L’ambition de G. Flosse: 1 million de touristes d’ici une quinzaine d’années

Extraits de l’allocution prononcée par le président du Tahoeraa huiraatira, Gaston Flosse, à l’occasion du 19e congrès qui s’est déroulé hier, samedi 28 novembre, à Vaitupa-Faa’a.

La grande famille des militants et des amis du Tahoera’a Huiraatira est à nouveau réunie, elle est toujours là ! Elle est toujours présente! Elle est toujours unie !

(…) Je remercie le maire de Faa’a de nous accueillir dans sa ville. Merci pour son chapiteau, ses chaises. Merci aussi à Robert Maker qui a facilité les démarches administratives, ainsi qu’au personnel de la mairie de Faa’a qui a rendu cette installation possible dans les meilleures conditions.

(…) Massivement élus par 62.000 Polynésiens le 5 mai 2013, nous avons été écartés. Nous avons été trahis. Ayons le courage de mettre un nom sur ce qui s’est produit. UNE TRAHISON.

En moins de deux ans nous avons tout perdu. Nous savons tous comment la trahison a été organisée de l’intérieur et depuis longtemps, depuis 2010 probablement, par celui-là même en qui nous avions placé notre confiance et nos espoirs.

Comme le dit un proverbe français : « On n’est jamais mieux trahi que par les siens ».

Aujourd’hui le Tahoera’a Huiraatira qui a pourtant gagné toutes les élections est exclu du gouvernement et de partout. Nous avons tout perdu.

(…) Je vous rassure, je n’ai pas l’intention aujourd’hui de me lamenter sur le passé, ce n’est pas mon tempérament. Ce qui m’intéresse, c’est l’avenir. Notre avenir. L’avenir de notre pays, de nos enfants. Mais pour savoir où nous allons, il est nécessaire de savoir d’où nous venons. Il n’est donc pas inutile de regarder un instant le parcours réalisé ensemble depuis notre dernier grand congrès de 2011.

(…) La coalition actuelle du Tapura n’est pas un parti politique comme le nôtre, unis, soudé, qui a une histoire. Le Tapura est une addition d’ambitions personnelles et de rancoeurs personnelles. Croyez-moi, nous ne tarderons pas à voir apparaitre les premières dissensions, pour ne pas dire, les premières divisions.

(…) Qui aurait cru Edouard capable d’une telle trahison ? Non content d’être président du Pays à la suite d’une décision des juges qui m’ont écarté, il voulait aussi prendre le contrôle du Tahoera’a Huiraatira par une décision des juges. Mais ça n’a pas fonctionné, le tribunal a rejeté son référé.

Après 14 mois au pouvoir, nous pouvons dire sans nous tromper, qu’Edouard est un incapable, un incompétent. Il ne pourra pas sortir notre Pays de la crise.

(…) Il ferait mieux de résoudre les problèmes des Polynésiens et des entreprises en difficulté plutôt que de se promener. Il donne le sentiment qu’il est partout, qu’il s’occupe de tout, alors qu’en réalité il ne s’occupe de rien, il se disperse. Son agenda n’est fait que de rencontres et d’inaugurations, de salons et de cocktails, de conférences et de séminaires, de voyages et de visites sur le terrain !

(…) Vous m’avez élu ce matin président de notre mouvement. Je vous en remercie. Je vous remercie pour cette confiance.

(…) Je mettrais mes dernières années et toute mon énergie au service de notre parti, au service de notre pays pour assurer son redressement. Je ne serais pas seul. Vous avez aussi élu ce matin le président délégué de notre mouvement. Marcel Tuihani est un jeune, brillant, intelligent, qui a su apprendre vite et qui a dû bruler les étapes à cause de tout ce qui s’est passé au sein de notre mouvement. De tous les jeunes qui m’ont accompagné à partir de 2010 et 2011, il est le seul à être resté fidèle.

(…) Pour préparer les élections à venir, les élections législatives et surtout les élections territoriales, nous devrons aussi faire confiance à quelques nouveaux car nous devrons renouveler les listes et compenser les défections.

Comment savoir s’ils nous resteront fidèles ou si au contraire, comme Nuihau Laurey, comme Jean Paul Tuaiva, comme Maina Sage, comme Lana Tetuanui et comme tous les autres représentants qui ont basculé, comment savoir s’ils ne vous trahiront pas aussi? C’est Impossible.

