La CTC émet quatorze recommandations en faveur de la politique agricole du Pays

Le 31 octobre dernier, le président du Pays a transmis à son homologue de l’assemblée de la Polynésie française,  aux fins d’examen, le rapport d’observations définitives de la Chambre territoriale des comptes (CTC) concernant la politique agricole mise en oeuvre au fenua entre 2010 et 2017.

Secteur clef en Polynésie, l’agriculture poursuit plusieurs objectifs : elle doit assurer à la population la possibilité d’obtenir une alimentation de qualité, en quantité suffisante et à un prix accessible, elle représente un pourvoyeur d’emplois, avec 17% des actifs. elle constitue également un amortisseur social grâce au soutien du prix de certaines productions ou la location de terres domaniales.

L’état des lieux du secteur, dressé à l’occasion du recensement général agricole en 2013, ainsi que les statistiques agricoles annuelles, montrent que la production, principalement tournée vers l’autosubsistance, s’avère en repli, alors que le niveau des importations est passé de 38 à 44,7 milliards de Fcfp entre 2010 et 2015. 

Mais les magistrats pointent surtout du doigt les handicaps structurels dont souffre le secteur : le manque de foncier disponible, la faible qualification des agriculteurs et le manque de modernisation des pratiques culturales.

Des prix maintenus à un niveau relativement élevé

S’agissant de l’organisation des filières de production et de la régulation du marché, la CTC constate que l’objectif de satisfaction des besoins des consommateurs apparaît secondaire. En effet, afin de garantir des débouchés à la production locale, les importations de certains produits sont interdites ou soumises à l’ouverture de quotas d’importation en cas de pénurie. C’est ainsi, remarque la CTC, que le prix du kilo de tomates importées est moins cher que celui de la tomate cultivée à Taravao. Un comble et surtout, un coup dur pour le porte-monnaie des ménages. Un peu plus loin, dans le rapport, la CTC confirme sa première analyse: « D’après les services de la collectivité s‘agissant de la filière maraîchère, il s’avère que l’organisation du marché des légumes engendre « des prix maintenus à des niveaux relativement élevés pour certains produits par le maintien des productions locale à des volumes à la limite de la pénurie et par le peu de concurrence entre les gros producteurs (tomates, salades, carottes) ».

Nonobstant le caractère contestable de cette démarche au regard du droit de la concurrence applicable en Polynésie, la protection de la production locale génère une inflation constante des prix, exclusivement supportée par les consommateurs, qui financent, in fine, une politique protectionniste qui les prive d’un approvisionnement régulier en produits variés et de qualité.

Quant à la réforme récente du service du développement rural, la Chambre émet le voeu que ce dernier puisse assurer ses missions d’ordre stratégique (…), à condition qu’elle s’accompagne concomitamment de la réforme de la Chambre d’agriculture et de la pêche lagonaire, dans son rôle de représentation, de conseil et d’accompagnement des agriculteurs.

Enfin, elle émet pas moins de quatorze recommandations parmi lesquelles on peut lire: « Mettre en place un suivi financier et technique de la société Kai Hotu Rau et désigner un commissaire de gouvernement (n°7) » ou encore « veiller à la préservation des intérêts du Pays dans le règlement des occupations sans titre des lots agricoles (n°4) ».

Dans ce dernier registre, la Chambre déplore « qu »il n’existe aucune coordination formalisée entre la DAF et le SDR, pour garantir le suivi exhaustif de l’ensemble des lotissements agricoles gérés par le SDR et le recouvrement complet des loyers afférents. De très nombreux impayés sont constatés, sans que des poursuites en vue du recouvrement des créances ne soient organisées. Cependant, leur niveau n’a pas pu être déterminé avec les services de la DAF ».

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