Hollande reprend du poil de la bête politique

Figure toujours active de la vie politique française, François Hollande a égratigné vendredi Emmanuel Macron et son « accumulation de réformes » qui ne saurait, à ses yeux, constituer une « conviction ».

En visite à Cherbourg (Manche), fief de son ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, l’ancien chef de l’Etat a défendu son bilan et prôné un réveil de « la social-démocratie socialiste », voie médiane entre populisme et libéralisme.

Dans un discours en prélude à une séance de dédicace de son livre de souvenirs « Les leçons du pouvoir » (Editions Stock), celui qui avait nommé Emmanuel Macron conseiller à l’Elysée avant de le voir déployer ses ailes à ses dépens s’est adressé, sans jamais le nommer, à son ancien protégé.

« On ne peut pas simplement être dans la gestion ou dans l’accumulation de réformes soi-disant indispensables. Une réforme n’est pas une conviction », a dit François Hollande à l’adresse à son successeur, qui vit une rentrée politique difficile.

« Ce qui doit animer le président c’est une vision de l’avenir de son pays, une stratégie – qui va durer d’ailleurs bien au-delà du temps de son mandat – pour que s’inscrivent des changements, pour que se portent des avancées et des progrès. »

Prônant « l’engagement », le « désintérêt », « l’abnégation » et le « sens du collectif », François Hollande a mis en garde contre « l’individualisme, le cynisme (et) le narcissisme, une terrible maladie dont personne ne peut être sûr qu’il ne peut en être victime un jour : la force des médias peut créer aussi cette illusion, pour un temps. »

« Jamais en retraite de la France »

Défendant son bilan en terme de croissance et d’emploi, François Hollande est revenu à l’actualité en évoquant les retraités « montrés du doigts » et les hésitations de l’Elysée quant à la mise en place du prélèvement de l’impôt à la source, un héritage du précédant quinquennat.

« Cette réforme, elle était prête », a dit François Hollande.

Il a aussi salué le travail réalisé en amont de l’Accord sur le Climat trouvé à Paris en décembre 2015 du ministre de la Transition écologique aujourd’hui démissionnaire, Nicolas Hulot.

Dans une autre phrase à lire entre les lignes, l’ex-président a dénoncé le « libéralisme » et fustigé « l’arrogance des puissants, la célébration de l’argent, l’ignorance des territoires et des élus, la mise en cause des services publics et des fonctionnaires, la diminution des droits sociaux au nom du travail ».

François Hollande a aussi évoqué la réforme constitutionnelle voulue par l’actuel exécutif en prônant une réflexion sur le rôle du Premier ministre et en défendant le rôle de « contre-pouvoir » du Parlement.

Détaché du Parti socialiste, dont le premier secrétaire Olivier Faure lui a rendu hommage samedi dans son discours de rentrée, celui qui a dirigé la France de 2012 à 2017 a réaffirmé son ancrage, à sa place particulière.

« J’entends parler de retour (mais) je ne suis jamais parti de la vie politique », a-t-il rappelé. « L’avenir de mon pays et la vie des Français sont des préoccupations légitimes de tout ancien président de la République ou de tout responsable qui a exercé des fonctions dans l’Etat ».

« On ne se met jamais en retraite de la France », a-t-il insisté, laissant ouvertes toutes les hypothèses quant à son rôle futur dans le paysage politique.

Source: Yahoo actualités

Télécharger l'article en PDF

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En naviguant sur notre site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir +

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

Close