Hommage à Maadi Gobrait, égérie du monde combattant polynésien

Samedi 5 mars 2016, en cette année commémorant les 70 ans du retour de nos Tamarii volontaires au Fenua, Philippe Leydet, directeur de l’office national des anciens combattants de Polynésie française, s’est recueilli sur la tombe de Maadi Gobray, lors d’une cérémonie toute à la fois simple et émouvante.

Après avoir déposé une gerbe au nom de l’ONACVG, de l’amicale du Bataillon du Pacifique et de la Fondation de la France Libre, il observa une minute de silence suivit d’une vibrante Marseillaise reprise par les membres de la section FNAME des Yvelines qui par la présence de leur drapeau permirent de donner plus de solennité à ce moment de recueillement.

Maadi, véritable égérie du monde combattant Polynésien, Hina des Tamarii volontaires, repose au cimetière de Bagneux (92), dans le carré réservé à des F.F.L., morts au champ d’honneur au Levant, puis rapatriés en France.

Sous-lieutenant infirmière du bataillon du pacifique, Maadi dès l’Appel du l8 Juin 1940 du général de Gaulle, entre en contact au Fenua avec ceux de ses compatriotes qui désiraient maintenir les possessions françaises du Pacifique dans la guerre.

Lors du ralliement de la garnison de Papeete, elle est de ceux et de celles qui signent un télégramme adressé au général de Gaulle proposant de constituer une unité qui viendrait se battre au Moyen-Orient : le fameux bataillon du Pacifique qu’elle suivra du Levant, en Afrique du Nord, puis en Italie et enfin en France.

En octobre 1945, à la tête d’une délégation, elle attire l’attention du chef du gouvernement sur le regroupement des blessés du bataillon et leur souhait de revoir le général de Gaulle avant d’embarquer pour le Pacifique. Une prise d’armes fut organisée dans la cour de la caserne La Tour Maubourg, les survivants du glorieux bataillon défilant fièrement une dernière fois devant celui qui est demeuré pour eux « le grand Charles ».

Revenue à Papeete, Maadi reprit son métier d’infirmière à l’hôpital de Papeete, tout en s’occupant pendant son temps libre des mères et des veuves de ses camarades du bataillon. C’est grâce à elle, à sa volonté d’aboutir, que les problèmes de pension les plus ardus et les plus compliqués furent résolus au mieux. Ses derniers camarades de combat survivants et leurs veuves lui en gardent d’ailleurs toujours une très grande reconnaissance.

À Papeete, la maison de Maadi était celle de tous les Français Libres qui passaient à Tahiti.

Elle fut celle du Général et de Mme de Gaulle lors du voyage dans le Pacifique en 1956. Ce voyage avait été organisé d’ailleurs sur la suggestion de Maadi, afin de permettre au chef des Français Libres de venir remercier les volontaires les plus lointains de la France Libre.

Maadi, se dépensant sans compter, fut de toutes les manifestations gaullistes et de tous les référendums.

Dans les années 1960, sa santé donnant déjà des signes d’inquiétude, elle fut hospitalisée au Val-de-Grâce, où Mme de Gaulle vint la voir à plusieurs reprises. La mort du général de Gaulle en 1970 l’affecta comme celle d’un père. Jamais sa fidélité au gaullisme ne faiblit. Quant à sa générosité, elle était légendaire.

A l’approche de la mort, elle demanda à mourir dans le même lit que Mme de Gaulle et à être enterrée en France, dans un cimetière militaire, aux côtés de ses camarades Français Libres. Son vœu fut exaucé.

Jusqu’au terme de sa vie, Maadi Gobray resta fidèle à la France, à la croix de Lorraine, sous le signe de laquelle elle avait combattu avec ses camarades du Pacifique pour la libérer, donnant ainsi au monde un admirable exemple de solidarité humaine de tous les Français qu’ils soient de Polynésie ou d’ailleurs.

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Une pensée sur “Hommage à Maadi Gobrait, égérie du monde combattant polynésien

  • 9 mars 2016 à 4 h 06 min
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    Dédicace des livres Tamari’i volontaires – Les Tahitiens dans la seconde guerre mondiale ce samedi 12 mars à la Librairie Archipels, pont de l'est

    Par Jean-Christophe Shigetomi et Jena-Louis Saquet

    La mémoire et le parcours de Maadi Gobrait y est détaillé dans cette réédition en deux volumes du livre « Tamari’i volontaires » retrace avec beaucoup de précision les destins individuels de tous ces combattants Tahitiens dont les sacrifices étaient voués à l’oubli. Avec des centaines de photos inédites et complété par les illustrations exceptionnelles de Jean-Louis Saquet, fait connaître une contribution méconnue des Polynésiens aux grands enjeux de la Nation française .

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