L’autoconsommation: la seule solution qui reste pour s’en sortir…

Avec un montant mensuel moyen estimé à 26 000 francs CFP par ménage, l’autoconsommation, ou consommation non monétaire, ne représente plus que 8 % de l’ensemble de la consommation contre 11 % en 2000, annonce l’Institut de la statistique (ISPf).

Depuis 2000, les familles polynésiennes n’ont donc pas eu davantage recours à l’autoconsommation dont la valeur globale est estimée à 22,5 milliards de francs CFP. Elle serait même en baisse si l’on tient compte de l’inflation, ajoute l’Institut.

Grâce à l’autoconsommation, en revanche, les agriculteurs et pêcheurs réalisent une réelle économie au niveau de leurs dépenses et les familles aux bas revenus atténuent leurs difficultés budgétaires.

Sur le plan géographique, les habitants des îles Marquises et Australes ont encore massivement recours à l’autoproduction et aux échanges de
produits d’origine végétale ou animale, qui leur permettent de satisfaire plus de la moitié de leur consommation alimentaire totale.

Le poisson représente 46% de l’autoconsommation alimentaire

La consommation non-monétaire est dominée à 80 % par l’alimentation à domicile (18 milliards de francs CFP). Cependant cette part budgétaire a diminué de 2 points en quinze ans. Les consommations hors domicile représentent le deuxième poste de consommation non-monétaire (10 %) et progressent par rapport à l’an 2000. Ce poste comprend notamment des invitations aux snacks, restaurants ou chez des particuliers et des repas consommés sur leur lieu de travail par des personnes travaillant dans la restauration. Le troisième poste, par ordre d’importance, est l’habillement caractérisé par des dons de lots de vêtements souvent usagés pour adultes ou enfants, provenant de familles ou d’associations. Les autres biens et services comprennent les biens d’équipement électroménager et audiovisuel, les loisirs, les services à la personne, les transports…

La valeur de la consommation totale de poissons atteint 11,5 milliards de F.CFP, dont 9,3 milliards de francs CFP de poissons autoconsommés, soit 46 % de l’autoconsommation alimentaire totale. La consommation totale de poissons a diminué fortement en quinze ans de près de 4 milliards (en francs constants) soit un recul de 35 %.  L’enquête de 2015 évalue à 17 000 tonnes, la quantité de poissons (du large ou du lagon) consommés par les ménages, dont 14 000 tonnes relevant de l’autoconsommation (pêchés par les familles elles mêmes ou reçus en cadeau).

Moins de fruits achetés

L’étude de la consommation monétaire a mis en évidence une baisse des dépenses de fruits et singulièrement, une diminution de 20 points de la proportion des ménages en ayant achetés, par rapport à l’année 2000. Cependant, la consommation de fruits – récoltés sur leur exploitation par les agriculteurs ou dans les jardins pour les autres catégories professionnelles – a largement compensé la diminution des achats. À la différence des produits de la mer, la consommation de fruits a progressé dans son ensemble pour atteindre 6,4 milliards de francs CFP dont plus des deux tiers (4,3 milliards, soit 68 %) ne relèvent pas du circuit monétaire (62 % en 2000). Seulement 3 % des bananes douces consommées par les familles, toutes variétés confondues, ont fait l’objet d’une dépense. Ces bananes représentent un tiers de la consommation non-monétaire de fruits. Si on y ajoute les fei, les bananes mobilisent 40 % de la valeur des fruits qui échappent au circuit marchand.
Dans ce « palmarès » des fruits autoconsommés, les mangues se situent en deuxième position avec un montant estimé à plus de 600 millions de F.CFP soit 85 % de la valeur des mangues consommées par les Polynésiens. Neuf noix de coco sur dix utilisées à des fins alimentaires et/ou cosmétiques sont récoltées dans les jardins ou plantations des familles pour un montant global de 300 millions de francs CFP.

Solidarité oblige!

La moitié de la consommation non-monétaire, (12 milliards) a pour origine des dons faits aux ménages par des membres de leur famille, des voisins, des amis ou des associations à caractère caritatif. C’est, en proportion, un peu plus qu’en 2000 où l’autofourniture était prépondérante. Cela représente 14 000 F.CFP par mois et par ménage. Les produits alimentaires issus de la nature (poissons, fruits et légumes) ne sont plus
majoritaires dans ces échanges et baissent au profit d’aliments transformés et achetés ou des repas préparés chez des particuliers, ou dans
la restauration. Les produits et services comprennent notamment les vêtements, appareils ménagers ou de loisirs et les bijoux.

Source: ISPF

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