La grosse colère des patrons

La première organisation patronale du pays, le Médef, a exprimé ce lundi matin, par la voix de son président, Olivier Kressmann, les trois principaux points de son mécontentement.

 

On a souvent reproché aux patrons en général, et au Médef en particulier, son peu de sens critique vis-à-vis du gouvernement actuel. Pourtant, « à certains moments, il faut dire: pas d’accord! » annonce d’emblée le patron des patrons, Olivier Kressmann.

Alors que depuis le 26 mai, le conseil d’administration a décidé à l’unanimité des 22 organisations patronales sectorielles représentées, de suspendre toute participation du Médef aux réunions de travail sur le thématiques sociales, économiques et fiscales en cours et à venir, c’est seulement ce matin que les raisons de la grogne ont été publiquement exposées aux médias. Elles portent sur trois points.

Le premier a trait aux redressement jugés « déloyaux » des entreprises par la CPS au titre des avantages en nature. Pas moins de 140 entreprises seraient concernées avec des conséquences financières importantes, de l’ordre de plusieurs milliards de francs pacifique à débourser. Le recours du Médef devant le Conseil d’Etat contre la loi du pays 2015-18 du 26 novembre 2015 ayant été rejeté, plus rien ne s’oppose dorénavant à ce que la « sanction » tombe. Mais plus que le texte dans sa globalité, les patrons pointent surtout du doigt l’article 4 qui institue une exonération pour l’enseignement privé du fait simplement qu’un tel redressement aurait pour conséquence la fermeture de dix classes. Par ailleurs, l’effet rétroactif d’abord sur deux années (2010-2012) est désormais étendu à la période 2013-2015. Au moment où le Pays ne parle que de relance économique, il faut dire que le couperet tombe au mauvais moment…Aussi, le Médef annonce d’emblée que les entreprises, si elles doivent effectivement passer à la caisse, n’auront pas d’autres choix que de se retourner vers les comités d’entreprises et plus généralement vers l’ensemble des salariés. Ce qui n’est pas de nature à favoriser le dialogue social.

Le second point concerne les discussions portant sur la réforme de la Protection sociale généralisée (PSG2). Après A Ti’a I Mua, le Médef dit à son tour ne pas comprendre « la méthodologie conduite par le Pays qui a pris unilatéralement la décision de poursuivre ses consultations uniquement avec l’Intersyndicale signataire du protocole de sortie de grève générale ». Et d’en conclure que « désormais seuls sont écoutés (et donc considérés) ceux qui n’ont pas contribué jusque là aux travaux et réflexions sur la PSG 2 ». Aussi, les patrons demandent à être rapidement réintégrés dans les débats car, assurent t-ils, il est urgent de finaliser les travaux et cela, dès la fin 2016.

Enfin, le Médef exprime sa plus grande incompréhension quant à la présence de Cyril Legayic à la table des négociations en dépit de sa condamnation définitive et exécutoire pour recel de détournement de fonds publics par la Cour de cassation du 23 juillet 2014. A plus forte raison lorsqu’on sait que les discussions se tiennent en présence du directeur du Travail, garant du respect de la bonne application du code du travail polynésien. Un courrier, en date du 12 mai dernier, a d’ailleurs été adressé en ce sens à la ministre Tea Frogier.

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