Le Budget 2017 du Pays « à la loupe » une semaine durant

L’examen préalable du budget général de la Polynésie française pour l’exercice 2017 et des cinq lois fiscales qui l’accompagnent, aura pris, en tout et pour tout, une semaine aux représentants à l’assemblée. Mais le plat de résistance ne leur sera servi que jeudi 1er décembre lors d’une séance marathon dans l’hémicycle.

Depuis lundi 14 novembre, en effet, le président du Pays, Edouard Fritch, le vice-président, Nuihau Laurey, et tous les ministres sans exception ont « défilé » dans la salle des commissions Sonia Agnieray pour répondre aux questions des élus, et en particulier de l’opposition UPLD-Tahoeraa, sur les différents aspects de la copie budgétaire. Les discussions ont duré jusqu’à vendredi midi…C’est dire à quel point ils ont pu aller au fond des choses, sans tabu, dans les différents secteurs d’activité.

En préambule, le « grand argentier » du gouvernement a rappelé le contexte économique et financier dans lequel la copie budgétaire a été élaborée. A savoir qu’après trois années de redressement et d’austérité, le Pays disposait d’importantes marges de manoeuvre pour entamer une nouvelle phase, celle du combat économique. En d’autres termes, il est temps que la reprise économique, perceptible à de nombreux niveaux, génère davantage d’emplois, ce qui constitue la seule et véritable attente des Polynésiens.

3 milliards Fcfp de dividendes

Sur le plan purement budgétaire, le Primitif 2017, hors écritures d’ordre à l’exception des crédits de défiscalisation, s’établit en dépenses comme en recettes de fonctionnement à 120 milliards 392 millions de francs pacifique, en progression de 8% par rapport à 2016.

Les recettes fiscales comme non-fiscales augmentent respectivement de 6,5% et 15% par rapport à l’exercice précédent. Cela traduit non seulement la confiance des ménages et la santé retrouvée des entreprises, mais également le bon niveau de partenariat avec l’Etat au travers, par exemple, le rétablissement de la Dotation globale d’autonomie (DGA). Cette meilleure conjoncture permet en outre au Pays d’inscrire près de 3 milliards de dividendes contre 2 l’an passé en provenance d’Air Tahiti Nui, de la Socrédo et de l’OPT dans lesquelles le Pays est actionnaire.

Au chapitre consommation et santé, deux nouvelles mesures ont déjà fait le buz sur les réseaux sociaux, à savoir l’augmentation conséquente des prix du tabac ainsi qu’une nouvelle taxation additionnelle sur les produits sucrés. Plus que le rendement fiscal, les pouvoirs publics cherchent ainsi à sensibiliser le public sur l’abus de tabac et de sucre pour la santé avec pour conséquence d’engendrer des dépenses importantes pour notre système de protection sociale. Aussi, le produit de ces nouvelles taxes serviront à renforcer les actions de prévention auprès du public.

15,6 milliards Fcfp inscrits au FIP

Parallèlement, la Polynésie française doit maintenir une certaine rigueur dans son fonctionnement courant. C’est ainsi que la masse salariale de l’administration enregistre une nouvelle réduction pour la quatrième année consécutive. Elle représente près de 31 milliards de Fcfp, en diminution de 77 millions de Fcfp. Elle profite également de ce contexte favorable pour poursuivre sa politique de désendettement, à l’instar de son annuité totale qui passera de 13,791 à 13,096 milliards entre 2016 et 2017. Aussi, au 31 décembre 2017, le montant total de la dette du Pays ne sera plus que de 87 milliards 826 millions 139 033 Fcfp.

En revanche, le Fonds intercommunal de péréquation (FIP) réparti entre les 48 communes du fenua connaît une progression spectaculaire. Avec le rattrapage de la dette historique, il atteindra un montant de 15, 675 milliards en 2017 contre 14, 156 en 2016, étant entendu que ces crédits sont de nature à accélérer la relance économique.

Côté investissements, les crédits de paiement inscrits au budget 2017 sont de 26 milliards 792 millions de Fcfp. En y ajoutant les CP reportés, car non consommés, de 2016, l’enveloppe pourrait atteindre plus de 43 milliards en 2017, ce qui est de bonne augure pour lancer des chantiers et soutenir la commande publique, notamment pour la construction de réseaux et équipements structurants aux quatre coins de la Polynésie. Mais plus que tout, le gouvernement confirme sa priorité en matière de logement social avec une inscription de 6,1 milliards en crédits de paiement.

Photo APF

 

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