La Polynésie dans l’incapacité d’accueillir les Jeux du Pacifique en 2019

 

Telle est la décision prise ce matin en conseil des ministres au regard d’un certain nombre d’éléments objectifs.

Nés en 1959 d’une décision de la Conférence du Pacifique Sud, et se succédant depuis à des périodes irrégulières jusqu’aux jeux de Papeete en 1971, les Jeux du Pacifique sont disputés depuis, tous les quatre ans. La Nouvelle Calédonie et la Papouasie Nouvelle-Guinée sont respectivement les deux pays qui ont accueillis pour la 3ème fois chez eux, les Jeux en 2011 et 2015.

Les candidatures pour l’accueil des Jeux sont présentées à l’instance dirigeante, le Conseil des Jeux du Pacifique, par le comité olympique du pays désirant les organiser, sept ans avant la tenue de la compétition sportive. Le comité olympique du pays doit obtenir l’aval de leur gouvernement pour entériner l’obtention des Jeux. Lors de la réunion du Conseil des Jeux du Pacifique du 19 octobre 2012, la candidature tongienne a été retenue pour les XVIème Jeux du Pacifique de 2019 ; Tonga emporta la décision dans un vote face à Tahiti par 16 voix contre 6. Pour les XVIIème Jeux du Pacifique, la candidature des îles Salomon a été votée par 11 voix contre 10 face à Tahiti, lors de l’Assemblée générale du Conseil général des Jeux qui s’est déroulée le 11 mai 2016 au Vanuatu.

En effet, il faut bien sept années pour se préparer à accueillir une compétition sportive de cette envergure. Les Jeux du Pacifique, c’est en quelques chiffres clés :

  • Une compétition sportive d’une durée moyenne de 14 jours ;

  • 12 sports obligatoires (Athlétisme, Basket-ball, Beach-volley, Football, Golf, Haltérophilie, Natation, Rugby à sept, Tennis, Tennis de table, Va’a et Volley-ball) auxquels se rajoutent au maximum 16 disciplines optionnelles à choisir au sein d’une liste de 28 sports ;

  • 4 000 athlètes et officiels (à loger, nourrir et transporter) ;

  • 4 000 volontaires ;

  • 30 000 nuitées ;

  • 150 000 repas.

Ce sont donc non seulement les infrastructures sportives qu’il conviendra de mettre à niveau ou de construire mais il faudra également ériger un village olympique, organiser les hébergements ainsi que les transports, préparer et servir les repas. Lors des Jeux du Pacifique de 2011, la Nouvelle-Calédonie a investi près de 7,5 milliards de francs dans les équipements sportifs et le village olympique. La Papouasie Nouvelle-Guinée a quant à elle dépassé les 20 milliards de francs pour les Jeux qu’elle a organisés en 2015.

La ministre des Sports du Pays a dès sa prise de fonctions, souhaité mettre en place un schéma directeur des équipements sportifs et socio-éducatif, en vue du développement des pratiques physiques et sportives en Polynésie française pour les vingt prochaines années. L’audit technique des infrastructures sportives ainsi que la mission d’évaluation et d’expertise des équipements sportifs ont fait apparaître les retards importants accumulés depuis 2004 en matière de politique sportive. Ainsi, les différentes infrastructures existantes doivent bénéficier d’investissements lourds pour leur remise à niveau ; ce sont par exemple, pour :

  • Le complexe sportif Fautaua : 1 080 000 000 XPF et une livraison fin 2019 ;

  • Le complexe sportif Pater : 3 795 000 000 XPF et une livraison en septembre 2020 ;

  • Le complexe Mamao : 3 500 000 000 XPF et une livraison au second semestre 2020.

Il apparait au regard de ces quelques chiffres et éléments d’éclairage, impossible pour la Polynésie française d’accueillir dans des conditions correctes les Jeux du Pacifique en 2019, soit d’ici deux ans. Il est à noter que face au désistement de Tonga, la Papouasie Nouvelle-Guinée, la Nouvelle-Calédonie et les îles Fidji qui ont accueilli respectivement les Jeux en 2015, 2011 et 2003 ont déjà répondu par la négative à l’instance décisionnaire pour l’organisation des XVIème Jeux du Pacifique.

La ministre des Sports a donc proposé au conseil des ministres, d’émettre un avis négatif concernant l’organisation des Jeux du Pacifique en 2019. Un courrier officiel sera transmis au président du comité olympique de Polynésie française l’informant de la position du gouvernement sur ce dossier.

Photo d’archives

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