Gaston Flosse milite pour sa proposition de loi constitutionnelle portant statut de Pays associé

Le président du Tahoeraa huiraatira, Gaston Flosse, a présenté officiellement, ce matin à la presse, sa proposition de loi constitutionnelle portant statut de Pays associé à la République française.

Entouré de quelques représentants du groupe orange à l’assemblée de la Polynésie et du député, Jonas Tahuaitu, le « vieux lion » s’est prêté deux heures durant à un exercice pédagogique qu’il affectionne particulièrement.

Après l’avoir soumis aux principales instances diirgeantes du parti dont le grand conseil, pas plus tard qu’hier soir, le projet de texte a donc été présenté aux médias. « En toute transparence », martèle Gaston Flosse, précisant que des exemplaires allaient être adressés aux plus hautes autorités de l’Etat comme du Pays.

Au moyen d’un « power point », le chef de file du Tahoeraa a commencé par expliquer l’intérêt d’un nouveau statut, trente-deux ans après (1984) l’avènement de l’autonomie interne qu’il a pourtant défendue bec et ongles. Mais sa conviction d’aller plus loin dans l’évolution institutionnelle, ne date pas d’hier. En effet, en 2010 puis en 2014, pour le trentième anniversaire du statut, il avait lancé l’idée. Et de fixer les limites à ne pas dépasser: « Quelle que soit la forme du statut, ne coupez pas le cordon qui nous relie à la France », avait-il déclaré à l’époque.

D’emblée, Gaston Flosse réfute toute comparaison avec le statut des Cook qui ont accédé à leur souveraineté en 1965. A la différence des Polynésiens qui conserveront la nationalité française, un passeport européen et participeront aux élections nationales. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que Tahiti Nui – Polynésie française – nouvelle appellation consacrée par ce statut – occupera « une place à part tenant compte de l’identité de son peuple, de ses intérêts propres, de ses particularités géographiques et de son histoire ».

Dans ce nouveau lien que le président Flosse entend tisser avec la France, la notion de partenariat prend ici tout son sens. Et d’ajouter plus loin: « Cette forme est nouvelle. Elle consacre le principe que la Polynésie française soit consultée et surtout donne son accord sur les décisions qui la concernent. Il n’appartiendra plus au parlement français , ni au gouvernement de la République, de décider seuls dés lors qu’on met en cause ses institutions, leur organisation, ses intérêts propres, ses choix ». Exemple parmi d’autres, pourquoi serait-ce au parlement de déterminer le nombre de ministres polynésiens ?

Dans l’esprit de son concepteur enfin, le statut de Pays associé à la République ne relèvera plus de la Constitution (article 74) mais plutôt d’une loi constitutionnelle, spécifique, votée par le Parlement réuni en congrès. Rien que ça! Cette nouvelle organisation aurait alors pour fondements: un président élu au suffrage universel, un gouvernement « libre et démocratique », une assemblée « législative », d’autres institutions pourraient même voir le jour alors que l’existence du CESC est fortement remise en cause. Quant à l’Etat, il conserverait ses compétences régaliennes (défense, police, justice, trésor, politique étrangère etc). A quelques nuances près cependant…C’est ainsi qu’en page 6  du questionnaire, on apprend que « nous pourrons accéder à l’euro sans dépendre des décisions de Paris et des autres collectivités françaises du Pacifique » alors même que la monnaie n’est pas du ressort de la collectivité.

Télécharger l'article en PDF

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En naviguant sur notre site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir +

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

Close