Je demande aussi à nos représentants de se ressaisir. Ils ont vécu des moments difficiles à l’assemblée. Ils ont subi des pressions, des chantages, comme le maire de Moorea ou le maire de Tubuai qui ont préféré être exclus de l’assemblée après que le président Edouard Fritch ait décidé de faire descendre deux de ses ministres, plutôt que de nous trahir. On peut leur dire merci, on peut les applaudir.

Nous sommes 19 désormais, et je veux croire que c’est terminé à présent.

Nous devrons également améliorer nos relations avec la France. Quand je dis améliorer, je veux dire la clarifier, tout en restant au sein de la République. J’ai déjà eu l’occasion d’en parler publiquement. Il est venu le temps de faire murir l’autonomie qui a plus de 30 ans. Le projet que je proposerai le moment venu est celui de « Pays associé au sein de la République ». Ce sera la prochaine étape que notre statut doit franchir.

Il permet un partage plus clair des compétences entre l’Etat et la Polynésie française, notamment sur les accords internationaux, sur la question de visas pour nos touristes, sur les investissements étrangers, ou encore sur la protection de l’emploi local. Mais nous n’en sommes pas là.

(…) Pour l’élection présidentielle, nous attendons de connaître le candidat des Républicains. Si c’est Alain Juppé nous lui apporterons notre soutien total. Il est hors de question de soutenir Nicolas Sarkozy à qui la Polynésie doit une grande partie de ses problèmes.

Les récents sondages donnent Alain Juppé favori pour les primaires. Sur un plan électoral, les sondages annoncent que François Hollande sera éliminé dès le premier tour, et que le second tour verra un duel entre Alain Juppé et Marine le Pen, qui devrait finir en faveur des républicains si c’est Alain Juppé qui est candidat. Tout cela milite pour que ce soit Alain Juppé qui remporte les primaires et qui soit le prochain président de la République.

Le Tahoera’a Huiraatira porte un projet de société pour notre pays et pour le peuple Polynésien.

(…) Un comité chargé d’adapter notre programme a été mis en place. Notre programme élaboré en 2012 reste d’actualité, mais nous devons le mettre à jour et tenir compte des évolutions. J’en ai confié la responsabilité à Geffry SALMON.

Seuls les grands projets, ceux qui sont trop grands pour Edouard, permettront à notre Pays de s’en sortir.

Le seul secteur d’avenir, le plus important, capable de sortir le Pays de la crise est le tourisme. C’est le seul capable de créer assez d’emplois pour notre population, pour notre jeunesse.

Aujourd’hui, nous ne parviendrons pas à dépasser les 200.000 touristes. Avec le Tahiti Mahana Beach qui offrira à lui seul une capacité de 300.000 touristes par an, nous pourrons espérer atteindre 500.000 touristes à l’année. Mais ce ne sera pas suffisant.

Notre objectif est d’atteindre un million de touristes, ce n’est pas irréalisable. Ce n’est pas un rêve. Ce sera possible d’ici une quinzaine d’années, avec les autres projets : Moorea Mahana Beach, Atimaono et Tupai qui viendront compléter le Tahiti Mahana Beach. A elle seule Fiji atteint aujourd’hui 800.000 touristes, tandis qu’Hawaii dépasse les 4.800.000 touristes pour une population de seulement 1.200.000 habitants.

Un million de touristes nous permettraient de dégager près de 200 milliards de revenus propres. C’est plus que notre budget 2016 qui s’élève à 156 milliards, plus que l’apport annuel de l’Etat qui s’élève à 176 milliards. Avec un revenu de 200 milliards, nous pourrons faire face à nos obligations et assurer à tous les polynésiens un emploi, un terrain, une maison.

La ferme aquacole de Hao devrait être le second pôle d’activité économique, pourvoyeur de plusieurs centaines d’emplois.

Et plus tard, nous aurons aussi l’exploitation des terres rares.

(…)

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Une pensée sur “L’ambition de G. Flosse: 1 million de touristes d’ici une quinzaine d’années

  • 30 novembre 2015 à 9 h 21 min
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    Sauf qu à Fidji, le coût de l'emploi est bien inférieur et la manne de l État français et l indexation des emplois de la fonction publique sont absents …Il faut lire un peu plus les ressorts du frein au tourisme cher GASTON . JE vous recommande JC Gay qui a très bien analysé tout ça ( les cocotiers de la France etc..)

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