La formation professionnelle pour adultes en quête d’un second souffle

L’activité du Centre de formation professionnelle pour adultes (CFPA) pour les exercices 2010 et suivants est au coeur d’un rapport d’observations de la chambre territoriale des comptes dont voici les principales conclusions.

Cet établissement public administratif de la collectivité est un des outils fondamentaux de la formation professionnelle publique.

Sa mission en faveur des adultes en déficit de formation reste essentielle pour le fonctionnement efficace du marché de l’emploi, soulignent les magistrats en préambule. Sauf que malgré une tutelle forte, des budgets conséquents (750 millions par an) et la récente création d’un corps de formateurs professionnels, la performance laisse à désirer.

Premier constat, et non des moindres: le nombre de stagiaires ne cesse de diminuer. Le CFPA forme ainsi environ 200 à 300 personnes de moins qu’il y a dix ans! Avec un point bas atteint en 2014 avec seulement 648 stagiaires recensés. Sur les quatre sites, le taux de fréquentation dépasse tout juste les 50% pour une capacité d’accueil de 1200 personnes. Pire, le taux d’insertion a lui aussi fortement reculé depuis 2010, passant de 49,5% à seulement 20% en 2014. Quand bien même la CTC reconnaît que, conjoncture économique oblige, “le temps du plein emploi pour les personnes sans ou peu qualifiées est désormais révolu!”

Paradoxalement, note la CTC, le centre jouit d’une aisance financière peu contestable, ses réserves – supérieures à 1 milliard de Fcfp -représentaient en 2015 près d’une année de fonctionnement.

Qui plus est, le CFPA est à la tête d’un patrimoine, réparti sur quatre sites (Pirae, Punaruu, Taravao et Raiatea) que beaucoup envient. Sa valeur brute en 2015 était estimée à 3,6 milliards de Fcfp. A ceci près qu’il ne dispose “d’aucun document programmatique et d’aucun plan d’entretien-maintenance” relève encore la CTC.

Comme à leur habitude, les magistrats assortissent leurs “critiques” d’un certain nombre de recommandations, en l’occurrence dix à l’adresse du CFPA. En tout premier lieu, ils préconisent “d’élaborer un plan d’activation des réserves au profit de l’activité de formation avec pour objectif, 1000 stagiaires par an.” Mais également de “faire appel pour le recrutement des formateurs à des personnels qualifiés recrutés sur contrat”, ou encore de “transférer des sièges de la collectivité au conseil d’administration, à la représentation du monde économique”.

Et de conclure: “Les voies et moyens pour améliorer la performance du CFPA sont exigeants et requièrent l’entière collaboration du Pays (…) C’est à ce prix que le CFPA retrouvera un second souffle”.

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