La plongée subaquatique de loisir en débat au CESC

Les membres du Conseil économique, social et culturel (CESC) étaient réunis en assemblée plénière mercredi matin pour rendre un avis sur un projet de « loi du pays » relatif à l’exercice de la plongée subaquatique de loisir. Texte adopté à l’unanimité par 30 votes « pour ».

Dans la stratégie de développement touristique 2015-2020 du gouvernement, un important volet règlementaire concerne les activités propres au secteur touristique, dont la plongée subaquatique de loisir.

Au-delà de constituer une activité professionnelle pour une grande partie des pratiquants, la plongée subaquatique de loisir demeure sans conteste, une activité à haut risque. Et bien qu’elle engendre une partie des ressources du Pays liée à la fréquentation touristique, il est important que la refonte de la règlementation polynésienne prenne en compte tous les aspects liés à la sécurité des personnes qui pratiquent cette activité.

Au cours de son analyse, le CESC a regretté d’une part que le projet de texte ait été vidé de sa substance par de nombreux renvois à des arrêtés en conseil des ministres et d’autre part, qu’il n’a pas trouvé de mesures pertinentes aptes à réellement promouvoir les emplois locaux.

Depuis la mise en place du diplôme polynésien de guide de palanquée en 2012, seulement dix-neuf Polynésiens ont pu bénéficier de cette formation. Au travers du projet de texte qui lui est soumis et contrairement à ce qu’avance l’exposé des motifs, le Conseil économique, social et culturel de Polynésie française ne note pas une volonté clairement affichée de faire évoluer le diplôme polynésien vers un niveau supérieur permettant à ses détenteurs d’accéder aux fonctions de directeur de centre de plongée.

Le Pays dispose par ailleurs de l’outil de la Cellule Plongée professionnelle actuellement gérée par le SEFI, située à la marina de Taina, pour assurer le complément de formation nécessaire à faire évoluer en qualification les plongeurs déjà titulaires du BPP GPS, sans les contraintes liées à l’obtention du Brevet d’État.

La Polynésie jouit des plus beaux sites de plongée, de très bonnes compétences humaines. Pourquoi ne pas profiter de ces nombreux atouts pour créer la meilleure école de plongée, École qui puisse rayonner dans tout le Pacifique ? Les trois objectifs souhaités dans cette « loi du pays » seraient alors réalisés : sécurité, emploi, et tourisme.

Le CESC réitère ses recommandations relatives à l’encadrement et l’ouverture au travail de la plongée subaquatique en Polynésie française afin qu’ils soient strictement réservés aux titulaires des diplômes polynésiens et des brevets nationaux.

Enfin, le CESC rappelle que le recours aux patentés (entrepreneurs individuels) doit être conforme aux règles de la sous-traitance et que soit privilégié l’emploi salarié.

Le Conseil économique social et culturel de Polynésie française sollicite enfin que les rédacteurs de ce texte reconsultent l’ensemble des partenaires concernés par la « loi du pays » en prenant en compte les recommandations et préconisations émises.

Quelques chiffres sur l’importance de cette activité économique: 1,4 milliard de FCP de chiffres d’affaires, pour environ 120 000 plongées effectuées annuellement ; 63 établissements implantés sur l’ensemble de la Polynésie française sont déclarés auprès de la Direction de la jeunesse et des sports (DJS) ; 150 emplois salariés à temps plein ; 70% des plongeurs sont des résidents (30% sont des touristes de passage) ; 209 plongeurs ou moniteurs liés à cette activité professionnelle se sont déclarés auprès de la DJS, dont 190 titulaires d’un brevet d’État parmi lesquels figurent 3 d’origine polynésienne et 19 guides de palanquées polynésiens. On dénombrerait cependant 514 moniteurs d’État présents sur le territoire, 80% des moniteurs déclarés à la DJS sont des entreprises individuelles et titulaires d’une patente ; les 20% restant sont des salariés ou sous une autre forme juridique ;  66 centres de plongée répartis sur 17 îles (dont 36% aux Tuamotu, 34% aux Iles Du Vent, 27% aux Australes et 3% dans les autres archipels) ; 94% de l’activité est prise en charge par des guides de plongée ; 6% de l’activité concerne de la formation.

(A partir des éléments fournis par le CESC)

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