L’assemblée débloque en urgence 895 millions Fcfp en faveur du CAVC

Séance extraordinaire aujourd’hui à l’assemblée pour permettre le déblocage en urgence de 895 millions de Fcfp en faveur du CAVC après les graves intempéries survenues sur la côte est de Tahiti. Retrouvez l’intervention d’Henri Flohr sur le sujet au nom du groupe Tapura.

 

Nous sommes réunis de façon exceptionnelle aujourd’hui pour modifier les budgets des comptes spéciaux afin de prélever 895 millions de francs sur les réserves 2015 du CAVC, sachant qu’elles s’élèvent pour l’instant à un milliard trois cent millions de francs.

Comme vous le savez, les communes de Mahina et de Hitia’a o te ra ont subi de plein fouet les grosses intempéries du 12 décembre dernier, ce qui a conduit le gouvernement à déclarer ces communes en état de catastrophe naturelle.

Je tiens avant tout à féliciter le président du Pays et ses équipes, pour leur mobilisation immédiate, sur le terrain, auprès des populations sinistrées de la côte Est. Il a ainsi pu déployer aussitôt tous les moyens qu’il avait à sa disposition pour parer au plus pressé.

Je trouve que c’est d’ailleurs lui faire un bien mauvais procès, surtout dans ces moments où c’est la solidarité qui doit primer, que de lui reprocher d’être allé aux Marquises. Ce serait aussi faire offense aux Marquisiens qui préparent ce festival des arts depuis des mois.

Mais l’heure n’est pas à la polémique ni à la politique politicienne de bas étage… Je ferme donc la parenthèse car c’est aujourd’hui à nous, élus de cette assemblée, de légiférer pour permettre justement au gouvernement de débloquer les fonds du CAVC. Et je sais, mes chers collègues, que nous savons nous retrouver sur ce genre de sujets, et j’en veux pour preuve le vote unanime de ce projet de délibération en commission jeudi dernier.

Comme vous l’avez lu dans le rapport, 400 millions de francs sont prévus pour des « travaux d’intervention sur les ouvrages de défense contre les eaux », et 200 millions pour les travaux de réparation des ponts et des routes. Cette enveloppe sera ventilée de façon technique sur les différentes communes.

C’est ainsi que 11 sites de rivières ont été repérés et nécessitent des interventions, ce qui représente deux kilomètres d’enrochement de berges à reconstituer, à savoir Orofara et son pont qui doit être refait, Ahonu, la grande vallée de Faaripo avec la rivière Vaitapu où les dégâts ont été les plus importants, le site des 3 cascades où la rivière est complètement sortie de son lit, ou encore le pont de Onohea qui a subi des dégâts sur une centaine de mètres.

Dès le dimanche matin, les équipes de l’OPH et du ministère de l’Equipement se sont rendues sur les sites sinistrés pour commencer les recensements des habitations qui ont été détruites. Pouvez-vous d’ailleurs nous faire un point de la situation, monsieur le ministre, sur le type et le nombre de réparations à faire ?

L’OPH intervient sur deux niveaux : avec une aide en matériaux pour l’amélioration de l’habitat, ou par une reconstruction de fare OPH. Il est bien évident que lorsqu’il y a un risque avéré pour les habitants d’une maison qui est sur le point de s’effondrer, on ne va pas réparer l’existant mais bien s’orienter vers une nouvelle construction qui se fera ailleurs puisque la moitié du terrain a été emporté par les eaux.

Dans la dotation de 200 millions que nous allons voter, la volonté du président Edouard Fritch est de permettre une intervention au niveau des aides en matériaux avant la fin de l’année pour que les sinistrés puissent rapidement rénover leurs pièces à vivre et passer des fêtes de fin d’année dans des conditions certes pas optimales mais au moins correctes et sécurisées.

Des dégâts causés par la rivière ont également été constatés. Certaines maisons n’ont pas été détruites, il est vrai, mais l’eau est montée parfois jusqu’à 1,50 mètre dans les habitations. Ces inondations ont donc laissé des cloisons en pinex gorgées d’eau, des planches en bois qui sont amenées à pourrir donc l’OPH interviendra pour remplacer tous ces matériaux. Notons d’ailleurs que les fare OPH ont tous tenu le coup parce qu’ils sont surélevés et que l’eau est passée dessous.

Il n’en demeure pas moins que le PPR (plan de prévention des risques) qui est applicable depuis 2006, pose réellement problème par rapport à l’existant. Quand on additionne le risque d’inondation des rivières à celui d’affaissement de terrains, on se rend compte que sur cette zone sinistrée qui va de Ahonu jusqu’à la fin de Tiarei, près de 90% des parties intérieures autour des rivières sont considérés en zone rouge, soit avec un risque PPR très élevé. Or, depuis 50 ou même 100 ans, de nombreuses maisons sont implantées sur ces sites.

Pour les maisons qui sont aujourd’hui complètement détruites et qu’il faudra remplacer par des fare OPH, se pose vraiment la question de savoir comment on va s’y prendre. En effet, certains ont des terrains ailleurs sur Tahiti et ils seront aidés dans leurs démarches pour reconstruire sur ce nouveau foncier. Mais beaucoup d’autres n’ont rien ou ne veulent tout simplement pas partir. Nous devrons donc faire des choix et prendre des décisions pour savoir exactement où reconstruire.

Je n’oublie pas l’Etat qui nous soutient via son « fonds de secours en extrême urgence ». C’est ainsi que le ministère de l’Outre-mer vient de nous verser 12 millions de francs pacifique, afin de financer, à la demande des maires concernés, l’acquisition de matériels destinés à protéger les bâtiments endommagés (bâches, étais…), à traiter les conséquences immédiates et urgentes de la catastrophe (achat ou location de tronçonneuses, de stations de pompage, d’outillages divers…), à accueillir en urgence et de manière temporaire les personnes sans logement (tentes…) et à pourvoir aux besoins de première nécessité des sinistrés (alimentation, couverture, produits d’hygiène élémentaire…).

Les maires de Hitia’a o te ra et de Mahina transmettront au Haut-commissariat de la République les besoins les plus urgents des familles concernées ainsi ceux de leurs communes respectives ». ​

Je vous invite, bien entendu mes chers collègues à approuver ce projet de délibération qui va permettre au gouvernement d’agir rapidement auprès de nos populations.

Maururu !

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