La Polynésie à l’ONU: E. Fritch tient tête à ses contradicteurs

Nous avions annoncé un « grand déballage diplomatique » ce mardi matin à l’Organisation des nations unies, les nombreux internautes qui suivaient en direct la séance de la quatrième commission, n’ont certainement pas été déçus du « voyage ».

 

D’un côté, le porte-parole de la collectivité en la personne du président Edouard Fritch; de l’autre, une délégation de plus d’une dizaine de personnes plus ou moins proches et sensibles aux idées séparatistes véhiculées par le Tavini huiraatira.

A priori, la confrontation verbale semblait pour le moins inégale. Ne serait-ce que parce que le premier disposait d’un temps de parole de dix minutes, pas une seule seconde plus, contre trois minutes pour chacun des « petitionners », soit au total plus d’un heure de palabres devant les diplomates du monde entier venus se faire une idée de la situation politique, sociale, économique et environnementale de la Polynésie française.pr-4eme-commission

 

En fin de compte, le chef de file de l’exécutif local s’en est remarquablement bien sorti. Pour preuve, son discours aussi précis que concis en français, visant à corriger le tableau dépeint par Oscar Temaru depuis 2013, date à laquelle celui-ci a obtenu la réinscription de notre pays sur la liste des pays non autonomes à décoloniser.

Précis car il a mis le doigt là où ça fait mal en rappelant que le Tavini (ou l’UPLD aujourd’hui) n’a jamais obtenu la majorité des suffrages lors de scrutins territoriaux. Le fait nucléaire ? Le président Hollande l’a reconnu publiquement le 23 février dernier, avant d’annoncer un certain nombre d’avancées en la matière. Les ressources naturelles ? Elles appartiennent bien à la Polynésie française, personne ne le conteste et pour éviter toute interprétation à l’avenir, ce chapitre va prochainement figurer dans la loi organique. Concis car il est parfaitement resté dans le temps imparti.

Enfin pour conclure, le président Fritch a rappelé une fois encore que « s’il y avait bien des inégalités sociales en Polynésie », elles sont uniquement « le fruit de notre propre gestion »!

En réponse, ses contradicteurs ont préféré s’exprimer dans la langue de Shakespeare. Pas toujours à leur avantage…D’autant que pour la plupart, ils n’ont pas pu aller jusqu’au bout de leurs interventions orales pour cause de temps écoulé. En conséquence de quoi, le micro était aussitôt coupé par le président de séance !

D’Oscar Temaru à Richard Tuheiava en passant par Tony Géros, Stanley Cross – sous la casquette d’avocat au Barreau de Papeete – ou encore Patrick Galenon qui, précise le CESC, n’a dépêché sur place aucun membre de l’institution, tous y sont allés de leurs récriminations envers la « puissance coloniale française ». Mais la palme du catastrophisme revient incontestablement au père Uebe Carlson, porte-drapeau de l’association 193 pour qui, « la Polynésie est aujourd’hui une poubelle nucléaire ». Avant lui, Yves Conroy, que l’on ne présente plus pour ses connaissances en la matière, a même affirmé que l’ensemble de nos îles était irradié.

Fort heureusement pour nous, l’ONU croule sous les affaires. Peu de temps avant d’aborder le cas de la Polynésie, le représentant de l’Espagne avait pris la parole à propos de ce bout de terre qu’est Gibraltar et qui figure sur le bureau de l’Organisation depuis plus de trente ans. C’est dire l’ordre des priorités! Alors vite, retour au quotidien et à la réalité des choses en Polynésie française avec son lot de sans emplois, de mal logés, de SDF…

 

 

Télécharger l'article en PDF

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En naviguant sur notre site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir +

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

Close