La croisière, première ressource propre du fenua devant la perle

La Polynésie a vu son image et son économie touristique dopées par l’activité de croisière, ce secteur générant plus de 10 milliards de Fcfp de retombées économiques par an ces deux dernières années. Depuis 2012, le nombre d’escales et l’importance du flux passagers (l’équivalent des nuitées touristiques dans les hôtels) ont littéralement doublé.

Alors que l’on inaugurait le salon du tourisme à Pirae vendredi matin 5 février, l’assemblée générale extraordinaire du Tahiti Cruise Club ou TCC, dans la salle du conseil municipal de la mairie de Papeete, a permis de mesurer le chemin parcouru depuis la création de cette association sectorielle, officialisée en janvier 2010, et de désigner son nouveau capitaine.

Des perspectives encourageantes

L’arrêt des têtes de lignes par Princess Cruises est un coup dur pour la destination, notamment pour l’hôtellerie, pour Air Tahiti Nui qui perd quasiment 12 500 coupons, et pour les prestataires d’activités. Néanmoins l’activité continue de croître, sur des segments très variés, avec un impact très bénéfique sur le développement de la plupart des îles concernées.

« Entre 2012 et 2015, on est en développement de plus de 20% par an, c’est pratiquement deux fois plus que le marché mondial », souligne Ollivier Amaru, président fondateur du TCC. « C’est encore inégal d’une escale à l’autre, et rien ne garantit que l’on conserve une telle dynamique, il reste encore tant à faire, mais la cohésion de l’ensemble des acteurs, décideurs, publics et privés, depuis quelques années est un signe très positif qui renforce notre détermination ».

Franchise et détermination

Après deux mandatures successives, la barre du Tahiti Cruise Club vient donc de changer de main. Travaillant, dans cette perspective en binôme depuis plus de six mois, c’est Bud Gilroy qui succède à Ollivier Amaru, celui-ci demeurant par ailleurs président de la South Pacific Cruise Alliance, et donc toujours actif pour le développement du secteur.

Natif de Papeete et originaire de Arue, diplômé en Sciences Politiques – Relations Internationales, Bud Gilroy travaillait déjà pour Renaissance Cruises en 2000. Son parcours professionnel l’a conduit à devenir Directeur adjoint chez Transit Sat Nui, puis Directeur de l’Agence Maritime de Fare Ute.

Il indique que « le TCC est et doit rester une force permanente d’expertise, de conseil, et de marketing. Un outil efficace constitué par et pour tous les acteurs de la croisière en Polynésie française. » S’il n’est pas simple de s’inscrire dans la continuité, et d’assurer la relève après Ollivier Amaru, M. Gilroy compte orienter son action vers plus de pédagogie, d’explications sur les nombreux apports de la croisière, avec et auprès des acteurs de chaque île d’escale qu’il faut soutenir et accompagner. « Ce soutien cependant ne pourra se faire que par le constat des faiblesses actuelles de chacun et une approche constructive pour que tout le monde y trouve son compte » ajoute-t-il.

Il se doit également d’incarner la neutralité du TCC, qui depuis sa création ne privilégie aucun groupe de croisière ou aucune escale, mais agit au sein d’un modèle de concertation constante entre les acteurs pour dégager toujours des actions prioritaires liées à l’intérêt général du secteur.

Une ressource à fort potentiel

Les acteurs réunis à cette assemblée générale ont également évoqué les retombées économiques liées à la croisière. « Parmi les ressources propres de la Polynésie, la croisière c’est près de 25% de l’ensemble des richesses créées par le tourisme. C’est davantage que le secteur de la perle brute à l’export. Selon les années, c’est le double ou parfois même presque le triple de tous les autres secteurs d’exportation réunis (poisson, noni, huile de coprah, vanille, nacre, monoï, bière) » rappelle le Tahiti Cruise Club. Et selon l’Institut de la Statistique de Polynésie française, 40% des retombées de la croisière sont directement injectées à terre, lors des escales, dans chacune des îles et des archipels qui les accueillent.

Poursuivre les efforts

Que ce soit pour la structuration, la réglementation, les infrastructures, la relation avec les armateurs internationaux et la promotion de la destination, les avancées doivent se poursuivre de manière régulière pour demeurer attractives et pour permettre aux opérateurs de choisir la Polynésie française et planifier toujours davantage d’itinéraires.

En concertation avec le Tahiti Tourisme et le Ministère du Tourisme, l’action marketing auprès des compagnies de croisière est toute à la fois le reflet d’une destination unie et disposée à provoquer ou étudier toutes les opportunités qui se présente pour les 3 à 5 ans à venir. Aujourd’hui — cela n’a pas toujours été le cas — tous les segments sont systématiquement explorés, tous les freins sont également examinés, et les actions qui en découlent sont programmées et réalisées. Chaque point de compétitivité ou de croissance qui peut être gagné fait l’objet d’une préoccupation permanente.

Il reste à améliorer aussi les retombées économiques, dans chacune des escales, pour les commerçants, les artisans, les prestataires, les transporteurs, les producteurs qui bénéficient déjà de ce flux touristique majeur. Ce travail n’est pas le plus simple, et il faudra créer puis déployer, avec patience et méthode, des outils appropriés à chacune de nos îles. Cela demandera aussi des efforts d’adaptation de la part des professionnels locaux, sur les produits proposés, les modes de commercialisation aux passagers, le service apporté.

De la même manière, pour les navires qui opèrent en Polynésie pendant plusieurs mois consécutifs, quels que soit leurs volumes de passagers, avec des embarquements et débarquements au départ de Papeete — des « têtes de lignes » —, la destination et chaque escale doivent garantir la fluidité des opérations et un accueil à la hauteur de leur contribution majeure à l’économie locale. S’ils sont parfois moins spectaculaires que de très grands navires prestigieux, la régularité avec laquelle ils apportent des visiteurs dans le Pays doit être pleinement considérée et encouragée. On le voit avec le départ du Pacific Princess, mais l’impact serait bien pire encore si demain le Paul Gauguin ou le Wind Spirit venaient à cesser ou diminuer leurs rotations dans nos îles. Ils sont des piliers pour notre activité touristique, pour l’ensemble de la chaine des acteurs touristiques, il convient de les accompagner et de les saluer pour leur confiance et leur engagement en faveur de la destination.

Dans un mois, le salon Seatrade Cruise Global — l’une des actions marketing phare pour la destination depuis sept ans qui se déroule chaque année en mars en Floride — sera l’occasion de poursuivre la création et la programmation de nouveaux itinéraires, de faire connaître les avancées, les opportunités et les efforts continus en faveur du développement de la croisière en Polynésie française. La délégation d’une quinzaine de décideurs publics et privés, menée par le ministre du Tourisme et Bud Gilroy, aura la lourde responsabilité de parvenir à maintenir et renforcer l’engouement des compagnies pour notre destination et de le traduire en programmation d’opérations concrètes dans les 24 à 36 prochains mois.

Communiqué du Tahiti Cruise Club

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