureur m’accuse d’avoir volé de la vaisselle que j’ai payée. Trouvez-vous normal qu’on perquisitionne chez moi, à Erima, et à l’assemblée, pour emporter la vaisselle et la remettre à Edouard Fritch sans qu’on me demande de justifier auparavant si j’en suis le propriétaire ? Je n’ai été convoqué que le lendemain de la saisie ! C’est le monde à l’envers. C’est pourtant ce qui s’est passé.
Cependant, je suis certain d’une chose aujourd’hui, tout ceci est politique. Bien qu’écarté de la présidence, l’acharnement judiciaire se poursuit contre moi.

(…) Aujourd’hui on m’accuse de vouloir lui mettre des bâtons dans les roues, mais on se méprend sur ce qui se passe.
L’unité de la majorité est essentielle. En tant que président de notre mouvement, je suis le garant de cette unité, mais je suis aussi le garant de nos engagements devant la population.

2015 sera une année difficile

(…) Lorsque la majorité dépose des amendements sur le CAE on m’accuse de vouloir déstabiliser Edouard, alors que je ne fais que demander le respect de nos engagements, et que je défends la population qui souffre et qui galère. Aujourd’hui les grèves surgissent, les patrons sont inquiets et clament leur fiu, la situation va mal, on a perdu trop de temps. Je m’inquiète pour l’année prochaine, 2015 sera une année très difficile.
On me dit, prend de la hauteur, mais n’est-ce pas ce que je fais ? à moins que prendre de la hauteur, ce soit laisser dire et laisser faire sans réagir ? Ne comptez pas sur moi pour ça. Je ne serais pas le spectateur d’un échec du Tahoera’a. Tant que j’aurais la vie, je me battrais pour ma population et pour mon pays.

(…) Le 14 septembre 1984, il y a trente ans, je rappelais l’état d’esprit de l’autonomie que nous venions de conquérir et je disais alors ceci :  » Que renaisse ainsi la dignité de notre peuple, peuple jamais asservi mais toujours désireux de perpétuer librement son association avec le peuple français au sein de la nation française. « 
Notre relation avec la France se fonde sur notre volonté libre, et chaque évolution statutaire est une manière de renouveler cette libre association avec la France.
C’est pourquoi je disais en ouverture du colloque sur les 30 ans de l’Autonomie le 27 juin 2014 :  » Au-delà des indispensables corrections à apporter au statut, nous pourrons certainement aller plus loin dans l’autonomie en fonction de notre capacité à nous prendre en charge. Faut-il parler de lien fédéral, de pays associé – j’ai bien dit de  » pays  » et non pas d’Etat – ? Ce pas, celui de pays associé, associé à la France bien sur, sera à mon avis, le futur statut de notre Tahiti Nui « .

Report du congrès de février

(…) un mot sur notre congrès. Il est prévu en février prochain, mais il n’est pas exclu que nous le reportions. Je le dis tout de suite, la succession n’est pas ouverte. Je serais candidat à la présidence de notre mouvement, car je compte bien assurer la victoire de notre parti aux prochaines élections, sans compromissions avec l’opposition. Les législatives et les présidentielles sont prévues en 2017 et les territoriales en 2018.

Je suis presque chaque nuit sur le terrain et je ne vous cache pas que je suis inquiet des retours de la population et de nos militants. La tâche qui nous attend est considérable et notre retour au pouvoir n’est pas garanti si nous ne parvenons pas à faire redémarrer la machine économique afin de créer les emplois attendus. Je veux encore croire que notre gouvernement est à la hauteur, je fais confiance à Edouard, mais il doit presser le pas. Les 100 premiers jours se sont écoulés, attendons le bilan effectif de sa gouvernance.

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