Le changement climatique risque d’aggraver le nombre de cas de leptospirose en Océanie

Un cours de formation sur la leptospirose s’est tenu cette semaine à la Communauté du Pacifique (CPS) et à l’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie (IPNC).

La formation était destinée aux professionnels de santé et avait pour objet d’améliorer leurs connaissances et leurs compétences en matière de surveillance et de lutte contre la maladie.

La leptospirose est une infection causée par une bactérie en forme de tire-bouchon appelé leptospire. Chaque année, plus d’un million de cas de leptospirose, dont 60 000 mortels, sont signalés dans le monde. L’impact de la leptospirose ne se limite pas aux populations humaines. La maladie peut aussi engendrer des pertes économiques importantes en raison de la baisse de productivité qu’elle entraîne dans les élevages contaminés et de la baisse de revenu qui en résultent pour les ménages. Des études mondiales menées récemment montrent que c’est en Océanie que l’on enregistre la plus forte incidence de leptospirose, et tout porte à croire que les effets du changement climatique vont contribuer à accroître la prévalence de la maladie dans la région.

Selon M. Vincent Richard, Directeur de l’IPNC, « les cas de leptospirose passent souvent inaperçus ou sont assimilés à des cas de dengue, de paludisme ou de grippe, en raison du caractère non spécifique des symptômes observés lors des premiers stades de la maladie ».

Salanieta Saketa, directrice adjointe de la Division santé publique de la CPS, a souligné que « si la leptospirose est probablement présente dans de nombreux États et Territoires insulaires océaniens, les données dont on dispose actuellement restent limitées, du fait notamment de notre connaissance incomplète de la maladie et des difficultés que soulève son diagnostic ».

Plusieurs des participants ont dit partager cette analyse : « Si nous avons pu détecter quelques cas de leptospirose à Palau l’année dernière, c’est uniquement en raison de l’augmentation du nombre d’analyses effectuées sur des personnes tombées malades pendant l’épidémie de dengue », a notamment déclaré Cheryl-Ann R. Udui, épidémiologiste à Palau. « Tous les exposés entendus lors du cours de formation m’ont amenée à prendre conscience du fait que la charge de morbidité associée à la leptospirose est très largement sous-estimée dans le Pacifique, et plus particulièrement à Palau.

Vingt-deux professionnels de santé venus de douze pays insulaires océaniens (Fidji, Guam, Kiribati, Îles Mariannes du Nord, États fédérés de Micronésie, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Îles Salomon, Samoa américaines, Tonga, Vanuatu et Wallis et Futuna) et de trois pays d’Asie (Cambodge, Myanmar et Viet Nam) ont suivi le cours de formation.

Les participants ont pu améliorer leurs connaissances et leurs compétences dans des domaines comme les caractéristiques cliniques et épidémiologiques de la leptospirose chez les humains et les animaux, les techniques de diagnostic, les traitements, la vaccination, la surveillance, la riposte aux épidémies, la prévention et la lutte contre la maladie. Sept d’entre eux ont également pu suivre une formation pratique au diagnostic biologique à l’IPNC.

Le cours de formation, qui s’est déroulé sur cinq jours (du 13 au 17 novembre), a été organisé conjointement par l’IPNC et la CPS avec le concours financier de l’Institut Pasteur, du Fonds de coopération économique sociale et culturelle pour le Pacifique (Fonds Pacifique), du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et du ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce (DFAT). Les séances techniques ont été parrainées par Intermed et Roche.

Contact médias

 Christelle Lepers, Chargée de l’information et de la communication, christellel@spc.int

La leptospirose en bref

La leptospirose est une maladie infectieuse qui peut être mortelle. Elle est transmise de l’animal à l’homme par contact avec de l’urine infectée présente dans l’environnement. L’agent infectieux pénètre dans l’organisme par le biais de lésions cutanées ou des membranes muqueuses de l’œil, du nez ou de la bouche.

Les symptômes très divers liés à la leptospirose (forte fièvre, maux de tête, frissons, douleurs abdominales et musculaires, vomissements, ictère, yeux rouges, diarrhée et éruption cutanée) ne sont pas spécifiques et peuvent donc faire penser à d’autres maladies comme la dengue ou la grippe.

En l’absence de traitement, la maladie peut entraîner de graves complications (insuffisance rénale ou hépatique, notamment), voire la mort. Il est donc essentiel que les personnes malades qui ont de la fièvre et pensent avoir contracté la maladie consultent au plus vite un médecin.

 

Pour toute information supplémentaire :

https://www.cdc.gov/leptospirosis/pdf/fact-sheet.pdf

https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/leptospirose

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