Gestion de la SEM Tahiti Nui Rava’ai: il est temps de mettre fin à la gabegie…

A l’issue de la dernière séance plénière à l’assemblée de laPolynésie française, retrouvez l’intervention intégrale du représentant Tapura Huiraatira à l’assemblée, John Toromona, concernant la gestion de la SEM Tahiti Nui Rava’ai entre 2007 et 2014.

Monsieur le Président de la Polynésie française,

Monsieur le Vice-Président – Sénateur,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mes chers collègues,

Ia Ora

On ne va pas refaire l’histoire. Ce dernier rapport de la CTC sur la gestion de la SEM Tahiti Nui Rava’ai entre 2007 et 2014 ne fait que confirmer ce qu’avait déjà observé la Chambre en 2007 : Il faut cesser l’activité de cette société qui est un échec total au regard des objectifs affichés, et un véritable gouffre financier pour le Pays qui la finance à hauteur de 85%.

Une quarantaine de thoniers commandés en Chine dont la plupart ne prendront jamais la mer, la création d’une filiale de TNR, la SAS Avaia qui s’avèrera être une nouvelle source de déficit, et le Pays, qui pendant ce temps, continue de subventionner à coup de 200 à 300 millions par an un navire qui prend l’eau !

Il est inutile à mon sens de polémiquer sur cette affaire car je crois que nous sommes tous responsables de cette situation. Créée en 2000, cette société a en effet vu défiler les gouvernements de tous bords et il me semble qu’aujourd’hui, il ne faut pas regarder le passé – si ce n’est pour en tirer des leçons – mais se tourner vers l’avenir.

C’est pourquoi je ne serai pas très long et ne commenterai pas davantage ce rapport de la CTC. Mais j’ai quelques questions à vous poser monsieur le ministre, car même si vous venez tout juste de récupérer ce portefeuille, je sais que vous connaissez bien ce domaine pour en avoir déjà eu la charge.

Alors certes, il est grand temps de mettre fin à cette gabegie comme le recommande la Chambre qui souligne, dans son rapport, que « le montant total du financement du fonctionnement de la structure TNR et de sa filiale Avaia est d’environ 9 milliards de Fcfp, soit presque le double du coût d’achat de la flottille ».

Des chiffres à vous donner le tournis…d’autant que ces sociétés ne dégagent aucun bénéfice depuis des années et qu’il est aberrant que le Pays continue à les subventionner en pure perte !

Surtout que ce qui avait conduit à la création de la SAS Avaia, autrement dit le fait de perdre la défiscalisation, n’existe plus aujourd’hui puisque le dernier bateau est sorti de cette procédure le 31 mars dernier. Même chose pour TNR dont l’existence n’était justifiée que pour porter juridiquement et financièrement cette défiscalisation.

Donc, on sait aussi que la liquidation de la SEM TNR et de la SAS Ava’ia va laisser apparaître un coût total démesuré pour les finances du Pays. Comment comptez-vous faire, monsieur le ministre, pour faire cesser l’activité des ces sociétés sans grever un peu plus notre budget déjà serré ?

Et que va devenir le personnel ? Savez-vous déjà s’il y aura des licenciements ? Que deviennent les 26 navires loués par des armateurs privés et les 16 autres bateaux qui sont donc aujourd’hui sortis du régime de défiscalisation ? Ont-ils ou seront-ils tous vendus ?

Et enfin, d’un ordre plus général, et même si j’ai bien conscience, encore une fois, que vous n’avez pris vos fonctions ministérielles que très récemment, pouvez-vous nous dire quelle politique vous entendez mener en matière de pêche hauturière ?

Nous le disons souvent : nous avons une ZEE (zone économique exclusive) de 5,5 millions de km2 aussi importante que celle de l’Europe ! Alors comment optimiser au mieux cette superficie et son potentiel ? Avez-vous déjà quelques pistes ?

Merci de vos réponses Faaterehau !

 

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