Il y a 74 ans, la Polynésie se ralliait à la France Libre

Le Haut-Commissaire de la République, Lionel Beffre, a déposé, ce matin, une gerbe à la stèle de la France Libre, place Tarahoi, lors d’une cérémonie organisée à l’occasion du 74 ème anniversaire du ralliement de la Polynésie française à la France Libre.

Etaient présents à ses côtés: le Contre-Amiral, Bernard-Antoine Morio De L’Isle, commandant supérieur des forces armées en Polynésie française, Geffry Salmon, ministre, représentant le Président de la Polynésie française, Vaiata Friedmann, deuxième vice-présidente de l’Assemblée de la Polynésie française, Maina Sage, députée de la 1ière circonscription, Michel Buillard, maire de Papeete et M. Makalio Folituu, deuxième vice-président du CESC.Commé 3

Voici le discours prononcé par Philippe Leydet, directeur du service des anciens combattant et victimes de guerre de la Polynésie française.Commé 2

Le 17 juin 1940, la France sombre dans l’obscurantisme, la nuit et le brouillard de la défaite, de la délation et de la collaboration.

Mais le 18 une voix retentissait dans les ténèbres, tel un phare dans la tempête.

« … L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !… Car la France n’est pas seule. Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle…Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas… »

Véritable message d’espoir pour une Nation vaincue et abattue par le régime d’occupation, ce geste de refus devient alors le cri de ralliement pour celles et ceux qui ne se résignent pas à accepter la défaite.

A Papeete Edouard Ahnne arrivé en 1892 à Tahiti, entend cet appel. Membre du Conseil des Etablissements Français d’Océanie, il obtient du Gouverneur Chastenet de Géry une consultation de la population par référendum sur le ralliement de Tahiti à la France Libre.

Dans le même temps, tous les soirs, ils sont de plus en plus nombreux à se réunir autour des quelques postes radios de Papeete pour écouter sur radio Londres cette voix porteuse d’espoir.

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Le vote a lieu le 30 août et le 1er septembre ; les résultats donnent une majorité écrasante (5.564, contre 18) au général de Gaulle.

Le 2 septembre 1940, Tahiti se rallie à la France Libre, devenant ainsi l’un des tous premiers territoires de l’Empire à rejoindre le camp de la Liberté, bien avant la Nouvelle Calédonie qui ne se ralliera que le 20 septembre.

Edouard Ahnne est nommé membre du Gouvernement provisoire des EFO dont il est le doyen en attendant la nomination par Londres du nouveau Gouverneur.

Dès le 3 septembre 1940, le capitaine Broche, commandant la compagnie autonome d’infanterie coloniale à Papeete, propose de créer un corps expéditionnaire des Forces françaises libres du Pacifique.

Les volontaires polynésiens affluent à la caserne Bruat pour s’engager, certains trichant sur leur âge ou leur identité.

Le 21 avril 1941, un contingent de 300 hommes quitte Tahiti pour la Nouvelle Calédonie où 300 autres soldats se joignent à eux: le bataillon du Pacifique était né. Ces 600 hommes embarquèrent pour le Moyen-Orient.

Avant eux certains avaient rejoints par petits groupes les Forces aériennes françaises libres.

D’autres engagements volontaires suivirent le départ du « Molokai » mais les nouvelles recrues, pour la plupart, restèrent en Océanie à cause de la menace japonaise et servirent dans les Forces navales françaises libres. La Nouvelle Calédonie devenant l’une des bases avancées des Américains dans la guerre contre le Japon.

Après la Palestine, les « Tamarii volontaires » furent envoyés dans le désert libyen au mois de décembre 1941 pour combattre les Italiens puis s’illustrèrent notamment pendant la glorieuse bataille de Bir-Hakeim rendant son Honneur à l’Armée française.

Se furent alors les durs combats autour de Monte Cassino en Italie en mai 1944. Le 15 août 1944, ils débarquaient enfin en Provence et jouaient un rôle crucial dans la bataille de Toulon. Au sein de la 1ère division française libre, ils participèrent aux combats jusqu’en Alsace.

Bir Hakeim, Monte Cassino, Toulon, Belfort, l’Alsace… peu d’unités ont été autant exposées que le bataillon d’infanterie de marine et du Pacifique. Il eut le rare privilège d’être décoré de l’Ordre de la libération et d’être aussi l’un des bataillons les plus décimés.

Dans le même temps les aviateurs polynésiens des Forces aériennes françaises libres combattaient au-dessus de l’Europe occupée bombardant la Hollande, l’Allemagne où la Normandie en flammes.

Les parachutistes sautaient à la veille du débarquement sur la Bretagne occupée pour faire diversion et fixer les renforts allemands.

Enfin, d’autres, ayant choisi la résistance armée en métropole étaient arrêtés, torturés et déportés et moururent dans les camps de concentration.

En ce 74ème anniversaire du jour de votre ralliement à la France libre, nos pensées s’envolent vers vous tous ainsi que vers vos familles et plus encore vers celles et ceux d’entre vous, tombés sous les balles de la barbarie, à plus de 20000 Km du Fenua.

Recevez tous l’hommage de la Mère Patrie et de notre reconnaissance éternelle pour votre sacrifice à la défense de nos valeurs communes, pour que vive la France éternelle, la France libérée où ses enfants de toutes origines peuvent grandir et vivre en Paix et dans la Liberté !

Mauruuru roa à chacun d’entre vous.

 

 

 

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